Une bonne tragédie, classiquement, était limitée à 5 actes.

Ce samedi 29 décembre 2018, c'était l'acte 7 de la mobilisation d'un mouvement des Gilets Jaunes qui démontre ainsi qu'il ne souhaite pas que l'agenda médiatique soit feuilletonné par les professionnels de la communication politique de l'Elysée ou par les grands médias parisiens qui aimeraient ouvrir une nouvelle séquence. Sauf que la séquence ouverte par les Gilets Jaunes n'en est pas une tant sont importantes les séquelles accumulées depuis des années en terme de stagnation du pouvoir d'achat ou d'humiliations sociales ou symboliques.

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Il faut un grand retour de la politique et si le président Macron veut sauver ce qui lui reste de mandat mais aussi le régime de la 5ème République il va lui falloir un courage et une intelligence politique qui lui ont fait défaut jusqu'à présent car il va lui falloir gouverner contre lui-même et contre tout ce qu'il pense ou encore contre tout ce qu'il représente.

En croyant ou en feignant de croire qu'une victoire à plus de 90% des suffrages exprimés au second tour des élections présidentielles de 2017 à Paris valait blanc-seing du peuple français pour appliquer un programme idéologique soutenu réellement par moins d'un quart du corps électoral, Emmanuel Macron a commis une grave erreur politique. En effet, Emmanuel Macron n'a pas été majoritairement élu (on ne parlera que des suffrages exprimés derrière une montagne d'abstention ou de votes blancs ou nuls) pour dérouler arbitrairement son programme mais pour assurer l'unité nationale et l'harmonie sociale face au danger d'une colère "populiste" venue de l'extrême droite.

Si Jupiter continue comme depuis 18 mois, le mandat du président de la République s'arrêtera au printemps à l'occasion d'une crise politique qui s'annonce majeure. Au contraire, si le printemps 2019 est le début d'un nouveau mandat politique qui recherche authentiquement l'unité nationale avec des décisions idéologiquement plus équilibrées et moins marquées par ce libéralisme affairiste qui n'a plus de patrie, l'actuel président comprenant enfin, avec intelligence et humilité, qu'il n'a pas été élu ni pour ce qu'il est et encore moins pour ce qu'il souhaitait faire, aura une chance de terminer son mandat à peu près tranquillement.

De grandes décisions sociales et politiques sont à prendre et il est à craindre que ne soit pas à la hauteur le dispositif mis en place par l'actuelle majorité présidentielle, à savoir ces fameux débats "territoriaux" qui risquent de provoquer des émeutes devant des salles vides: il faut faire de la politique et non plus de la manipulation symbolique du réel dans le cadre d'une stratégie de communication politicienne.

Les chats ne faisant pas des chiens, Chantal Jouano, la présidente de la Commission Nationale du Débat Public chargée d'organiser ces fameux débats, a exigé que les crânes d'oeufs de l'Elysée et des autres cabinets ministériels parisiens ne se mêlent pas de l'organisation sous peine de saloper le chantier... Peine perdue puisque Benjamin Griveaux le porte-parole du gouvernement a cru bon de définir a priori le contenant et le contenu d'un débat qui n'a pas encore eu lieu.

Dans ces conditions, on comprend pourquoi les Gilets Jaunes qui ont bien raison de craindre la récupération politique, la division idéologique ou la marginalisation médiatique, souhaitent maintenir la pression le plus longtemps possible!

L'acte 7 de la mobilisation des Gilets Jaunes à Caen:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/caen-cortege-gilets-jaunes-s-etoffe-heure-heure-1599029.html

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Et à Rouen: l'ambiance fut hélas moins chaleureuse, plus tendue et radicale avec une influence plus grande de l'ultra gauche militante locale et c'est bien dommage! Une ambiance moins normande?

