Les nouvelles en provenance du Royaume-uni sont plus que jamais inquiétantes...

Faute d'avoir la certitude de disposer la majorité nécessaire à la chambre des Communes du parlement de Westminster, Theresa May la première ministre a décidé de reporter sine die le vote pour valider l'accord péniblement négocié avec l'Union européenne pour accompagner un Brexit qui doit être effectif à la fin du mois de mars 2019.

Si ce vote ne pouvait intervenir avant le 21 janvier prochain, la date de la fin mars 2019 ne pourrait pas être techniquement tenue et nous serions tous précipités dans l'inconnu tant en Angleterre qu'ici même sur le continent, notamment en Normandie.

Négocier un autre accord, notamment plus solide sur la question irlandaise (ne pas rétablir une frontière physique dans l'Irlande du Nord) est impossible ont fait savoir les autorités de Bruxelles. La perspective d'un "hard" Brexit (sans accord pour l'accompagner) se précise tout comme l'éventualité d'organiser un second référendum pour donner sa chance au camp du "Remain" (rester dans l'E.U.) en cas de chute du gouvernement conservateur qui ne tient plus qu'à un fil... Sans parler du chantage écossais à l'indépendance en cas de Brexit "dur" puisque les Ecossais apprécient les fonds structurels européens ou des mises en garde de ces messieurs de la City de Londres qui annoncent que la facture du Brexit avoisinerait les 44 milliards de livres sterling!

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Bref! Jamais il n'y eut autant de brume sur la Manche et de smog à Londres...

Comme nous l'avons déjà écrit ici, la Normandie, du fait de sa proximité géographique, historique, culturelle et économique avec l'Angleterre est aux premières loges et l'histoire normande ancienne et plus récente nous apprend que lorsque l'Angleterre devient une terre étrange sinon étrangère voire ennemie du continent, c'est la Normandie et les Normands qui trinquent!

Notamment la Normandie maritime et portuaire dont les activités dépendent beaucoup de la qualité des relations avec l'Angleterre: dans la perspective d'un Brexit "dur", il faudrait rétablir des dispositifs lourds et coûteux pour rétablir les frontières physiques dans nos ports. Nous en avons déjà parlé. On a aussi évoqué le rôle politique très actif joué par Hervé Morin, le président normand tant en Angleterre qu'à Bruxelles ou Paris pour faire reconnaître et défendre les intérêts de l'économie maritime des régions du littoral français de la Manche mais aussi les intérêts de nos partenaires britanniques, à commencer par ceux de nos cousins anglo-normands.

Et c'est ainsi que sur ce sujet déjà passablement complexe et désagréable vient se greffer l'urgence humanitaire d'avoir à gérer les jeunes migrants étrangers qui stationnent dans nos ports normands dans le vain espoir d'un passage vers l'Angleterre...

Avant de vous laisser lire le communiqué du Cercle de l'Opinion Normande, nous tenons à rappeler la position de l'Etoile de Normandie sur ce sujet très sensible:

Un candidat aux élections présidentielles françaises et depuis devenu président de la République, nommé Emmanuel Macron, nous avait fait la promesse de renégocier les odieux accords du Touquet (2003 Tony Blair et Jacques Chirac) qui obligent la police et les douanes françaises à faire le sale boulot de tri sélectif des migrants désireux de passer en Angleterre pour le compte des autorités britanniques sur le sol français.

Puisque les Anglais ont fait le choix difficile de quitter l'Union européenne, il faut donc, en toute logique, dénoncer ces accords qui font honte aux policiers, gendarmes et douaniers français qui sont contraints de le mettre en oeuvre avec ses conséquences humanitaires détestables car il n'y aucune raison morale suffisante pour limiter la liberté de circulation d'êtres humains qui, d'ailleurs, veulent payer leur billet pour passer outre Manche alors que cette liberté de circulation ne pose pas encore de problème pour les marchandises (avec le Brexit, on le sait, ça va changer aussi pour les marchandises).

