Que l'on se souvienne... Dès la réunification actée au 1er janvier 2016, Hervé Morin, premier président de la Normandie s'était mis au travail pour s'attaquer au dossier le plus urgent qui était de sauver, ni plus ni moins, l'avenir du service public ferroviaire normand. En avril 2016, il négociait avec le Premier ministre de l'époque, un certain Manuel Valls un plan global de renouvellement de la Normandie ferroviaire d'un montant total de 1,4 MILLIARDS d'euros pour une mise en oeuvre opérationnel dès 2020 puisqu'il était devenu clairement stupide sinon indécent de patienter avec la crise ferroviaire actuelle jusqu'à la mise en service d'une hypothétique LNPN à l'horizon 2030.

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Les futures rames porteront fièrement nos léopards et les trains porteront les noms des différents pays et villes de notre belle région...

 

Ce PLAN MORIN, appelons-le ainsi, se compose de trois parties:

1) Un renouvellement complet du matériel roulant circulant sur toutes les grandes lignes normandes (Paris-Cherbourg/ Paris- Le Havre/ Paris-Granville) avec de nouvelles rames à grande capacité offrant des options et un confort supérieurs ou équivalents au standard TGV avec une vitesse commerciale fixée à 200 km/h (contre 160 km/h actuellement avec les trains Corails poussifs tractés par des locomotives dont certaines ont l'âge de votre serviteur...). Sur le Paris-Cherbourg une traction à l'hydrogène sera même expérimentée...

2) Un renouvellement général du réseau et de la maintenance: entre 2016 et 2020 près de 70% des investissements effectués par SNCF Réseau sont concentrés sur la remise à niveau du réseau ferroviaire normand pour améliorer la sécurité notamment aux abords des passages à niveau, les communications et les signalisations, l'accessibilité des gares et surtout pour permettre le rapatriement de la maintenance des trains normands en Normandie sur les sites de Sotteville-les-Rouen, Caen, Cherbourg et Granville. A cela il faut ajouter le plan de "normandisation" de la gare Saint Lazare qui aura lieu après 2020 lorsque sera effectif le déménagement d'une grande partie du trafic ferroviaire de la banlieue Ouest de Paris vers la gare souterraine du parvis de la Défense. La construction de la LGV du Mantois pour séparer le trafic des grandes lignes normandes de celui de la banlieue Ouest que l'on espère entre 2025 et 2030 permettra aux trains normands déjà renouvelés depuis 2020 de regagner la précieuse demi-heure perdue dans le bouchon ferroviaire aux heures de pointe du matin et du soir...

3) Une prise de contrôle complète par la région Normandie du service public ferroviaire normand: en 2020, que cela plaise ou non, la SNCF va devenir chez nous la Société Normande des Chemins de Fer puisque la région, en contre partie du gros chèque de l'Etat a décidé d'expérimenter la prise en main totale de sa compétence transport en tant qu'autorité organisatrice de transports: la région ne se contentera plus seulement de payer un forfait kilométrique à la discrétion de la SNCF pour que cette dernière fasse rouler ses trains sur notre territoire avec le résultat que l'on sait hélas... Désormais, c'est la région Normandie qui va organiser le trafic en fonction des besoins réels des Normands pour établir les horaires, les cadencements, les correspondances, l'animation commerciale, l'innovation billetique mais aussi les convergences modales pour offrir aux Normands le maximum de mobilité en proposant une application numérique spécialisée. Les contreparties sont doubles: la maison cheminote nationale gardera la gestion de ses personnels normands et les finances de la région Normandie prendront totalement en charge l'actuel déficit d'exploitation des grandes lignes normandes avec le pari que ce dernier diminuera vers un retour à l'équilibre avec le retour des Normands dans des trains 100% Normands et de qualité!


 Lire sur Paris-Normandie, l'article suivant:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/modernisation-des-lignes-trains-omneo--sncf-reseau-sur-les-bonnes-voies-en-normandie-KF14556693

Modernisation des lignes, trains Omneo : SNCF Réseau sur les bonnes voies en Normandie

Transports. Le niveau d’investissements atteindra 200 M€ sur réseau normand en 2019, avant la mise en service du fret sur Serqueux-Gisors et celle des trains Omneo.

Cette année, le rythme des investissements sur le réseau normand de la SNCF sera, promet sa directrice Emmanuelle Saura, « aussi soutenu » que l’an passé avec encore 200 M€ dévolus à l’amélioration des lignes et à la préparation des futures rames Omneo.

De cette enveloppe, sera puisée une large part pour la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors, en capacité d’accueillir quotidiennement 25 trains de fret, dès l’été 2020, en plus des convois de voyageurs. « C’est le plus gros chantier de toute la France pour le fret, avec 100 M€ investis en 2019 », souligne le vice-président de la Normandie en charge des transports, Jean-Baptiste Gastinne, évoquant lui aussi la confirmation du « changement de rythme » des investissements initié en 2018.

Année « de bascule », selon Emmanuelle Saura, 2019 sera aussi celle de la mobilisation des acteurs économiques du fret et de la logistique, pour accompagner le développement du port du Havre et ouvrir Serqueux-Gisors à d’autres marchés. Mais elle sera également celle de la préparation de la mise en service en 2020 des nouvelles rames Omneo, avec pour SNCF Réseau l’adaptation des quais de certaines gares, dont Rouen, Caen, Evreux, Bréauté-Beuzeville et Serquigny, des opérations de ripage et de relevage de la voie, les réglages de la caténaire ainsi que l’électrification des faisceaux de remisage sur le site de Sotteville-lès-Rouen, où s’élèvera le technicentre dédié aux rames Omnéo.

« Un point d’alerte »

Des rames, dont la fabrication dans les ateliers de Crespin de Bombardier sera examinée avec d’autant plus de vigilance que le même type de matériel, provenant du même atelier, vient de faire l’objet de sérieuses réserves par les exploitants du réseau francilien. « C’est un point d’alerte », reconnaît Jean-Baptiste Gastinne.

Autre chantier de taille, la poursuite des travaux d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, avec notamment la mise en place d’une passerelle à la gare de Lisieux.

La modernisation de la liaison Le Tréport-Abancourt, le renforcement du tunnel de Nétreville, puis encore le remplacement de traverses entre Brionne et Glos-Montfort, figurent aussi dans la batterie de travaux prévus en 2019 sur le réseau normand, et qui se dérouleront autant que de possible de nuit et le week-end afin de minimiser les retards et la gêne pour les usagers.

C’est du moins la promesse de SNCF Réseau.