L'Etoile de Normandie se fait avec plaisir l'écho de l'article qui suit, paru dans l'édition de ce 7 janvier 2019 de Paris-Normandie puisque cela concerne un ami de notre cause commune normande, Marc Ligot, en l'occurrence, ancien grand patron de la logistique du groupe Carrefour et qui anime "Seine Solutions", un groupe d'experts qui entend proposer des projets et des solutions concrètes pour passer enfin des discours à la réalité lorsqu'on nous rebat les oreilles avec le potentiel d'intérêt national de l'Axe Seine.

L'Axe Seine, enjeu national, est au coeur de la Normandie: il serait plus que temps de laisser les compétences normandes agir après tant d'années d'inertie sinon d'inefficacité de la part d'une haute-fonction publique d'Etat qui se croit toute puissante!

Avec Marc Ligot et ses experts, le temps d'un "laissez-nous faire" normand est possible. A condition que les autorités publiques et privées de la société civile normande soient convaincues qu'il y a des opportunités à saisir... avant qu'il ne soit trop tard!

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Economie portuaire : comment Marc Ligot veut doubler les volumes traités dans le port du Havre

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Territoire. Invité de l’association Normandie Axe-Seine, Marc Ligot, président de Seine Solutions, livre ses pistes et réflexions pour tenter de doubler la capacité des ports. Entretien.

Quels sont les enjeux autour de l’axe Seine ?

Marc Ligot : « Ils sont importants. Si on raisonne en termes d’emplois, le port du Havre en compte 34 000. Dans les cinq à dix ans à venir, on doit pouvoir doubler ce nombre au Havre. Aujourd’hui, le port du Havre, ce sont 3 millions de conteneurs ; le port d’Anvers, 8 millions et Rotterdam 12 millions. L’activité du port du Havre pourrait être doublée, avec 6 millions de conteneurs. On pourrait doubler le parc logistique, c’est-à-dire deux millions de mètres carrés d’entrepôt ».

Des espaces de logistique, c’est ce qui manque encore au port du Havre ?

« Ce qui manque surtout, ce sont les terrains. La grande difficulté par rapport à Anvers, ce sont les terrains en amodiation. Ça veut dire que les terrains, on les loue. Et donc les investisseurs sont très frileux pour investir dans des entrepôts placés sur un terrain qui ne leur appartient pas ».

Que deviennent les conteneurs arrivés au port du Havre ?

« Quand un porte-conteneurs arrive au Havre, une grande partie du trafic repart vers le port d’Anvers. Et d’Anvers, une autre partie file vers la région parisienne. C’est un vrai problème. Pourquoi n’y a-t-il pas plus de conteneurs débarqués au Havre ? Parce qu’il faut construire des entrepôts logistiques, démarcher tous les importateurs qui préfèrent Anvers. Il y a un vrai travail de lobbying commercial à faire. C’est un enjeu énorme. Il faut s’organiser sur l’ensemble de la vallée de la Seine pour trouver les fonciers et les bords de quai. J’ai un exemple précis : sur le port de Honfleur, où il y a 28 hectares en pleine propriété, et 40 hectares qui appartiennent au port de Rouen, si on déclassait ces 40 hectares, on pourrait construire 300 000 m² d’entrepôts, face au Havre ».

Le canal Seine Nord est-il toujours une source d’inquiétude ?

« À terme, si le canal se fait, le porte-conteneurs ne s’arrêtera plus au Havre mais montera directement à Anvers, avant que la marchandise ne redescende vers Paris par le fleuve. On a cinq à dix ans pour s’organiser, pour avoir les entrepôts. Il faut récupérer les 750 000 conteneurs qui filent vers Anvers ».

Haropa, c’est déjà la réunion des ports du Havre, de Rouen et de Paris. Que pensez-vous d’une fusion ?

« C’est une excellente idée. Ça pose des difficultés par rapport à chaque entité mais ce qu’il faut, c’est un guichet unique. Il faut qu’un client, quand il arrive, n’ait qu’un interlocuteur pour lui proposer les différentes solutions des trois ports ».

Une gouvernance par la Région Normandie est-elle opportune ?

« Ce qui m’intéresse, c’est qu’il y ait un patron pour les trois ports. Que ce soit la Région, ça me va bien, du moment qu’on arrive à six millions de conteneurs pour le port du Havre ».

S’agissant de Rouen, les céréales se portent plutôt bien.

« L’activité des céréales, c’est 30 % de l’activité. Il faut la défendre car il y a du potentiel. Il faut qu’on raisonne sur du foncier là encore. Il faut déclasser les terrains et les mettre à disposition ».

L’entretien sonore intégral avec Marc Ligot est en ligne sur Paris-Normandie.fr (en cliquant sur le lien bleu ci-dessus)


 Commentaire de Florestan:

Marc Ligot a un gros défaut, c'est qu'il est plein de bon sens. Un bon sens 100% normand!

Par exemple, construire 300000 m² d'entrepôts à Honfleur et créer 1500 emplois en démarchant clients et terrains dès ce premier semestre 2019.

On lui souhaite bon courage... Avec tout notre soutien!