BILLET de FLORESTAN

Ce machin-bidule-truc, en langage artiste gaucho-bobo-métro très post-duchampien, disons plutôt, attention à la prononciation, "ready made"...  a été acquis par le Fonds Régional d'Art Contemporain de Normandie (Rouen) dans une galerie de Paris pour la modique somme de 8800€  soit un peu plus de 7 FOIS le SMIC net mensuel d'un Gilet Jaune normand au 1er janvier 2019!

Voici la chose...

Même chez Leroy-Merlin on fait des vitrines plus réussies et certainement moins coûteuses pour le con-tribuable normand!

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Oui, oui.. je sais! un certain terrorisme intellectuel soi-disant de gauche nous accusera d'être réactionnaire. On pourra rétorquer que, oui, certes, Marcel Duchamp était, par hasard, Normand, puisque né pas très loin de Rouen mais il ne faudrait pas non plus exagérer en devenant les sacristains d'une chapelle "duchampienne" avec l'argent public des Normands sous prétexte que Marcel Duchamp était un génial farceur... Surtout farceur qui devait savoir que les meilleures blagues sont les plus courtes: s'il devait revenir à notre époque comme le retour du Christ imaginé par Dostoïevski dans l'Espagne de la Sainte Inquisition, le pauvre Marcel serait affligé et effrayé que l'on puisse à ce point prendre au sérieux son urinoir renversé au milieu d'une salle de musée!

Voici quelques récentes et ultimes acquisitions totalement conceptualo-bidulaires consistant à jeter le fric des Normands par les fenêtres du FRAC –Normandie (site de Rouen), avant sa fermeture définitive imminente , pour cause de pénurie de subventionnement  de la part d’un Etat dont les caisses sont de plus en plus désespérément vides.

On ne vous proposera pas ici un article en "ready made" (on dit aussi défèque niouze) car vous trouverez toutes les infos à lire ci-dessous sur le site du FRAC en question.

http://www.fracnormandierouen.fr/fr/collection/0/

Alors que la France ce coupe idéologiquement et politiquement en deux avec la crise des Gilets Jaunes, "l’œuvre" avec le pot de fleur renversé est celle que je préfère car elle est la plus illustrative de la violence symbolique et de la puissance terrorisante d’un discours capable d’imposer en tant qu’art une telle évidente stupidité: en effet, seul un solide bon sens, à la fois naïf et populaire, serait encore capable de refuser de l'admettre!

Ces derniers achats sont donc à considérer comme la dernière  bouffonnerie d’arrogance d’un système perfusé depuis quarante ans par l’argent public et se trouvant aujourd’hui à la fin d’un processus de  dégénérescence consanguine fatale et... fiscale puisque tout le monde sait, fort hypocritement, sur le marché international de l'art dit "contemporain", que ces "oeuvres" valent vraiment beaucoup moins que l'argent qui s'accumule au fond de la niche fiscale qu'elles justifient.

Ces bureaucrates d'un Nouvel Art Officiel savent très bien que les œuvres qu’ils achètent, sont, dans leur grande majorité, vides de tout contenu artistique et seulement portées par un discours intello-spéculatoire totalement délirant et psychogène. Ils n'osent pas avouer  que tous ces bidules invraisemblables ne vaudront même pas plus, dans 15 ans,  que le prix de la caisse en bois qui les protège pudiquement des regards et qu'il faudrait, d'ores et déjà, penser aux conséquences écologiques d'avoir à gérer une déchetterie, sinon une poubelle. Parions d'ailleurs que certains "artistes" contemporains ont déjà anticipé la chose avec des oeuvres jetables ou recyclables, ce qui serait un moindre mal...

En attendant, ce FRAC normand et tous les autres continuent leurs frasques avec notre fric en achetant entre eux, très cher de soi-disant "oeuvres" au nom d'une conception très Lichtenberg du Public... Lichtenberg, ce philosophe allemand du XVIIe siècle qui aurait inspiré Emmanuel Kant quand il tentait d'imaginer l'idée d'un couteau idéal, à savoir: « un couteau sans lame auquel ne manque que le manche ».

Loin, bien loin de cette branlette intellectuelle pseudo-artistique qui n'a de conséquence sociale réelle que celle d'encourager l'optimisation fiscale des grandes fortunes à l'échelle internationale, il existe encore et toujours un art d'artistes et d'artisans qui n'ont pas renoncé à travailler un savoir-faire: cet art là continue d'avoir les faveurs du public et il est resté populaire. Mais dans le système d'apartheid idéologique et esthétique des FRAC, cet art là n'a toujours pas le droit de cité!

Voici donc cinq décisions d’achat exemplaires, qui ont été prises lors du comité technique d’achat du 16 juillet 2018.

-Notons que les prix astronomiques attribués à ces bibelots grotesques, se veulent à la  mesure du niveau d’exigence et de compétence que prétendent avoir les experts de ce comité.

-Notons que la plupart de ces choses ont été achetées à des galeries de très haut-niveau d’internationalité financière, ceci justifiant également la hauteur de leurs prix…

-Notons que les propositions d’acquisition proviennent presque toutes de la directrice du FRAC-Rouen, qui semble bien connaître la valeur de ces produits très tendance dans les circuits du financial-art avec lesquels elle est professionnellement en contact étroit … Le reste du comité semblant n’être là que pour entériner ses décisions …avant d’aller, peut-être, ensuite fêter ça ensemble  dans la brasserie d’à côté... au frais de la République.

Et voici quelques-unes de œuvres achetées :

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1) Anne Collier

"Questions (Viewpoint)", 2011 C-print 66 x 52 cm encadré édition de 5 n°3/

Prix  : 24 000 dollars (soit environ  27586€)

Galerie Anton Kern, New York (Proposition d’achat de  Véronique Souben)

Commentaire de Florestan: seul le prix n'est pas abscons

 

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2) Katinka Bock

"Some", 2015 sculpture céramique, bois, sangle, tissu Pièce unique

Prix : 9 000 euros

 

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3) Diogo Pimentao

Relate (Drift Toward Performance #2), 2018 Papier et graphiteSculpture

160 x 60 x 190 cm

Prix 2500 €

 

4) Mac Adams

"Circumstantial Evidence", 2016 installation structure en bois, photo encadrée, plante, chaise, Pièce unique 180 x 125,4 x 10,5 cm

Montant : 11 000 euros ramené à 8 800 euros (voir ci-dessus)

Galerie GB Agency, Paris

(Proposition de Véronique Souben)

 

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5) Ulla Von Brandenbourg

"Falten & Körper, Fisch (Plis & Corps, Poisson)", 2017 – installation -tissu, chlore, bois

Pièce unique -249 x 145 cm et 242 x 63 cm

Montant : 22 000 euros ramené à 16 000 euros

Galerie Art Concept, Paris

(Proposition de Véronique Souben )


 

Pour ces cinq exemples d'achat, nous en sommes quittes pour un total de 63886€,  soit l'équivalent de... 52 SMIC MENSUELS d'un gilet jaune normand.

Qui parlait déjà de "fracture sociale"... Voire, culturelle?