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/heurts-ce-samedi-rouen-lors-du-defile-gilets-jaunes-1599077.html

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Acte VII des Gilets jaunes : des tensions en centre-ville de Rouen, utilisation intense des lacrymogènes

Pour l'acte VII de leur mouvement, environ 1000 gilets jaunes participent à la manifestation de Rouen (Seine-Maritime), samedi 29 décembre 2018.

Publié le 29 Déc 18 à 10:40
La situation était toujours très tendue à Rouen (Seine-Maritime), samedi 29 décembre 2018 aux alentours de 14h. La situation était toujours très tendue à Rouen (Seine-Maritime), samedi 29 décembre 2018 aux alentours de 14h. (©Simon LOUVET / 76actu)

Ils ont décidé de remettre ça, samedi 29 décembre 2018 : des Gilets jaunes se sont réunis à Rouen (Seine-Maritime), pour l’acte VII du mouvement. S’il est prévu « un défilé pacifique » dans le centre historique, des messages diffusés sur les réseaux sociaux appellent aussi à se prémunir, « sans armes », en vue d’éventuels affrontements avec les forces de police, ce qui avait été le cas samedi 22 décembre, juste avant Noël.

Rassemblement devant l’hôtel de ville de Rouen

Plus de 900 participants déclarés, plus de 3 000 personnes intéressées… Sur Facebook, l’appel à manifester a connu un engouement inédit. Comme prévu, les Gilets jaunes se sont réunis à 10h sur le parvis de l’hôtel de ville de Rouen. Selon une source policière, la manifestation est considérée comme « potentiellement à risque ». D’après une source policière, entre 800 et 1000 personnes sont mobilisées dans les rues de Rouen. 

Environ 1000 personnes se sont réunis, samedi 29 décembre 2018, dans les rues du centre-ville de Rouen (Seine-Maritime)Environ 1000 personnes se sont réunis, samedi 29 décembre 2018, dans les rues du centre-ville de Rouen (Seine-Maritime) (©Julien Bouteiller / 76actu)

Barricades montées, fumigènes lancés

C’est aux alentours de 12h que la situation s’est durcie. En effet, des manifestants ont monté des barricades. La réplique des forces de l’ordre ne s’est pas faite attendre. Après des sommations que plusieurs ont annoncés « inaudibles », des fumigènes ont été lancés par les policiers. 

Notre journaliste braqué par un policier

L’un de nos journalistes sur place a d’ailleurs été braqué par le flash ball d’un policier, avant qu’un second utilise sa matraque contre lui : 

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : la Bac a avancé pour interpeller. Tirs de flashball. Un policier m'a ciblé avec son flashball et une policière m'a mis un coup de matraque dans la main gauche. @PoliceNat76, j'ai le droit de filmer ! J'ai un brassard et je m'annonce ! cc @davduf pic.twitter.com/V04NjzMjkR

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : nouvelles tensions. Les gendarmes envoient beaucoup de lacrymo. Les Gilets jaunes ne reculent que le temps de se regrouper. pic.twitter.com/CqxkEcZGmx

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

De nombreuses grenades ont été lancées en nombre dans la rue Jeanne-d’Arc et le square Verdrel. 

#ActeVII #GiletsJaunes #Rouen : le jeu du chat et de la souris entre forces de l’ordre et GJ continue dans le centre de #Rouen pic.twitter.com/nlBbI6SaiN

— moriniere (@JeromeMoriniere) December 29, 2018

Les poubelles s’enflamment 

Les tensions se poursuivent en début d’après-midi. La porte de la Banque de France a été incendiée à l’aide de poubelles enflammées. D’autres barricades, également enflammées, ont été montées rue Lecanuet par des manifestants vers 13h30.

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : la porte de la banque de France vient de prendre feu. pic.twitter.com/B5bpamyNh7

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : des barricades en flammes rue Lecanuet où la Bac arrive en voiture, et font déplacer la barricade en feu. Les gilets jaunes sont dispersés dans Rouen : Lecanuet, gare, hôtel de ville… pic.twitter.com/hwSWsPzLIO

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

De poubelles ont aussi été enflammées proche du palais de Justice. 

