Enfin! Les gilets jaunes Normands ont tenté de s'emparer du symbole contemporain de l'unité retrouvée de notre Normandie en tentant de constituer une chaîne humaine sur le Pont de Normandie entre Honfleur et Le Havre... Mais la pluie, le froid, la grêle et les forces de l'ordre en ont décidé autrement.

Lire le compte-rendu proposé sur le site de Normandie actu:

https://actu.fr/normandie/honfleur_14333/pont-normandie-gilets-jaunes-empeches-faire-leur-grande-chaine-humaine_21093499.html

Citations:

"C’est une atteinte à la liberté de manifester. Ils n’ont pas le droit de nous interdire d’accéder au pont qui est normalement ouvert à tout le monde !

... s’insurge Cédric, gilet jaune havrais, et instigateur de cette mobilisation dominicale. 

On voulait juste faire une marche pacifiste, sur le trottoir, en se tenant par la main, pour répondre à l’appel national des gilets jaunes. C’était surtout pour l’image, le symbole du pont qui réunit tous les gilets jaunes normands."

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Plus grave, du côté d'Evreux:

https://www.paris-normandie.fr/accueil/acte-xi-des-gilets-jaunes--a-evreux-une-guerre-ouverte-entre-le-prefet-et-le-maire-lr-DB14516500#

Acte XI des gilets jaunes : à Évreux, une « guerre » ouverte entre le préfet et le maire LR

La grande chaîne humaine que devaient former les gilets jaunes sur le pont de Normandie a tourné court, tandis que l’après-midi, seules quelques femmes en jaune ont défilé au Havre. L’acte XI a été marqué par de nouveaux heurts à Rouen et à Évreux, où une polémique a été lancée.

Ils auraient dû se retrouver en nombre hier matin - entre 600 et 800 personnes selon ce qu’espéraient les initiateurs - sur le pont de Normandie, entre Le Havre et Honfleur, pour former une longue chaîne humaine teintée de jaune. Mais les mauvaises conditions météorologiques et la présence des forces de l’ordre auront eu raison de leur détermination. Côté Havre, l’initiative a pris l’eau, les manifestants étant empêchés d’accéder au pont. Côté Calvados, une poignée de gilets jaunes est parvenue à former un mini-ensemble mais de quelques minutes seulement.

Guy Lefrand au centre des critiques

À l’image d’une timide mobilisation des femmes en jaune, hier après-midi dans le centre du Havre, cette longue chaîne humaine sur le pont de Normandie aurait dû venir conclure un acte XI des gilets jaunes marqué, samedi, par des manifestations dans toute la région. Au Havre, à Dieppe, à Rouen, où la situation, comme les samedis précédents, est restée tendue durant une partie de l’après-midi, et, surtout, à Évreux, devenu le temps d’une journée la capitale régionale de la protestation.

Quelque huit cents gilets jaunes selon la préfecture - 1 500 selon les participants - ont manifesté dans le chef-lieu eurois. Des heurts ont éclaté au fil de l’après-midi avec les forces de l’ordre. Près de l’hôtel de ville, des véhicules ont été incendiés tandis que des manifestants pénétraient dans les locaux de la police municipale. La Banque de France et la préfecture de l’Eure ont également été prises pour cible.

Cette situation, inédite à Évreux, a provoqué sans surprise une polémique supplémentaire dans un contexte déjà tendu entre le maire LR, Guy Lefrand, et l’autorité préfectorale. En novembre dernier, le maire avait apporter son soutien aux gilets jaunes et leur avait recommandé d’aller bloquer la préfecture... Guy Lefrand s’était attiré les foudres de la justice avait alors écopé d’un rappel à la loi après l’ouverture d’une enquête par le parquet pour « des faits de complicité par instigation d’organisation d’une manifestation non autorisée ».

