Avec Pierre Juhel de l'association écologie normande nous avons ici dénoncé l'inepte destruction des barrages de Vézins et de la Roche-qui-boit dans la vallée de la Sélune (Avranchin, département de la Manche) sous prétexte d'appliquer de façon aveugle, autoritaire, discrétionnaire et arbitraire, en un mot, de nous imposer une hypothétique "renaturation" du fleuve au nom d'une écologie punitive jacobine alors qu'il est possible d'envisager des alternatives utiles et concrètes pour conserver ces ouvrages d'art et les barrages de retenue qui permettent une source d'énergie électrique propre d'origine hydraulique qui pourrait aussi permettre de fabriquer de l'hydrogène: la transition énergétique et écologique peine à dépasser le stade des belles paroles d'un Etat central français totalement inefficace sur les questions idéologiques sauf quand il s'agit de relayer, tel un vassal obséquieux, la volonté écologiste de son maître et seigneur de Bruxelles...

IMG_3479-1024x682-854x569

https://actu.fr/normandie/isigny-le-buat_50256/arasement-barrage-vezins-dans-manche-opposants-menacent-saisir-justice_18898869.html

L'alternative hydrogène proposée par Pierre Juhel pour sauver les barrages du Sud-Manche (La Manche Libre, décembre 2017):

ob_37c2b5_juel-001

Voici le dernier coup de gueule de Pierre Juhel que nous publions sur l'Etoile de Normandie:

Les ELUS d' ISIGNY LE BUAT, FACE A LEURS ACTES...!

Notre 200ème article...le voici.

Ce matin, l'un de nos correspondants locaux nous a transmis une copie d'article paru dans Ouest-France relatant la séance du Conseil Municipal d'Isigny le Buat, en date du 28 janvier 2019. Il y eut un débat "houleux" selon le journal, à propos d'une demande d'ENEDIS pour occuper la parcelle communale du Bois-Davy à Vezins, dans le but d'y implanter un socle de pylône pour une future ligne aérienne HT. Il est clair que cette demande n'est que le premier acte d'une scéne de dramaturgie préécrite par nos compères tout puissants d'EDF. Sous couvert de la sacro-sainte règle protectrice de l'Etat en matière d'énergie, on nous emmène vers une tranchée pour le moins "explosive" en utilisant la méthode "douce" bien connue. Le Conseil Municipal d'ISIGNY LE BUAT n'y a pas vu matière à opposition; c'est bien ici que la bât blesse quand on manque de visions technique et politique, sachant au préalable que les populations sont opposées majoritairement à ce démantèlement et que le Maire d'Isigny ne pouvait ignorer puisqu'il fit partie de la fameuse expédition au Ministère en juillet 2017. La première trahison...car il s'agit bien de cela... est ainsi décrite sous la forme d'un spectre d'endormissement fomenté par EDF et avec l'accord de l'Etat bien entendu.

La seconde trahison est beaucoup plus métastasique car elle aboutit généralement à la mort...pas toujours j'en conviens, mais les risques sont exponentiels. Et si nous ne pratiquons pas la bonne thérapie, il en sera fini des barrages et tous les combats auraient alors été menés pour rien. Que voulons-nous en réalité? Notre analyse est sans appel, nous l'avons compris récemment depuis notre passage au Ministère de l'écologie solidaire en janvier dernier, les gens que nous avons en face de nous ne parlent pas le même langage. Leurs réalités du terrain et de l'aménagement de nos territoires sont à l'opposé de nos préoccupations basiques de provinciaux inutiles (sauf pour les élections et les impots). Tel l'ancien régime (aboli depuis 1789), vous pouvez dire ce que vous voulez, mais c'est Moi qui décide.

La question qui se pose à présent, le GRAND DEBAT va t-il servir à modifier cette cantate? Pas si sûr, car EDF a d'autres préoccupations en ce moment, c'est de pousser à une organisation de la future PPE (programmation pluriannuelle de l'énergie) qui lui sera favorable, même à contrario des directives européennes. Ce qui veut dire que nous sommes probablement connectés, sans le savoir, avec des agents "doubles" comme nous l'avions connu à l'époque du KGB ou de la STASI, mais toujours en vigueur, dans le domaine économico-industriel. 

Alors, la question que nous devons nous poser est simple. S'agit-il des saumons que nous devrions sauver ou prendre fait et cause aux petites ou grandes crues ?

NON, ce n'est certainement pas ça qui va sauver les barrages car sur ce point, ces messieurs ont pris du large et vont nous donner une méthode qu'ils considèreront comme infaillible. Nous devrions insister fortement sur le fait que nous nous inscrivons dans cette frange citoyenne qui considère le sauvetage de nos barrages comme étant intimement lié à un projet économique local et de grande valeur. Ce ne sera certainement pas avec le plan "touristes" de la Mazure que nous y arriverons et ce ne sera pas ainsi que la désertification du sud Manche sera stoppée.

Cessons notre candeur ambiante...!

Une fois encore, ne nous laissons pas entrainer dans des réflexions "basiques" et sans issue réelle, soyons pragmatiques, l'Etat providence n'existe plus; tous les frais inhérents à cette destruction seront supportés par la collectivité (et non pas par l'Etat). Les montants, au fil des ans, seront faramineux. Décidément, nous aurions le chic pour nous auto-assassiner. Quant à ces élus d'Isigny Le Buat qui ont voté cette "petite" modif le 28 janvier, je les invite fortement à une introspection profonde sur ces actes. Dans un an, que diront-ils à leurs électeurs si les barrages sont démolis???

Et que diront alors ces 120 élus du sud Manche qui ont signé cette lettre adressée au Ministre en janvier 2018? 

Le GRAND DEBAT actuel semble pourtant vouloir nous tendre une perche salutaire, celle qui permettrait (enfin) de faire émerger une démocratie locale éclairée à propos des projets territoriaux. Celui du Sud-Manche doit impérativement s'y inscrire. 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE

 


Voir, par ailleurs, les propositions d'Ecologie Normande publiées dans le cadre du Grand Débat: