Plusieurs faits, gestes, paroles ou symboles très forts utilisés par le mouvement des Gilets Jaunes font directement référence à la Grande Révolution de 1789:

Le retour du bonnet phrygien symbolisant la Liberté et la cocarde tricolore symbolisant la Nation. Le retour des cahiers de doléances ouverts dans les mairies des communes rurales. Le chant de la Marseillaise. Le ballet des drapeaux tricolores mêlés aux couleurs de nos Provinces (Bretagne, Normandie, Picardie, Corse, Alsace, Provence, Pays basque...).

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Nous deux léopards normands brandis par les Gilets Jaunes de Flers...

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L"incontournable "gwen ha du" de la fierté bretonne mais aussi, plus rare, les couleurs picardes...

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Ah! ces journalistes parisiens... Qu'ils peuvent être crétins!

https://m.epochtimes.fr/?p=608577

Mais s'il n'y avait qu'eux...

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/quand-australienne-suppose-que-hermines-du-gwenn-ha-du-representent-bombes-1589913.html

Ces derniers jours nous vîmes des symboles révolutionnaires encore plus forts: le 13 décembre à Versailles, devant la salle du Jeu de Paume, quelques leaders nationaux du mouvement des Gilets Jaunes lurent le texte d'un nouveau serment: celui de ne pas se quitter tant que les grandes revendications des Gilets Jaunes ne seront pas satisfaites notamment en matière de réforme institutionnelle (par exemple: instauration du référendum d'initiative citoyenne).

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Lire le texte du serment du jeu de paume du 13 décembre 2018:

https://chouard.org/blog/2018/12/13/communique-de-presse-serment-du-jeu-de-paume-de-gilets-jaunes-aux-journalistes-et-au-president-de-la-republique/

Ou encore à Paris ce 15 décembre 2018 lors de "l'acte V" de manifestation des Gilets Jaunes, cette image qui restera on peut en être certain:

https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/15/gilets-jaunes-qui-est-deborah-de-robertis-a-lorigine-des-marianne-seins-nus-sur-les-champs_a_23618853/

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Voilà pour le meilleur. Mais il y a, hélas, le pire...

Dans le genre Sans-culottes prêts à aller à Versailles chercher Marie-Antoinette ou la princesse de Lamballe, la sauvagerie cruelle en moins car nous sommes en 2018

Dans les deux exemples à lire ci-dessous et qui pourraient donner froid dans le dos (surtout pour le second) on dira que le Normand en colère n'est plus "violemment modéré" puisqu'il est à bout mais qu'il est violemment... violent!  Inquiétant. Très inquiétant pour le futur immédiat de notre démocratie qui connaît sa plus grave crise de la représentation depuis 1958:

https://www.lepoint.fr/politique/gilets-jaunes-acte-v-la-revolution-on-n-en-est-pas-loin-15-12-2018-2279528_20.php

Gilets jaunes, acte V : « La révolution ? On n'en est pas loin ! »

Si le froid et les annonces de Macron ont démobilisé un grand nombre de Gilets jaunes, ceux qui sont allés manifester veulent renverser le pouvoir.

Par

« Macron, si tu continues, le peuple de France te bottera les fesses. Macron, si tu continues, le peuple de France te bottera le cul. » Ce samedi 15 décembre, à l'occasion de l'acte V du mouvement des Gilets jaunes, une petite troupe rassemblée sous un drapeau normand chante à pleins poumons des slogans hostiles au pouvoir. Il faudra plus qu'une intervention télévisée et un attentat pour les arrêter tant ils sont déterminés à ne rien lâcher. Veulent-ils la révolution ? « On n'en est pas loin, mon gars. Tout le monde veut tout casser chez nous à Cherbourg. Il faut que Macron arrête de se foutre de notre gueule », explique un retraité qui porte le drapeau. « On va te fumer, Macron », « À l'échafaud », « À la guillotine », « On va chercher Brigitte », entend-on crier autour de nous.

Si le froid, la lassitude et les annonces du gouvernement ont clairsemé le mouvement (seulement 33 000 Gilets jaunes ont défilé dans l'Hexagone et 2 000 à Paris, selon les chiffres officiels, NDLR), ceux qui continuent le combat, les plus téméraires, ont bien souvent des projets révolutionnaires. « Ici, c'est les prémices de la révolution. On n'est pas en 1789, on ne va pas couper des têtes, mais on veut que Macron dégage et le remplacer par un Gilet jaune », explique un homme portant un manteau militaire et un bonnet noir. « En 1789, la noblesse, c'était 1 % de la population à peu près. C'est la même proportion qui est concernée par l'ISF », embraie un autre, chapeau noir vissé sur la tête. « La révolution, c'est la volonté que l'on retrouve le plus chez les Gilets jaunes », jure un troisième, plus jeune, portant des lunettes.

« Macron nous fait du blabla. On est prêts à revenir jusqu'au bout, on ne lâchera pas. Nous, on veut renverser la République », expliquent deux amis bretons venus à Paris en covoiturage.

