Editorial de Jérôme Besnard directeur de l'ACIP (Agence de Communication Interrégionale de Presse):

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Régionalisme : l’offensive d’Hervé Morin

L’ancien ministre de la Défense Hervé Morin, 57 ans, chef de file des élus indépendants du centre droit, se positionne de plus en plus sur le terrain du régionalisme offensif. En assistant à Caen le samedi 19 janvier à un colloque sur le parler normand, qui n’est pas un « patois » mais une déclinaison régionale de la langue d’oïl, le premier président de la Normandie réunifiée assume son programme de 2015 visant à conforter la culture normande. Président de l’association Régions de France depuis 2017, l’ancien député de l’Eure a multiplié les signes envoyés en faveur d’une France décentralisée et fédérale. Alors que les relations entre le Président de la République et le Président du Conseil exécutif de Corse, l’une des régions les plus autonomes de France, se tendaient, Hervé Morin a noué des relations étroites avec Gilles Simeoni, contribuant à une détente indispensable des relations avec la principale île méditerranéenne française.

Dans son combat pour la culture normande, Hervé Morin peut compter sur l’appui du Mouvement Normand dont le président, Emmanuel Mauger était présent à Caen samedi. Fondé en en 1969 par le journaliste et historien Jean Mabire, le député gaulliste Pierre Godefroy et le dirigeant étudiant Didier Patte, le Mouvement Normand a longtemps été dirigé par ce dernier, alors syndicaliste enseignant CFTC, président de la Caisse d’Allocation Familiales de l’Eure et membre du défunt Conseil économique et social de Haute-Normandie. Ayant obtenu la réunification de la Normandie, cette organisation milite désormais essentiellement pour le développement de cette région dans le respect de son originalité.

Le 19 janvier Hervé Morin a annoncé un certain nombre de mesures emblématiques pour dynamiser l’identité régionale normande : réintroduire le parler normand dans les écoles primaires, favoriser son enseignement dans les collèges et les lycées, institutionnaliser cette langue d’oïl  influencée notamment par le vocabulaire scandinave, favoriser la pose de panneaux « bilingues » à l’entrée des communes…

Les esprits chagrins y verront du particularisme rétrograde ou des dépenses inutiles mais les soutiens d’Hervé Morin voient là le moyen de développer les liens sociaux intergénérationnels et de préserver la spécificité des « pays » normands. Déjà, dès son élection difficilement acquise, Hervé Morin avait favorisé les relations entre la Normandie continentale, région française, et la Normandie insulaire aussi appelée îles anglo-normandes, dont le souverain n’est autre que la reine d’Angleterre, descendante de Guillaume le Conquérant, au titre de ses prétentions au duché de Normandie.

Il est clair que Hervé Morin, héritier politique de la tendance libérale de l’UDF souhaite aujourd’hui faire de sa région un laboratoire tocquevillien, en digne héritier du grand philosophe normand qui conjugua à merveille l’amour charnel pour sa petite patrie et son souci quotidien de la France. Un engagement qui pourrait faciliter sa réélection à la tête d’une région modérée  mais enracinée qui souhaite aujourd’hui pouvoir dialoguer avec ses homologues sans demander l’aval de Paris.

Jérôme Besnard