On le sait, la démographie normande manque de dynamisme: son bilan est quasi négatif si l'on cumule le nombre de décès avec celui de l'exode de sa jeunesse, cela donne un total qui équivaut presque à l'addition du nombre de naissances à celui de l'arrivée des nouveaux résidents dans notre région. Pour résumer:

La natalité reste importante mais elle baisse.

Les jeunes s'en vont massivement mais les nouveaux arrivants sont plutôt d'âge mûr (actifs et retraités).

Conséquence: la population normande croît lentement  et vieillit plus rapidement que la moyenne nationale.

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Le principal problème, sinon LE défi normand à relever c'est celui de la jeunesse. On peut même dire ceci: cinquante années de division normande dans la médiocrité localiste et dans l'absence quasi totale d'ambition régionale ou d'attractivité métropolitaine ont fait massivement fuir la jeunesse normande, celle qui avait le plus de talents, de compétences et d'ambition.

L'exode de la jeunesse normande reste pour nous le pire du passif de la division normande au point que l'on peut dire que le retour à l'unité administrative et politique de la Normandie devrait avoir comme objectif principal de ralentir sinon de stopper cette saignée de jeunes Normands qui continuent encore massivement à penser qu'un avenir stimulant est impossible en Normandie.

On estime à 6000 ou 7000 jeunes normands post-bac qui nous quitteraient chaque année: la question reste taboue, pour preuve, il est impossible d'avoir une confirmation officielle de ce chiffre et nous invitons nos lecteurs à nous faire parvenir les informations nécessaires en commentant ce billet...

La question est donc la suivante:

Comment construire l'avenir de la Normandie en Normandie? Autrement dit: Comment retenir les porteurs Normands d'avenir en Normandie?

Concrètement: la jeunesse se construit son avenir dans des villes suffisamment grandes, attractives, belles, intelligentes et généreuses pour que les jeunes décident d'y rester pour y faire leurs études, y travailler et y vivre.

A cause de la division normande, Caen, Rouen et Le Havre sont passés à côté de la métropolisation régionale par la jeunesse. On mettra, cependant, un bémol à la sévérité de ce constat concernant Caen mais cela risque de renforcer finalement la médiocrité générale du tableau normand car Caen, qui avait été programmée à l'orée des années 1970 par l'Etat via la DATAR et le CNRS pour être la capitale de la jeunesse estudiantine de l'Ouest de la France s'est fait voler la vedette au tournant des années 1990 par Rennes sa concurrente bretonne:

Si la Normandie avait été réunifiée et les villes normandes mieux organisées dans leurs politiques publiques urbaines et nos collectivités territoriales mieux dotées, notre région serait plus apte à garder sa jeunesse dans ses villes principales.

Car à Rennes on a compris dès les années 1980 que politique de la jeunesse et politique urbaine c'était la même chose: attirer les jeunes de la région  dans la grande ville de la région est donc une urgence vitale surtout dans une région telle que la Normandie, grande région industrielle et populaire, qui est passée aussi à côté du grand mouvement de démocratisation de l'accès aux diplômes supérieurs.

Il faut donc une grande politique publique régionale de la jeunesse normande:

La région Normandie s'y emploie actuellement avec ses moyens propres et sur ses compétences particulières avec l'urgence de mieux faire connaître la Normandie aux jeunes, de reconstruire la fierté normande et de changer l'image de la Normandie qui reste très dégradée chez des jeunes Normands qui ne connaissent pas leur région. Bientôt, la région prendra en charge l'importante responsabilité d'informer et d'orienter les jeunes lycéens normands vers les formations supérieures normandes et les métiers proposés en Normandie.

Mais il reste deux grosses difficultés à traiter:

  • Améliorer la mobilité des jeunes normands dans la région en améliorant sensiblement la qualité de l'offre des transports publics (notamment ferroviaires) ainsi que son accès (abonnements préférentiels, gratuité?)
  • Coordonner avec les trois principales agglomérations urbaines normandes et la région Normandie une politique urbaine de la jeunesse à l'instar de ce qui a été fait à Rennes:

Pour une fois, un exemple breton est bon à suivre...

(source: Marianne, du 1er au 7 février 2019)

rennes capitale des jeunes