Frédérique Thullier, une journaliste de la rédaction de Paris-Normandie a fait son travail et nous l'en remercions... En effet, alors que la propagande officielle de la métropole de Rouen nous informe qu'une "COP 21" a eu lieu à l'échelle du territoire de la métropole rouennaise (Rouen est même pionnière dans cette démarche), la journaliste de Paris-Normandie a eu le mauvais esprit d'aller se promener dans les allées du marché de Noël de Rouen installé sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame afin de vérifier l'origine des articles proposés aux chalands...

Résultat de cette enquête impertinente (dont on pourra mesurer la qualité à l'aune de l'étonnement d'un conseiller municipal socialiste rouennais crépusculaire)... Pas un seul produit normand dans ce marché de Noël... bidon!


 https://www.paris-normandie.fr/loisirs/le-marche-de-noel-de-rouen-bien-loin-de-la-cop21-IO14294590?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=466c01aba6-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-466c01aba6-137315997

Le marché de Noël de Rouen, bien loin de la COP21

image_content_24588992_20181215122151

Les étiquettes des articles de ce chalet portent l’adresse d’une société du Nord de la France. Mais il s’agit d’un importateur en gros (photo Boris Maslard)
Environnement. Les produits vendus, hors alimentaires, viennent des quatre coins d’une planète qui aspire à plus d’éco-responsabilité.
Des écharpes d’Inde, des sacs du Maroc ou d’Italie, des chaussettes du Portugal, des plaids de Chine ou encore des jeux de société en bois de Thaïlande... Les produits non alimentaires vendus sur le marché de Noël de Rouen viennent du monde entier. Sauf de Normandie.

Paradoxal lorsque la Métropole Rouen Normandie a lancé, il y a un an, la COP21 locale et invite «  tous les acteurs du territoire à apporter leur contribution à l’objectif commun de contenir le réchauffement climatique ». Si le cahier des charges impose des ampoules basse-consommation ou à LED et l’usage de gobelets réutilisables, les articles qui trônent dans les chalets devant la cathédrale ont parcouru des milliers de kilomètres. Contacté, Cyrille Moreau, vice-président de la Métropole en charge de l’environnement, président des élus écologistes communautaires... et élu Vert au sein de la majorité municipale rouennaise estime que, de plus, « leurs procédés de fabrication ne sont ni écolo, ni sociaux, relève Cyrille Moreau,. À l’origine, ce devait être un marché d’artisans des terroirs français. C’était le concept. Mais ça a glissé et ce sont aujourd’hui des revendeurs qui font concurrence aux commerçants rouennais. » Il remet en cause la qualité de « certains produits qui viennent de l’autre bout de la planète. Ils sont loin de présenter le meilleur rapport qualité-prix, finissent à la poubelle et viennent grossir la quantité de déchets. » Et de trancher : « Le seul côté positif du marché de Noël, c’est le vin chaud qu’on vient déguster entre amis en fin de journée. Et encore ! Je ne suis pas certain que le vivre ensemble se construise autour de ce genre d’événement. »

À Strasbourg, « Capitale de Noêl », le marché est une institution depuis la première moitié du XIXe siècle. Un arrêté municipal est pris chaque année pour établir, entre autres, la liste des produits pouvant être autorisés individuellement. « Cette liste des articles que peuvent proposer les commerçants du Marché de Noël est volontairement limitative, de manière à correspondre au plus juste aux traditions de noël en Alsace » peut-on lire dans le règlement permanent des animations de Noël. Une mesure qui contribue assurément à garantir l’authenticité attendue. Par ailleurs, figure dans les critères de sélection, « le respect du principe de développement durable et du commerce équitable ».

« Pas assez cher »

Bruno Bertheuil, adjoint (PS) chargé entre autres du commerce et des manifestations publiques, s’étonne qu’en cette année « compliquée » pour le commerce local en général et le marché de Noël en particulier, « entre les « gilets jaunes » et l’attentat de Strasbourg », l’impact écologique de cet événement voulu « festif et commercial » puisse intéresser. C’est un tantinet agacé et sur la défensive, qu’il développe ses arguments. « Une grande part du marché est dédiée à l’alimentaire et ce sont des artisans locaux, argue l’élu. Quant aux créateurs, d’une part un marché leur a été consacré pendant deux jours place Barthélémy (NDLR : le 1er et 2 décembre), d’autre part, ils ne peuvent pas fabriquer et vendre en même temps. C’est très compliqué de fournir en quantité suffisante sur toute la durée du marché. »

Le prix de la location d’un chalet peut aussi se révéler rédhibitoire : 4 000 € au moins. « Pourtant, les commerçants sédentaires trouvent que ce n’est pas assez cher par rapport au loyer de leur magasin, contre Bruno Bertheuil. Mais ils tiennent à ce que le marché dure cinq semaines. Il assure une animation et un lieu de destination pour les touristes. »

La location à la semaine à des créateurs et artisans locaux pourrait conjuguer authenticité, originalité et renouvellement des produits proposés tout en garantissant une empreinte carbone moindre à cet événement prisé des Rouennais et des visiteurs.

Marché de Noël, place de la cathédrale et rue des Carmes, jusqu’au 30 décembre. Plus d’informations sur marchedenoelrouen.com.


 

Commentaire de Florestan:

Toutes nos félicitations normandes à Frédérique Thullier pour cet excellent papier de Noël!