Robert Picard (à ne pas confondre avec les surgelés du même nom) nous propose dans l'édition du 14 novembre 2018 de Paris-Normandie une profession de foi pour l'avenir de la ville de Rouen à lire ci-après...

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Robert Picard (Centre) : « 2020, une occasion à ne pas manquer pour réveiller Rouen »

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 TROIS points clés

  • La ville de Rouen est engourdie et l’équipe municipale est essoufflée et fragilisée par des conflits interne.
  • Rouen est aujourd’hui au milieu du gué. Soit elle devient une ville attractive, soit elle subit le sort de beaucoup de villes moyennes.
  • 2020 constitue un enjeu essentiel pour bâtir une ville ambitieuse, audacieuse et rayonnante.

Robert Picard

- Conseiller municipal, membre du groupe « Rouen au centre »

«Les Rouennais aiment assurément leur ville. Son histoire, son patrimoine, la beauté de son centre mêlant l’ancien et le moderne, ses recoins, le plaisir de suivre et de traverser la Seine et d’y voir parfois les grands bateaux, ses habitants accueillants et ouverts, ses commerces nombreux, ses spectacles... en font assurément une place où il fait bon vivre et le phare de la Normandie.

Pourtant, la situation de Rouen nous paraît aujourd’hui inquiétante. Nous voyons bien que notre cité est fatiguée, engourdie et, par certains aspects, abîmée. En faisant ce constat, il ne s’agit nullement de dénigrer notre ville. Elle conserve de nombreux atouts et un potentiel certain. Mais il faut bien relever un essoufflement dans l’action du maire et de sa majorité fragilisée par des conflits internes.

Nous avons besoin de nous réveiller

L’équipe municipale s’est endormie dans une gestion à la petite semaine et n’a pas su faire émerger d’idée nouvelle depuis si longtemps, se payant de grands discours pour cacher les renoncements quotidiens. La Métropole, quant à elle, a gâché l’argent des Rouennais pour produire des projets monarchiques tels son siège palais ou encore le Panorama XXL, ignorant l’intérêt des habitants. Notre ville s’est donc peu transformée ces derniers temps, si on excepte la reconquête des quais qui est un succès mais qui est inaboutie et doit être poursuivie.

Certes, deux grands chantiers de voirie sont actuellement menés, d’ailleurs en grand désordre. Toutefois, pour le premier, Cœur de Métropole, il faut rappeler qu’il s’agit surtout du rattrapage du sous-investissement chronique et qu’il ne suffira pas à résoudre le problème de la qualité des espaces publics centraux. Et pour le second, le chantier de la ligne de bus T4, comment ne pas regretter qu’une telle masse d’argent soit employée à un tracé si peu utile aux habitants, alors que les mobilités sont évidemment un enjeu crucial.

Nous avons besoin de nous réveiller et de nous réinventer. Nous n’avons pas connu à Rouen le destin des métropoles régionales françaises. Nantes, Rennes, Bordeaux.... et tant d’autres ont démontré qu’un véritable projet pouvait être porté au bénéfice des habitants et de l’activité économique. Rouen n’a pas encore su prendre ce train. Pire, Rouen n’a pas encore vraiment confirmé sa place parmi les véritables métropoles. En réalité, Rouen est aujourd’hui dans un entre-deux. Nous pouvons choisir de devenir une ville attractive, équilibrée, agréable pour ses habitants... ou bien subir le sort de tant de villes moyennes, en danger de déclassement et de paupérisation.

Nous ne manquons pas d’opportunités. La transformation en Métropole en est une, qui peut nous offrir un cadre d’action adapté, si on sait la structurer autour d’une gouvernance respectueuse des communes qui la composent, mais entièrement tournée vers l’intérêt général des territoires. Rouen, en sa qualité de capitale, doit être le moteur de cette construction métropolitaine : le développement de l’ensemble des communes est une condition essentielle à l’attractivité de notre ville. La Métropole ne doit pas être une structure déconnectée de ses habitants.

Rouen, une ville à réinventer

Ces derniers ont bien compris qu’il s’y déciderait désormais des politiques et des budgets utiles à leur quotidien. D’ailleurs, nombreux sont les habitants de la Métropole qui s’engagent dans les différentes initiatives lancées pour penser les axes d’un projet pour les habitants, comme au sein du collectif citoyen Demain Rouen notre Métropole. Et, au-delà, Rouen demeure, en tant que capitale de la Normandie, de par sa proximité avec la Ville-Monde qu’est Paris, un lieu de dynamisme et de rayonnement que nous devons maintenant révéler et amplifier.

