Il y a quelques jours, le Premier ministre a fait connaître la liste de la quarantaine de pôles de compétitivité régionaux qui pourraient poursuivre l'aventure avec un nouveau plan de financement. Or certains pôles ont dû soit se regrouper pour fusionner entre eux, soit disparaître...

La Normandie, grande région industrielle est directement concernée avec un pôle sur la filière automobile (Movéo), la filière de la verrerie de luxe, de la pharmacie et des cosmétiques (Glass Valley et Cosmetic Valley), de la logistique (Novalog), du cheval (Hippolia), de la recherche en biologie et énergies marines (Pôle-mer)  et de la filière de la sécurité numérique (pôle TES).

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La carte ci-dessus nous donne l'état des lieux en 2016 et il était quelque peu préoccupant pour la Normandie au titre de la souveraineté économique ou de l'intelligence territoriale. Concrètement, la Normandie possède très peu de pôles à part entière symbolisés sur la carte par un petit cube:

Nous avions en propre Movéo à Rouen sur la filière automobile et des motorisations, une filière industrielle essentielle mais qui nous est disputée par la région parisienne.

Au Havre, nous avions Novalog le seul pôle en France consacré à la logistique (nous y reviendrons hélas...)

A Caen, nous avions le pôle TES sur les transactions numériques sécurisées, un pôle hautement stratégique d'intérêt national ainsi que le pôle Hippolia, le seul pôle de compétitivité français dédié à la filière équine.

Les autres pôles présents sur la carte sont des activités qui dépendent d'un pôle extra-normand notamment grand-parisiens et bretons (ce qui ne nous surprendra pas...): ces alliances concernaient des filières importantes pour l'économie normande telle que la filière agro-alimentaire qui dépend du pôle breton Valorial (Rennes), la filière de recherche en biologie et énergies marines (Brest) ou encore la filière cosmétique et pharmaceutique qui dépendent d'un pôle basé à ... Chartres!

Le bilan laissé par nos compères socialistes d'une Normandie coupée en deux n'était donc guère brillant si l'on devait raisonner, répétons-le, en terme de souveraineté économique normande.

Malheureusement, en dépit de la réunification et de la mise en oeuvre, justement, d'une politique d'action régionale normande volontariste sur les domaines essentiels et stratégiques du développement économique et de l'innovation par la majorité régionale emmenée par Hervé Morin, la situation s'est aggravée pour la Normandie en raison des choix d'un gouvernement présidé par un ancien député-maire du Havre puisque la Normandie perd deux des quatre pôles de compétitivité qu'elle avait en propre:

1) le pôle NOVALOG consacré à la logistique et basé au Havre... disparaît! Il faut vraiment que les logisticiens normands soient à ce point mauvais pour subir un tel arbitrage de la part d'un ancien député-maire du Havre devenu Premier ministre. A moins qu'il ne faille conclure définitivement que Monsieur Philippe n'a décidément qu'une vision ludique et esthétique, donc parisienne, de sa bonne ville portuaire du Havre. CONSTERNANT!

2) le pôle TES sur les transactions numériques basé à Caen confirme sa fusion avec les pôles numériques breton et ligérien comme nous l'avions déjà dénoncé ici-même:

http://normandie.canalblog.com/archives/2018/09/18/36714386.html

Voir l'article plutôt discret qui en faisait état dans l'édition du 13 février 2019 de Ouest-France (Caen):

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