Point n'est besoin de donner une définition de strabique convergent pourvu d'oeillères...

     Dans la version papier de l'hebdomadaire Le Marin en date du 6 décembre 2018, outre un dossier très étoffé sur les ports normands et activités connexes, on peut lire un article titré "La CGT se fâche contre la fusion d'Haropa", et aussi l'article suivant :

Examinons de plus près certains passages.

1er Extrait :

« Une année ne fait jamais l’autre. Alors qu’en 2017, Le Havre affichait la plus forte croissance de la rangée avec 14 % pour 2 875 281 conteneurs équivalent vingt pieds, 2018 s’annonce moins glorieuse. Fin octobre, Haropa enregistrait un recul global de 2%, en nombre d’EVP comme en tonnes » …/…

Commentaire :

     Si on commençait par relativiser l’expression « moins glorieuse » caractérisant la perspective de trafic 2018 par rapport à 2017 :

Port du Havre

. Trafic 2006 (année d’inauguration de Port 2000) : 2,138 MEvp

. Trafic 2017 : 2,875 MEvp

. Variation : 34 %

Port d’Anvers

. Trafic 2006 : 7,019 MEvp

. Trafic 2017 : 10,451 MEvp

. Variation : 49 %

Port de Rotterdam

. Trafic 2006 : 9,690 MEvp

. Trafic 2017 : 13,734 MEvp

. Variation : 42 %

     Avant l’année 2017, le trafic annuel moyen de conteneurs du port du Havre n’avait jamais dépassé 2,429 MEvp…

2ème extrait :

…/… « Le point positif est la bonne santé du trafic conteneurisé sur l’hinterland. « Sur 10 mois, la croissance en EVP pleins sur l’hinterland est de 5 % », poursuit Antoine Berbain. « Un résultat qui témoigne de la reprise régulière de parts de marché de l’axe Seine sur son propre marché. » » …/…

Commentaire :

     N’est-ce pas indirectement un indice de la trop forte dépendance du port du Havre vis-à-vis de L’Île-de-France pour son trafic ? Faut-il vraiment se réjouir de cette situation ? Le port du Havre n’aurait-il pas eu intérêt à élargir et diversifier davantage son hinterland pour mieux concurrencer Anvers et Rotterdam ?

3ème extrait :

…/… « Cette bonne tendance sur l’axe Seine se traduit par une croissance du transport fluvial conteneurisé. Arrété fin septembre, le nombre d’EVP entre Gennevilliers et Le Havre était en progression de 3 %, et même de 15 % entre Le Havre et Rouen. » …/…

Commentaire :

     A fur et à mesure que l’évolution du trafic maritime de conteneurs du port du Havre était décevante vis-à-vis des prévisions, d’une part, et de l’évolution du trafic maritime de conteneurs des ports d’Anvers et de Rotterdam, d’autre part, les gestionnaires des ports maritime (Le Havre) et fluvio-maritime (Rouen), puis Haropa, ont commencé à – ou fini par - détourner l’attention sur le trafic de conteneurs à l’intérieur de l’hinterland qui s’avérait plus flatteur mais très concentré sur l’axe Seine, et aussi sur le trafic de transbordement, qui ne traduit évidemment pas une vitalité économique de l’hinterland.

 


 

Pour aller plus loin quoique...

LIRE CI-APRES LE RAPPORT DU CESER NORMANDIE SUR LA FUSION PORTUAIRE DANS LA VALLEE DE LA SEINE:

Ports de la Vallée de Seine : mettre la gouvernance au service de la performance

Président de la 5e commission : Antoine Lafarge

Rapporteur : Jacques Brifault

Chargé de mission : Damien Eclancher

Interrogé par le président de Région sur l'opportunité d'une évolution de la gouvernance des ports de Paris, Rouen et Le Havre, le CESER de Normandie répond par l'affirmative. A l’instar des pratiques observées chez leurs principaux concurrents du Nord de l’Europe, les trois places portuaires en question doivent cheminer vers une coopération renforcée et surtout mieux interagir avec l’écosystème régional.

Le CESER propose notamment le partage de la tutelle, en faisant des ports des entreprises publiques dont le capital serait réparti entre les collectivités (majoritaires) et l’État (minoritaire).

http://ceser.normandie.fr/images/stories/CESR/etudes/2017/Pleniere_Novembre2017/Gouvernance%20des%20ports%20de%20la%20VDS%20-%20Version%20finale.pdf