Samedi soir, le ton est monté d’un cran à nouveau, le maire et patron des LR dans le département estimant que « la ville a été livrée à elle-même ». « À l’État, nous avions demandé des moyens supplémentaires pour contenir les éventuels débordements. Sans succès », juge Guy Lefrand. « Les commerçants, les riverains, les usagers du centre-ville n’ont pas eu le droit à la protection de l’État, en première partie de journée », écrit-il dans un communiqué. Pour lui, « Évreux a été victime d’une double peine : un Etat retranché dans son « bunker » derrière un cordon de forces de l’ordre. La colère d’une partie de ces manifestants s’est alors répandue dans le centre-ville, dégradations et incendies de véhicules à la clé, au pied même de l’hôtel de ville, qu’aucune force de l’ordre ne protégeait malgré les risques évidents représentés par la présence des casseurs alcoolisés venus de départements limitrophes. »

Réplique immédiate du préfet, Thierry Coudert. Tout en assurant vouloir « ramener de la sérénité », il s’est dit étonné « d’entendre que la préfecture aurait été privilégiée au détriment du centre-ville alors même que des bâtiments de l’État ont été attaqués ». « Un dispositif adapté et prenant en compte des effectifs mis à disposition, avait bien été mis en place », affirme-t-il. Le préfet estime aussi qu’il avait été demandé à la mairie de procéder à l’enlèvement des objets susceptibles d’être utilisés par des casseurs. « Force est de constater, ajoute Thierry Coudert, que des barricades ont pu être dressées grâce au matériel des différents chantiers situés autour de la mairie, matériaux qui ont également servi de projectiles à l’encontre des forces de l’ordre ». Cette situation cristallise un peu plus les prises de position des uns et des autres. Ainsi, dans l’opposition municipale de Guy Lefrand, Timour Veyri estime que les événements de samedi « illustrent une nouvelle fois l’impérieuse nécessité pour l’ensemble des responsables locaux d’être dignes de leur fonction en faisant preuve de retenue, de sens des responsabilités et de respect des institutions républicaines ».

Quid d’un acte XII ?

Une attaque directe du secrétaire fédéral du PS dans l’Eure à l’encontre du maire et vice-président de la Région Normandie, suivie d’une autre, signée, cette fois-ci, du député LREM de l’Eure, Bruno Questel. « Donc, écrit-il sur son compte Twitter, le maire d’Evreux, responsable des Républicains de l’Eure, soutient les gilets jaunes, les exhorte à bloquer la police municipale et la préfecture, etc. Enfin, quand des exactions sont commises, ce serait la faute de L’État ? Attitude indigne de cet élu local ». Quant à Fabien Gouttefarde, lui aussi député LREM de l’Eure, il s’interroge. « Guy Lefrand a-t-il prêté une salle municipale aux gilets jaunes d’Evreux afin qu’ils puissent organiser la « manifestation pacifique » qui s’est déroulée [samedi 26 janvier 2019]. Et après cela, il accuse l’État de ne pas organiser la riposte... À l’évidence, écrit l’élu sur son compte Twitter, monsieur le maire d’Evreux orchestre ce qu’il savait potentiellement violent pour sa ville dans l’unique objectif de servir son mantra : « l’État nous abandonne ». » Qu’en sera-t-il d’un hypothétique acte XII samedi 2 février ? D’ores et déjà, certains gilets jaunes ont appelé à manifester devant les commissariats et gendarmeries. Des stylos rouges ont prévu de rejoindre les gilets jaunes.

Des gardes à vue toujours en cours

En Seine-Maritime, la préfecture dénombrait vingt interpellations (lire nos éditions d’hier) après les manifestations des gilets jaunes à Rouen et au Havre, samedi. En région rouennaise, on en décomptait quatorze, dont une à Barentin. On leur reprochait, pêle-mêle, « des tirs de mortier, des agressions sur policiers, des ports d’arme, des jets de projectiles... », développait la préfecture samedi soir. Les suites judiciaires de ces interpellations sont pour l’instant inconnues : la police ne souhaitait pas communiquer à ce sujet hier soir. Joint, le procureur de la République à Rouen n’a pas répondu à nos sollicitations. Au Havre, les six individus âgés de 18 à 32 ans appréhendés samedi soir ont tous été remis en liberté. Cinq d’entre eux font l’objet d’une procédure de classement sans suite, selon une source policière. Un rappel à la loi a été décidé pour le sixième. On lui reproche des jets de projectiles sur les forces de l’ordre. Dans l’Eure, l’autorité préfectorale dénombrait douze interpellations à Évreux samedi. Jointe hier, la procureure de la République à Évreux, Dominique Puechmaille, ne souhaitait « pas communiquer à ce stade ». Selon nos informations, sur les douze interpellés, trois étaient toujours en garde à vue, hier soir.