Comme, hélas, il est certain que le président Macron (qui n'est plus candidat) ne dénoncera jamais ces accords et que les autorités britanniques payent pour le "service" rendu par les autorités françaises alors que l'ampleur des conséquences humanitaires désagréables de cet accord que subissent, à la fois, les migrants ainsi refoulés et les populations riveraines desdits migrants, ont notoirement été sous-estimées, il faut donc obtenir des autorités britanniques qu'elles payent aussi pour la prise en charge humanitaire et sociale complète des migrants dont elles ne veulent pas sur le sol de la "perfide Albion".

Ce sujet est de la responsabilité régalienne de l'Etat central parisien présent en Normandie: ce n'est pas aux collectivités territoriales normandes d'avoir à payer pour ses inconvénients mais à l'Etat français (responsable en Normandie: Mme Fabienne Buccio, préfète de région) et à l'Etat britannique qui ont le devoir moral d'allonger la monnaie pour ce faire!


 

 

Faut-il sacrifier le Transmanche à Deppe pour financer les m.n.a. ?

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Le Conseil départemental de la Seine-Maritime a délibéré le lundi 10 décembre à propos de deux sujets d’actualité, apparemment sans aucun rapport entre eux, mais qui peuvent légitimement susciter quelques interrogations…

 

UNE MISSION D’INFORMATION ET D’ÉVALUATION SUR LA GESTION DE L’ACCUEIL DES M.N.A.

 

 

Les Élus socialistes s’agitent beaucoup à ce sujet. Ils ont demandé et obtenu qu’une mission d’information et d’évaluation soit réunie pour examiner les conditions d’accueil des M.N.A. (Utiliser un sigle est un signe de la banalité de l’objet ou du sujet que l’on désigne. M.N.A., ce sont les MINEURS NON ACCOMPAGNES, c’est-à-dire des migrants, souvent sans papiers – il faut deviner leur âge – qui, parce qu’ils se prétendent mineurs, doivent être pris en charge par l’A.S.E. - AIDE SOCIALE A L’ENFANCE – que la loi fait obligation aux départements d’accueillir, loger, nourrir, accompagner jusqu’à leur majorité).

 

L’accueil des M.N.A. pose problème, en Seine – Maritime comme dans les autres départements. En effet, l’A.S.E. a été prévue par la Loi pour l’accueil de nos jeunes isolés ou en déshérence familiale. Cela coûtait à la collectivité départementale 2 à 3 millions d’euros, il y a quelques années. L’arrivée des M.N.A. étant exponentielle (- de 100 cas, il y a 4 ans, on atteint 900 en 2018), il faut au moins 30 millions d’euros pour faire face à cet afflux… qui n’est pas prêt de se tarir…

 

 

LE BREXIT VA IMPACTER LE TRANSMANCHE A DIEPPE

 

 

Sera-t-il dur ou sera-t-il soft, le BREXIT va poser le problème du transit des camions et des marchandises dans les ports de la Manche. Il va falloir de nouvelles aires de stationnement, de nouveaux hangars pour permettre aux contrôles douaniers, sanitaires et phytosanitaires de s’exercer. Il va falloir accueillir de nouveaux douaniers. Coût estimé – si l’on veut en avril prochain ne pas se retrouver dans une impasse – entre 4 à 5 millions d’euros pour le port de la cité de Jehan Ango. Le transmanche Dieppe – Newhaven, coûtant déjà 24 à 25 millions d’euros à la collectivité départementale, de bonnes âmes, havraises notamment, suggèrent… de supprimer la D.S.P. du transmanche à Dieppe… Économie : 30 millions d’euros…

 

 

La similitude des sommes est… étonnante. Il n’y a pas que cela qui rapproche les deux faits : dans un cas comme dans l’autre, l’État n’assume pas ses responsabilités.

 

  • Responsabilités liées à une politique migratoire incontrôlée. Il est curieux que les Élus départementaux n’élèvent pas la voix à ce sujet.
  • Responsabilités liées à l’impréparation aux conséquences du BREXIT… Au Département et à la Région de se débrouiller : ne gèrent-ils pas Ports Normands associés (donc Dieppe) ? Le Grand Port Maritime du Havre – donc d’État – va-t-il, seul, se réserver l’aide éventuelle de l’État.

Il y va de la survie de l’économie dieppoise, mais, cela, personne ne vous le dit : c’est le « GOUVERNEXIT » !

 



Rouen et Dieppe, le 10 décembre 2018