Le nouveau serment du Jeu de paume

Outre la révolution, les Gilets jaunes rencontrés à Paris reprennent souvent les revendications exposées jeudi devant la salle historique du Jeu de paume, un des hauts lieux de la Révolution française de 1789. Ils sont allés jusqu'à prêter serment de la même façon que leurs aînés il y a 229 ans pour les formuler : « Nous faisons le serment de ne pas nous séparer avant d'avoir obtenu la présentation devant le peuple français par référendum du référendum d'initiative citoyenne (RIC), du recul des privilèges d'État et de la baisse des prélèvements obligatoires. »

« C'est normal, qu'on se sente pousser des ailes parce qu'on a tous senti que tout pouvait changer pendant ce mouvement. Personnellement, si je sens que je peux renverser le capitalisme, pourquoi pas, mais mon combat principal, c'est que mes enfants puissent fêter Noël », explique un homme rencontré sur les Champs-Élysées. Il explique avoir fermé sa boutique de tatouage, faute de clients, avoir six enfants à charge et gagner 400 euros par mois grâce à Pôle emploi.

« Macron n'a fait qu'accélérer les injustices. Il paie pour tous les autres présidents. Moi, j'appelle à une révolution des mentalités », explique sagement un Gilet jaune portant un nez de clown.


https://actu.orange.fr/france/gilets-jaunes-le-depute-lrem-de-l-eure-porte-plainte-apres-des-coups-de-feu-a-son-domicile-et-des-intimidations-francetv-CNT000001b5ujf.html

"Gilets jaunes" : le député LREM de l'Eure porte plainte après des coups de feu à son domicile et des intimidations

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Le député Bruno Questel a porté plainte samedi 15 décembre après avoir été intimidé à son domicile vendredi soir par des "gilets jaunes", indique France Bleu Normandie.

Dans un tweet, le député La République en marche (LREM) de l'Eure indique que des tirs ont retenti vendredi soir devant son domicile. "Six tirs au fusil de chasse, tirés en l'air, aux alentours de 23 heures". Des "menaces de mort à peine dissimulées", selon lui.

Une quarantaine de personnes devant son domicile 

"Je suis un peu assommé parce que le domicile personnel, c'est l'épouse, les enfants, les proches", a exprimé le député à France Bleu Normandie. Il est ensuite sorti et s'est retrouvé avec une vingtaine de voitures et une quarantaine de personnes devant son domicile. Des gendarmes étaient présents non loin de là pour éviter que la situation ne dégénère.

Selon France 3, des "gilets jaunes" du rond-point de Bourg-Achard se sont déplacés jusqu'à son domicile à Bourgtheroulde pour manifester. Certains d'entre eux, hommes et femmes, alcoolisés d'après l'élu, ont tenté de s'introduire chez lui.

Nombreux messages de soutien

Le député LREM a depuis reçu le soutien de responsables politiques. "Tout mon soutien à Bruno Questel, nouveau député à être victime de manifestations violentes. Quels qu’en soient les auteurs et les cibles, ces comportements sont inacceptables", a réagi samedi François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie a aussi réagi : "Tout mon soutien au député de l’Eure Bruno Questel, victime de menaces inacceptables à son domicile. Le débat, oui. La violence, jamais. Solidarité totale avec tous les élus de la République qui font vivre le débat démocratique dans le calme et dans le respect des lois", a encore réagi Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, ancien maire de Vernon et ancien président du Conseil départemental de l'Eure.


 

Commentaire de Florestan:

Pendant l'été 1789, il y eut la "grande peur": des bandes de paysans miséreux et affamés accablés de rumeurs assiégèrent, pillèrent et brûlèrent les châteaux de l'aristocratie et les demeures des notables...

 

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Nous sommes en décembre 2018!

Bien entendu, ces actes sont inadmissibles puisque personne d'entre nous n'aimerait subir ce que ce député et ses proches ont subi... Mais il y a pire: à quoi, désormais, peut servir un député s'il ne peut même plus sortir de chez soi pour aller discuter et dialoguer avec les concitoyens de sa circonscription?

Les députés de la "République en Marche" sont tous très inquiets. Certains craignent désormais pour leur vie et c'est grave! La rupture est symboliquement totale entre la France d'en haut et celle d'en bas car la crise de la représentation démocratique est, désormais, totale.

Dans ces conditions, il devient impossible, sauf exception, à un député de la majorité présidentielle de jouer son rôle de transmetteur du réel vers les sommets de l'Etat tout comme il ne peut plus jouer son rôle de médiateur enfermé qu'il se trouve dans ce palais parisien où l'on vote des lois comme on produit à la chaîne dans une usine... Les OS du macronisme, les "robots marcheurs"  (c'est ainsi qu'on les appelle dans les couloirs de l'Assemblée nationale) sont désemparés!

La concertation avec "débats territoriaux"(sic!) voulue par le président monarque (Macron = Monarc) risque d'être périlleuse à mettre en oeuvre avec au choix: des salles vides... Ou des émeutes!