Et le moniteur d'auto-école en gilet jaune ne sera certainement pas satisfait de la manoeuvre audacieuse tentée en ce moment même par le jeune actuellement au volant de la voiture France:

Le tête-à-queue est dangereux, le coup de volant brutal, le coup de frein violent. A l'arrière, le gouvernement, ces passagers sanglés dans leurs certitudes, craignent l'accident: de la tôle froissée au mieux, du sang sur la chaussée au pire!

image

En effet, voici qu'on apprend que depuis le volant de son bolide, le président Macron s'aperçoit de la présence d'un gilet jaune éblouissant sur la chaussée. "On ne lâche rien" disent les gilets jaunes. Macron c'est sûr ne lâchera pas le volant mais comprend qui lui faudra faire une manoeuvre d'évitement. "On garde le cap." "On garde la trajectoire" (sic!). Mais on va surtout demander aux collectivités territoriales d'assurer le service de l'édredon social pour amortir le rude choc dans les portefeuilles non pas de la suppression de l'ISF mais de la hausse de la fiscalité sur les carburants.

La question écologique a été instrumentalisée par l'Etat central aussi jacobin qu'impécunieux et les gilets jaunes tout comme l'opinion qui les soutient massivement n'en sont pas les dupes: Nicolas Hulot sur le plateau de France 2 le soir du 22 novembre 2018 l'a même avoué à demi-mot... La mise en oeuvre d'un plan d'accompagnement social de la mise en place de la taxe carbone sur les carburants a été annulée ou repoussée en conséquence d'un "arbitrage budgétaire"... Comme d'habitude, les Raboteurs de Bercy sont à la manoeuvre quitte à jeter plus de la moitié du pays dans la rue!

Politique de Gribouille

On se souvient de l'histoire racontée par la Comtesse de Ségur: près de Verneuil, le petit Gribouille tout fier de porter son nouvel habit du dimanche préfère se jeter à l'eau de l'Avre plutôt que de risquer d'être mouillé par la pluie...

Monsieur Macron redécouvre soudain, face à la colère des gilets jaunes, l'intérêt de s'appuyer sur ces corps intermédiaires foudroyés par Jupiter à commencer par les régions compétentes en matière d'organisation des transports publics routiers et ferroviaires pour financer la carotte qu'on a oublié de tendre au citoyen au moment du coup de bambou devant la pompe...

Voici qu'on apprend depuis la veille qu'il faudrait étendre à toute la France l'expérimentation de l'aide aux transports déjà mise en place dans la région "Hauts-de-France" qu'il faudrait que les services sociaux des départements et des communes identifient les besoins de ces citoyens condamnés à une mobilité quotidienne contrainte après avoir exigé de ces mêmes collectivités des efforts financiers au nom d'une rigueur de gestion budgétaire que l'Etat central reste incapable de s'infliger à lui-même.

Au congrès des maires de France ainsi qu'à la réception de mille d'entre eux à l'Elysée, le 21 novembre dernier, les maires ont réclamé "la fin de la calinothérapie" et des réponses quant à savoir comment financièrement compenser la suppression de la taxe d'habitation sans être contraint d'augmenter, à terme, la taxe foncière...

Conclusion:

La transition écologique ne peut être que girondine pour ne surtout pas être une opération de "greenwashing" des arbitrages comptables d'un Etat central jacobin incapable, par exemple, de remettre dans la caisse quelques 100 milliards d'euros annuels partis dans la fraude fiscale!


 

Lire, par ailleurs:

https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-7h/journal-de-7h-du-vendredi-23-novembre-2018

Comment rendre la transition écologique plus acceptable ?

