Caricaturons un peu afin d'y voir clair:

L'Education Nationale est une caserne jacobine au centre de laquelle on trouve une chapelle laïcarde.

Les académies de Caen et de Rouen sont des salles d'attente pour les enseignants et les personnels qui, dans le grand mouvement national de mutation des postes, espèrent entrer dans les académies voisines (Rennes, Versailles ou Paris).

La valorisation de la Normandie, son histoire, sa géographie et son héritage culturel, est encore perçue comme étant une marque dangereuse de replis idenditaire fascistoïde.

La diffusion massive et gratuite de l'information à destination des lycéens sur les poursuites d'études supérieures, les formations professionnelles ou les emplois qualifiés est un monopole de fait du groupe de presse ligéro-breton Ouest-France notamment dans l'actuelle académie de Caen (ex Basse-Normandie, ex carpette orientale de la Bretagne).

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Les connaissances des jeunes collégiens et lycéens normands sur la Normandie sont proches de zéro. Et quand ils ont quelques lumières normandes, elles sont, au mieux, caricaturales, partielles ou datées (clichés). Au pire, elles font l'objet d'une dérision méprisante. L'image de la Normandie chez les jeunes Normands reste, hélas, très négative: d'où l'intérêt de faire découvrir au public scolaire et au grand public populaire normand une Normandie "phénoménale" que ces publics majoritaires ne soupçonnent même pas faute d'en être correctement informés par les médias dits "régionaux"... Ce sera tout l'enjeu de la première fête de l'Excellence normande qui aura lieu du 11 au 14 avril 2019 au Parc des expositions de Caen. (problème: cette belle initiative tombera en plein milieu des vacances de Pâques. Les visites scolaires ne seront donc pas possibles...)

La jeunesse normande reste encore largement sous-diplômée par rapport à la moyenne nationale. Le taux d'illettrisme en Normandie reste supérieur à la moyenne nationale. Un chiffre (INSEE 2018) : 34 % de la population active du département de l'Orne âgée de 16 ans et plus n'a pas de... diplômes!

Un nombre important d'entreprises normandes peinent à recruter: faute d'une formation suffisante ou adaptée de nombreux postes restent non pourvus au point qu'il faille envisager de recruter des... horsains! Les entreprises normandes en plein dynamisme retrouvé depuis la Réunification craignent d'être stoppées par un "plafond de verre". Celui du manque de qualification.

La Normandie continue de faire fuir ses jeunes: 6000 à 7000 jeunes Normands bacheliers quitteraient chaque année nos deux académies. Impossible d'avoir une confirmation ou une infirmation officielle de cette estimation: on dirait que ce sujet ne les intéresse pas... Ce sont pourtant nos jeunes les plus ambitieux et les plus talentueux qui nous quittent pour la région parisienne, Rennes ou Nantes ou pour plus loin encore afin de poursuivre leurs études et de démarrer une vie professionnelle loin de la Normandie. Pourquoi pas. Mais le problème est qu'ils ne reviennent pas. Nuançons cependant: depuis la réunification et le réveil normand qui s'ensuit, on observe un début de mouvement de retour de jeunes adultes diplômés et professionnellement expérimentés vers leur Normandie natale: un espoir?

Enfin, aucun lycée normand n'a cru bon devoir répondre positivement à un appel à projets lancé par le conseil régional de Normandie pour développer des projets pédagogiques normands dans le cadre du lycée du Futur: cherchez l'erreur!


 

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http://normandie.canalblog.com/archives/2018/10/16/36788912.html

A Deauville, les jeudi 24 et vendredi 25 janvier 2019 vont avoir lieu des "Assises de l'éducation en Normandie" afin de recevoir les conclusions de la consultation qui a été menée depuis l'automne dernier sur les besoins, urgences et propositions ou solutions dans le but de construire le projet de la future académie de Caen-Normandie qui résultera de la fusion des deux actuelles académies de Caen et de Rouen au 1er janvier 2020.

On peut raisonnablement espérer qu'une partie des tristes constats pointés dans l'exposé caricatural ci-dessus seront enfin pris en compte, à commencer par la question lancinante du rattrapage du niveau de diplômes et la consolidation indispensable des connaissances du "socle" (lire, écrire et compter).

En revanche, compte tenu de la culture idéologique hyper-jacobine qui a toujours cours dans l'Education Nationale, il est à craindre que le futur projet éducatif de la future académie dite de "Normandie" soit tout sauf... normand. A moins que la relation de confiance qui lie actuellement le recteur Rolland et le président de région normand Morin soit suffisamment forte pour, enfin, introduire un peu de Normandie dans l'école publique gratuite laïque et obligatoire de l'immense majorité des jeunes Normands.

Trois projets auront valeur de test:

1) La création d'une agence régionale normande pour l'orientation

2) La création de classes option "langue normande" dans cinq collèges et lycées référents (un établissement dans chaque département normand)

3) La mise à disposition sur un support numérique d'une information complète sur la Normandie pour chaque lycéen entrant en classe de seconde ou la mise au point d'une collection de matériels et supports pédagogiques dédiés à la Normandie selon le niveau des classes et en lien avec les programmes nationaux.

Lire l'annonce et les analyses proposées par la Chronique de Normandie éditée par Bertrand TIERCE, n°566 datée du 21 janvier 2019:

 

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