Dans ses éditions numérique et papier du 31 octobre 2018, le quotidien Les Echos évoque les chantiers ferroviaires d’avant-JO et la menace de retards qui pèse sur ceux-ci compte tenu de leur ampleur.

Avec les JO, le nord de Paris est menacé d'un trop-plein de chantiers ferroviaires

Les Echos - Lionel Steinmann     Le 31/10/2018 à 08:19 Mis à jour à 09:41

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0600055125019-avec-les-jo-le-nord-de-paris-est-menace-dun-trop-plein-de-chantiers-ferroviaires-2218089.php

Pas moins de 500 projets sont à mener d'ici à 2024. Pour éviter la thrombose et le risque de finir les travaux hors délais, un comité de pilotage a été créé sous la houlette du préfet de région.

Les travaux labellisés « à finir pour les JO » sur l'axe ferroviaire au nord de Paris se comptent par centaines. « Le risque, c'est que tout finisse par se faire… mais avec deux ans de retard », redoute un expert du secteur. - AFP

     Pour l'axe ferroviaire qui relie la gare du Nord à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, l'organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 représente une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que de nombreux projets de rénovation et d'investissement, restés pendant des années en stand-by, ont enfin été lancés : la rénovation de la gare du Nord (pour un coût de 600 millions d'euros) et la construction du CDG Express (la liaison ferroviaire directe entre l'aéroport francilien et la gare de l'Est, restée dans les cartons durant des lustres) en sont les deux illustrations les plus spectaculaires.

     Le revers de la médaille, c'est que ces travaux labellisés « à finir pour 2024 » sont si nombreux que la thrombose menace. Outre les chantiers liés aux deux projets évoqués, l'accessibilité pour les handicapés doit être améliorée dans un certain nombre de gares avant les Jeux paralympiques. Par ailleurs, la hauteur des quais doit être ajustée et des aiguillages seront repositionnés afin d'optimiser la circulation des trains du RER B... Sans oublier les travaux plus classiques de maintenance et de régénération des voies.

Bureaux d'études en surchauffe

     « Au total, d'ici à 2024, nous recensons près de 500 projets à mener de la gare du Nord à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle », indique aux « Echos » Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires. Conséquence, les équipes chargées de la préparation de ces chantiers sont en surchauffe. Tous les bureaux d'études du secteur sont sur le pont, et ils croulent sous la tâche.

     Et la phase de mise en œuvre s'annonce encore plus ardue, en particulier durant les années 2021, 2022 et 2023. « Si l'on superpose tous ces travaux, nous avons calculé qu'il faudra travailler toutes les nuits et tous les week-ends », avance Patrick Jeantet. Ce qui se répercutera forcément sur le trafic. Par ailleurs, les calendriers sont extrêmement tendus. « Le risque, c'est que tout finisse par se faire... mais avec deux ans de retard », redoute un expert du secteur. Laissant l'image de chantiers inachevés lorsque les Jeux débuteront, comme à Rio en 2016.

Concerter toutes les parties prenantes

     Afin de déjouer ce scénario cauchemardesque, les pouvoirs publics sont à la manœuvre. Un comité de pilotage de l'axe ferroviaire Paris-Nord, réunissant toutes les parties prenantes (y compris la région des Hauts-de-France ou encore la RATP), a été créé sous l'égide du préfet de région, Michel Cadot. Une première réunion a eu lieu mardi, pour explorer toutes les solutions permettant de sécuriser les délais.

     SNCF Réseau réfléchit entre autres à des interruptions de circulation du RER B plus tôt en soirée, afin que les plages de travaux soient plus productives. Mais la principale idée consiste à phaser les projets, c'est-à-dire à n'en réaliser qu'une partie pour 2024 (celle qui est indispensable), et à reporter des aspects plus accessoires d'une à deux années.

Reporter à l'après-JO une partie des travaux

     SNCF Réseau est prêt à donner l'exemple avec le CDG Express, dont le calendrier de réalisation est extrêmement tendu. Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires propose de reporter à l'après-JO une partie des travaux sur les voies existantes, ceux qui doivent permettre d'augmenter la vitesse de croisière. Cela rallongerait un peu le temps de trajet pour rallier CDG depuis Paris, qui passerait de 20 à 23 minutes. Ce délai est jugé acceptable s'il permet d'achever le reste sans encombre. Des efforts similaires sont espérés des autres parties prenantes.

Lionel Steinmann

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     Donc,

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Bureaux d'études en surchauffe

« Au total, d'ici à 2024, nous recensons près de 500 projets à mener de la gare du Nord à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle », indique aux « Echos » Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires. Conséquence, les équipes chargées de la préparation de ces chantiers sont en surchauffe. Tous les bureaux d'études du secteur sont sur le pont, et ils croulent sous la tâche.

Et la phase de mise en œuvre s'annonce encore plus ardue, en particulier durant les années 2021, 2022 et 2023. « Si l'on superpose tous ces travaux, nous avons calculé qu'il faudra travailler toutes les nuits et tous les week-ends », avance Patrick Jeantet. Ce qui se répercutera forcément sur le trafic. Par ailleurs, les calendriers sont extrêmement tendus. « Le risque, c'est que tout finisse par se faire... mais avec deux ans de retard », redoute un expert du secteur. Laissant l'image de chantiers inachevés lorsque les Jeux débuteront, comme à Rio en 2016.

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Commentaires :

     Voilà où peut mener l’hyper concentration d’activités économiques et de population en Île-de-France cumulée à un événement facultatif si important soit-il dont l’accueil et l’organisation ont été décidés un tant soit peu précipitamment, aveuglément et pour une question de prestige.

     Et le projet LNPN, dans tout çà ? Il est évident que c’est le cadet des soucis des élites parisiano-franciliennes… Est-ce que ce sera aussi le cadet des soucis des responsables politiques normands ?