La majorité silencieuse dans la rue

Plus de 10 000 foulards rouges ont défilé hier à Paris pour défendre la démocratie et les institutions face aux violences des manifestations de gilets jaunes.
Quelque 10 500 foulards rouges, selon la préfecture de police de Paris, ont défilé hier, sous la pluie, de la place de la Nation à la Bastille pour « défendre la démocratie et les institutions » face aux violences qui ont émaillé la crise des gilets jaunes. Le chiffre est finalement conforme à l’espoir d’avoir 10 000 participants « minimum » affiché par les organisateurs de cette « Marche républicaine des libertés ».
Alors que la tête du cortège scandait « Oui à la démocratie, non à la révolution ! » sous une banderole « Stop aux violences », les manifestants, avec dans leurs rangs une proportion élevée de tempes grises et de sympathisants de La République en marche (LREM), arboraient quelques drapeaux français et une poignée de drapeaux européens.
« Le fascisme  ne passera pas » (sic!)
Les participants répondaient à un « appel à la majorité silencieuse qui reste terrée chez elle depuis dix semaines », selon les termes de l’initiateur de la marche, l’ingénieur toulousain Laurent Soulié. C’est depuis sa page Facebook que celui-ci a lancé mi-décembre l’idée de cette marche, avant d’être rejoint par le collectif des foulards rouges, né fin novembre pour protester contre les blocages des gilets jaunes. Ce collectif a pu se joindre au défilé à condition qu’il ne se soit pas une manifestation de soutien au président Macron mais, plus largement, à la République.
Le cri de « Le fascisme ne passera pas » a été souvent entendu dans la manifestation. « Je ne veux pas voir mon pays basculer dans la dictature », a témoigné Christine, 63 ans, une cadre bancaire retraitée venue de Villeparisis (Seine-et-Marne).
A l’arrivée place de la Bastille, les participants ont essuyé les huées et invectives de quelques dizaines de gilets jaunes postés sur les marches de l’opéra, sous deux banderoles : « Macron Destitution » et « Tout brûle déjà ».

L’IGPN saisie après la blessure d’une figure des gilets jaunes

Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, grièvement blessé à l’œil samedi à Paris, a été touché par « un tir de Flash-ball », a affirmé hier son avocat Philippe de Veulle sur BFMTV. « J’ai des éléments matériels dans le sens où c’est un tir de Flash-ball » (un lanceur de balles de défense, N.D.L.R.), a déclaré Me de Veulle, disant « réfuter » la thèse d’une blessure par un éclat de grenade de désencerclement. Selon une source policière, la blessure « est bien due » à l’explosion d’une grenade de désencerclement.
Jérôme Rodrigues a de son côté indiqué à LCI que l’un des projectiles qui l’a touché, tiré selon lui par un lanceur de balles de défense (LBD), avait été « ramassé » par des témoins. Le projectile ramassé par des témoins sera « mis à disposition » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), saisie samedi par le préfet de police de Paris pour faire la lumière sur les circonstances de cette blessure. Une enquête pour « recherche des causes des blessures » a également été ouverte samedi par le parquet de Paris.

Commentaire de Florestan:
Ne soyons pas naïfs!
Derrière la querelle entre Guy Lefrand, le maire LR d'Evreux, vice-président du conseil régional de Normandie et soutien actif de la majorité régionale conduite par Hervé Morin et Thierry Coudert le préfet du département de l'Eure aux ordres du Premier ministre, un certain Edouard Philippe, autrefois député-maire LR du Havre, il y a surtout l'isolement et la résistance politique d'un homme au sein d'un territoire totalement "macronisé": car le département de l'Eure c'est aussi le "fief" de Bruno Lemaire, ancien député LR de l'Eure et de Sébastien Lecornu autrefois maire LR de Vernon et président LR du conseil départemental.
Que Guy Lefrand, maire LR d'Evreux soit encore... LR dans le département de l'Eure pour être resté fidèle à ses convictions et ses idées quoique l'on puisse penser d'elles mérite, par les temps qui courent, un minimum de respect!

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