Le grand mouvement de réunification normande qui avait débuté, fort symboliquement en 2004, avec l'église catholique par  le retour à la millénaire province ecclésiastique de Rouen avait commencé dans la société civile régionale bien avant la réunification officielle de la Normandie politique et administrative survenue au 1er janvier 2016: il se poursuit encore trois ans après cette date avec un moment important attendu au 1er janvier 2020 avec le retour à l'académie de Caen telle qu'elle existait encore en 1965.

Par principe, nous saluons et encourageons toutes les réunifications normandes à condition de ne pas confondre réunification et fusion...

Ces temps-ci, c'est la Normandie rurale qui achève sa réunification avec la création d'un réseau normand des CIVAM suite à la fusion des CIVAM bas-normands avec les Défis ruraux haut-normands...

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https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/pour-defendre-l-agriculture-et-le-milieu-rural-le-reseau-des-civam-normands-est-lance-KF14556862

Pour défendre l’agriculture et le milieu rural, le réseau des Civam normands est lancé

Agriculture. La Fédération régionale des Civam Basse-Normandie et les Défis Ruraux ont fusionné pour donner naissance au réseau des Civam normands. Interview de sa présidente Sylvie Claes, agricultrice en Seine-Maritime.

Pourquoi cette fusion entre vos deux associations ?

Sylvie Claes : « Celle-ci s’inscrit évidemment dans le processus initié par la fusion des deux ex-régions. Mais elle est logique à d’autres égards : nos structures historiques (les Défis Ruraux ont été créés en 1993 et la Fédération régionale des Civam de Basse-Normandie en 2001) étaient adhérentes du réseau national des Civam*, qui date, lui, des années 1960. L’intérêt pour nous consiste à donner plus d’ampleur à nos actions fondées sur un socle commun de valeur : l’humanisme, l’écologie, l’engagement, l’autonomie, la créativité, la coopération et l’efficacité. Nos associations se sont additionnées et le réseau des Civam normands se structure désormais autour de deux antennes : l’une à Allouville-Bellefosse et l’autre à Vassy, dans le Calvados. Il emploie vingt salariés au total. »

Quelles sont les spécificités de vos actions dans le paysage des organisations agricoles ?

« Nous avons en commun avec l’équipe de Vassy de proposer un accompagnement des agriculteurs au moyen d’échanges entre pairs au sein de groupes thématiques (élevage bovin, ovin, grandes cultures, apiculture, etc.). Celui-ci entend favoriser l’autonomie de décision des adhérents. Autrement dit, les salariés de notre association agissent comme facilitateurs, dans l’esprit de l’éducation populaire : nous formons les agriculteurs, les agriculteurs se forment entre eux par l’échange de pratiques, afin que tous puissent décider leur stratégie en fonction du contexte de leur ferme et des objectifs qu’ils se donnent. D’autre part, notre association n’accueille pas que des agriculteurs. Parce que nous considérons que l’agriculture est une question de société, toute personne désireuse de contribuer au développement de son territoire et de l’agriculture peut nous rejoindre. Le travail collectif s’organise là aussi en groupe thématique : installation-transmission, bois, énergie, agriculture durable, apiculture, circuits courts, éducation à l’environnement... »

« Au service des agriculteurs et des citoyens »

Quelles grandes questions animent aujourd’hui vos travaux communs ?

« Pour les agriculteurs, notre action porte beaucoup sur l’autonomie et la mise en œuvre de systèmes de production viables économiquement et soutenables sur le plan environnemental et social. Les personnes souhaitant devenir agriculteur trouveront chez nous une écoute très attentive, avec une approche globale de leur projet en lien avec les besoins du territoire et leurs aspirations. En matière d’éducation à l’environnement et au développement durable, nous accompagnons les évolutions de comportement au quotidien de tout un chacun, que ce soit dans le cadre d’interventions dans les écoles ou lors de manifestations ouvertes au grand public dans le sens d’une meilleure préservation de nos biens communs : on ne préserve que ce que l’on considère comme un trésor. À l’échelle des territoires, nous souhaitons œuvrer à une agriculture au service des agriculteurs et des citoyens en leur faisant prendre conscience des champs des possibles. Nous accompagnons ainsi, par exemple, les collectivités qui souhaitent approvisionner leurs cantines en produits locaux et de qualité. Là aussi, en adoptant une approche globale, économique, environnementale et sociale. »

(*) - Civam : Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural

Pour connaître l'histoire du réseau des CIVAM:

http://www.civam.org/index.php/les-civam/histoire-des-civam


 Commentaire de Florestan:

L'union fait la force et ce d'autant plus que le principal partenaire des organisations agricoles normandes c'est le conseil régional de Normandie tout autant que la chambre régionale d'Agriculture normande qui n'a, d'ailleurs, jamais été coupée en deux ...