Le ministre François de Rugy livre sa vision à Libération juste avant le passage de Nicolas Hulot à France 2 :

La programmation pluriannuelle de l'énergie, qu'Emmanuel Macron doit détailler mardi (27/11/18), est évoquée, dès ce matin, par François de Rugy dans les pages de Libération. La feuille énergétique de la France pour les dix prochaines années visera une baisse de 40% de la consommation d'énergies fossiles d'ici 2030. "C'est plus ambitieux que la loi de 2015 qui prévoyait une diminution de 30%", déclare François de Rugy.  Il évoque en outre une "trajectoire chiffrée" pour la part d'énergies renouvelables dans le mix énergétique : "D'ici 2030, on aura 40% d'énergies renouvelables dans la production d'électricité. Et 10% de gaz renouvelable dans la consommation de gaz, contre 0,1 % aujourd'hui."  Concernant l'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité après le report de l'échéance initiale de 2025, François de Rugy évoque l'année 2035 : "Dans la PPE, nous travaillons plutôt sur un objectif de 50% de nucléaire en 2035. Il faudra modifier la loi", dit-il.  Citant la fermeture des centrales à charbon pour 2022 décidée précédemment, il "confirme cet objectif, même si l'équation n'est pas simple".

En réponse aux inquiétudes exprimées par les "gilets jaunes", l'exécutif veut développer de nouvelles mesures et des négociations sur tout le territoire pour la rendre "acceptable et démocratique". Nicolas Hulot, invité de l'Emission politique sur France2, enjoint le gouvernement à développer "enfin un accompagnement social "digne de ce nom" de la transition écologique.

https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/quel-sens-pour-le-pouvoir-municipal-en-2018

Édouard Philippe a exprimé mercredi dernier son "estime" et son "admiration" pour les maires, qui sont "ceux qui s'y collent". Le Premier ministre, ancien maire du Havre, est venu conclure hier soir le congrès de l’Association des Maires de France. La principale association d’élus locaux, chaudron du pouvoir municipal, a en effet vu se succéder cette année des maires excédés par la loi NOTRe et la perte de compétences et de moyens de leur échelon mais aussi par les réformes récentes du gouvernement, notamment la suppression de la taxe d'habitation et son absence de compensation à long terme ou encore l'impact de la baisse de la dotation globale de fonctionnement de 2014 à 2017. Les maires qui bénéficient pourtant du plus fort niveau de confiance des Français disent aujourd'hui ne plus pouvoir répondre aux besoins de leurs administrés. Un sentiment de découragement semble s'installer et un maire sur deux affirme aujourd’hui vouloir jeter l’éponge dans la perspective des municipales de 2020. Qu’est-ce qu’être maire en 2018 ? Comment rendre le pouvoir municipal plus attrayant ? 

Etre maire : l'incarnation de la République du quotidien

Le pouvoir municipal tel qu'il nous a été transmis aujourd'hui a été consacré sous la IIIe République. En 1882, cette figure politique est légitimée par le suffrage universel masculin. A partir de 1884, après l'adoption de la Grande Charte municipale, ces élus obtiennent de nouvelles marges d'action. Sa caractéristique principale consiste à créer un régime juridique uniforme pour toutes les communes de France. Ce choix ne sera jamais remis en cause par la suite. Il n’avait pourtant pas un caractère évident compte tenu de l’extrême disparité des communes françaises et, en particulier, du nombre et de la spécificité des petites communes. Les maires vont ainsi devenir le maillon essentiel de la nationalisation des politiques publiques et de l'affermissement de la symbolique républicaine. L’organisation de la commune, le fonctionnement de ses organes, fixés par ce texte ont connu peu d’évolutions jusqu’à nos jours. Les lois de décentralisation des années 1980 ne concernent qu’assez peu la commune, en dehors de la question des compétences précise d’ailleurs le site officiel du gouvernement viepublique.fr. Il est donc logique qu’il y ait encore aujourd’hui une grande permanence dans l’exercice de la fonction de maire selon Emmanuel Bellanger, historien, chercheur au CNRS et au centre d'histoire social de Paris I : 

La mairie de Montreuil (carte postale, début du XXe siècle) ©Coll. Musée de l'Histoire vivante

Pour relire le discours du Premier ministre devant le congrès de l'Association des Maires de France:

https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2018/11/discours_de_m._edouard_philippe_premier_ministre_-_101eme_congres_de_lassociation_des_maires_de_france_-_22.11.2018.pdf