Il nous reste à inventer un futur commun. C’est le seul débat qui compte : quelle ville et quelle Métropole pour nous les habitants ? Quel avenir voulons-nous partager ? 2020, qui verra le renouvellement des instances municipales, est évidemment une année cruciale. Mais la question n’est pas tant de savoir qui sera le prochain ou la prochaine maire. La seule question importante est de savoir quelle ambition nous voulons porter pour Rouen et la Métropole.

Une ville agréable à vivre

Nous posons d’abord comme préalable le fait que la Ville de Rouen, les autres villes de la Métropole et la Métropole elle-même doivent agir en coopération et non plus en opposition. La coordination doit être maximale et dépasser les clivages politiques et partisans. Nous devons même discuter, partout où cela sera nécessaire, d’une mise en commun des services municipaux et des services métropolitains. Ce sera source d’économie, et surtout l’assurance d’une plus grande pertinence dans la conduite des politiques publiques.

Nous avons besoin d’une ville plus agréable à vivre pour ses habitants. Il est urgent de repenser les espaces publics, apaiser les circulations, multiplier les lieux de vie, favoriser le commerce de proximité, et en finir avec cette impression d’une cité sale et mal entretenue. Il conviendra également d’aborder enfin de manière pragmatique le débat sur l’insécurité, qui, aujourd’hui, oscille entre déni des difficultés et réponses sécuritaires inefficaces.

Nous devons aussi renforcer et promouvoir toutes les formes de mobilités, sur les axes vraiment utiles aux habitants. Il s’agit, avec la rénovation de notre bâti ancien qui ne doit pas être sacrifié à la construction de quartiers neufs, des deux piliers essentiels d’une politique qui offre aux habitants un environnement sain et durable.

La Ville doit aussi se mettre au service de ses habitants. Il faut inventer de nouveaux modes de relation aux usagers. Les outils numériques du quotidien nous y aideront grandement si nous savons nous montrer inventifs.

Surtout, nous voulons une Ville qui donne sa chance. Trop souvent, la politique de la Ville a enfermé les plus démunis ou les plus éloignés dans leur quartier. Rouen est riche de sa diversité et nous devons favoriser les relations entre tous les Rouennais. Il est temps d’ouvrir les quartiers sur la Ville, et de faire de chacun un citoyen à part entière avec des droits mais aussi des devoirs.

Une ville rayonnante

Nous avons besoin d’une ville plus ambitieuse, plus audacieuse, rayonnante. Une ville qui, prenant pleinement sa place dans la Normandie, saura ainsi fédérer ses habitants autour d’un destin commun et conserver et attirer en son sein des entreprises, des étudiants, des associations impliqués dans la vie locale. Nous devons faire de Rouen une ville moderne et innovante qui saura impulser une dynamique à l’ensemble de notre Métropole.

C’est cela qui compte aujourd’hui. C’est ce débat auquel les Rouennais ont droit en vue des échéances de 2020, car le mandat qu’ils donneront à celles et ceux qui les représenteront sera déterminant pour leur avenir. »


 Commentaires de Florestan:

Nous partageons les éléments du diagnostic non sans faire les remarques suivantes:

1) Rouen n'est plus dans Rouen: au sein d'une métropole composée de 71 communes (le record national) la commune centre rouennaise qui justifie la métropole doit se renforcer. La question des fusions de communes ou de l'intégration de certaines communes dans un "grand Rouen" centre de la métropole est inévitable...

2) Rouen n'est toujours pas une vraie métropole régionale puisque ses élites économiques et institutionnelles persistent dans l'illusion de n'en faire qu'une agglomération CORRIDORIENNE entre Paris et la Mer (axe Seine) au lieu d'intégrer pleinement la Normandie (donc la coopération avec Caen et Le Havre) dans leurs réflexions: la logique corridorienne c'est la logique du léopard haut-normand crevé flottant au fil de l'eau de la Seine dans le sens du courant: un courant allant, bien entendu de l'amont grand parisien à la mer...

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Avenir de Rouen: la sortie du tunnel, c'est la Normandie !


Lire aussi, par ailleurs, (Chronique de Normandie, 5 novembre 2018): Rouen reconstitue peu à peu un pouvoir financier local, régional voire inter-régional dans le domaine de l'assurance en raison de la présence ancienne de la Matmut...

Rouen doit devenir la capitale financière de la Normandie au service des projets normands, c'est l'évidence!

C de Ndie 5

Enfin, on apprend que la Métropole de Rouen pourrait entrer dans le capital de la nouvelle "SHEMA" (société hérouvillaise d'aménagement) ce qui donnerait à la métropole le moyen de maîtriser et de financer l'aménagement de son territoire à partir des ressources normandes: une révolution culturelle à Rouen où les élites locales avaient paresseusement pris l'habitude d'aller chercher à Paris les compétences et les financements qui leur faisaient défaut... (source: Chronique de Normandie, n°554, 15 octobre 2018)

SHEMA