Grand feu de poubelles au Palais de Justice, l’hypercentre de #Rouen est dans le gaz lacrymo pic.twitter.com/gW0omvSkDD

 

— Jean-Baptiste Morel (@JB__Morel) December 29, 2018

Les pompiers sont arrivés, vers 14h rue Jeanne-d'Arc, afin de circonscrire un incendie de poubelles samedi 29 décembre 2018 à Rouen (Seine-Maritime).Les pompiers sont arrivés, vers 14h rue Jeanne-d’Arc, afin de circonscrire un incendie de poubelles samedi 29 décembre 2018 à Rouen (Seine-Maritime). (©JBM / 76actu)

Difficile de donner une estimation précise du nombre de manifestants présents, mais d’après notre estimation, environ 1000 personnes seraient encore dans les rues de Rouen à 14h20. À cette heure, le cortège avait d’ailleurs rejoint l’Hôtel de ville.

Retour à l’Hôtel de ville de #Rouen. pic.twitter.com/1pG3FC5cAp

— Jean-Baptiste Morel (@JB__Morel) December 29, 2018

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : nouvelle Marseillaise. Je ne peux pas compter combien il y a de manifestants, mais le millier me semble une bonne estimation basse. pic.twitter.com/3fsE5px5Bc

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

Un nuage lacrymogène

Afin de disperser la foule, les forces de l’ordre font usage, par salves successives, de nombreuses grenades lacrymogènes dans les rues du centre-ville. 

La possible n'a pas hésité à envoyer de nombreuses grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants, samedi 29 décembre 2018.La possible n’a pas hésité à envoyer de nombreuses grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants, samedi 29 décembre 2018. (©Simon LOUVET / 76actu)

Ça continue de chauffer autour de l’hôtel de Ville. pic.twitter.com/JsEOocO5QG

— Jean-Baptiste Morel (@JB__Morel) December 29, 2018

Nombreux incendies

Vers 15 h, les secours se sont attelés à circonscrire les nombreux incendies déclenchés par les manifestants. La rue Orbe a d’ailleurs été le théâtre d’un impressionnant feu de containers. 

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : la rue Orbe est bloquée par un feu de containers impressionnant. Les véhicules de la gendarmerie sont bloqués. pic.twitter.com/OaMfoyGGae

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

Dans le même secteur, un gilet, au sol, a été pris en charge par les sapeurs-pompiers.

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : un Gilet jaune est blessé au sol, il est pris en charge par les pompiers. pic.twitter.com/GXu5LFMCFr

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

 

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

Un feu, visible de loin, constaté à l'arrêt de Teor cathédrale aux alentours de 15h30. Un feu, visible de loin, constaté à l’arrêt de Teor cathédrale aux alentours de 15h30. (©Simon LOUVET / 76actu)

Des barricades éphémères 

Les force de l’ordre, qui parviennent à dégager certaines zones, se retrouvent confronter à une guerre des nerfs. En effet, les manifestants ne mettent pas longtemps avant d’ériger une nouvelle barricade. C’est par exemple le cas dans la rue Lecanuet ou encore au niveau du musée des Beaux arts. 

Une barricade en cours d’édification rue Lecanuet, aux alentours de 16 h, à Rouen (Seine-Maritime).Une barricade en cours d’édification rue Lecanuet, aux alentours de 15h50, à Rouen (Seine-Maritime). Il n’aura fallu que quelques minutes pour que les policiers interviennent. (©Jérôme MORINIERE / 76actu )

#Acte7 / #GiletsJaunes à #Rouen : les policiers ont chargé et tiré des lacrymos. Les manifestants se sont divisés en trois : le gros est allé vers le centre, d'autres rue Beauvoisine et enfin côté Beaux-Arts. pic.twitter.com/EBZJGS2g6q

— simon louvet (@LouvetSimon) December 29, 2018

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/acte-vii-gilets-jaunes-nouvelle-manifestation-risque-centre-ville-rouen_20552970.html