Vianney de Chalus n'a finalement pas un blaze à suivre un chemin de croix jusqu'au bout et il a bien raison... On apprend qu'il démissionne de la présidence de la CCI de Normandie soumise comme toutes les autres CCI de France au passage de plus en plus insistant du rabot de ces messieurs de Bercy, ces jacobins qui tout en nous jouant le pipeau de la décentralisation (voir ici même un billet précédent) font tous les fonds de poches de ces "corps intermédiaires" qu'ils estiment "inefficaces" faute de pouvoir les contrôler directement pour mieux renflouer les caisses d'un Etat central parisien toujours aussi impécunieux!

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https://actu.fr/normandie/caen_14118/20-millions-trouver-emplois-supprimes-president-cci-normandie-demissionne_21789654.html

20 millions d’euros à trouver, emplois supprimés… Le président des CCI de Normandie démissionne

La loi de finances pour 2019 met à mal les budgets des CCI de Normandie : 20 millions d'euros doivent être économisés. Le président a annoncé jeudi 28 février 2019 sa démission.

En terme sportif, on dirait que c’est le money time ! Les CCI de Normandie s’apprêtent à vivre des saisons difficiles : 23 millions d’euros à économiser en trois ans avec pour conséquence des suppressions de postes importantes mais aussi la démission deux ans avant la fin de son mandat du président… Devant ce véritable challenge, jeudi 28 février 2019, les différents coaches des CCI ont annoncé travailler sur un plan d’attaque basé sur un credo, « l’union fait la force ! »

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« J’ai décidé de démissionner »

Après un long exposé des réussites récentes de chacune des cinq CCI de Normandie (Rouen Métropole, Seine Estuaire, Caen Normandie, Ouest Normandie et Portes de Normandie), la nouvelle est tombée. « Comme vous le voyez, il y a de bonnes énergies au sein des CCI de Normandie. C’est bien qu’il y ait de nouvelles têtes », explique très sobrement Vianney de Chalus avant d’annoncer :

Après 15 ans de présidence à la tête de CCI Normandie, j’ai donc décidé de passer le relais et de démissionner.

Il restait deux ans de mandat à celui qui avait déjà géré le « gros coup dur de 2013 qui avait impliqué une réduction des moyens déjà très importante pour les CCI. » La loi de finances de 2019 aura t-elle été le coup de trop pour le « bénévole avant tout qui ne compte pas son temps ni son énergie au services des entreprises de la Normandie. »  ?

Vianney de Chalus ne répond pas clairement à la question, il soutient inlassablement que « c’est bien qu’il y ait des têtes nouvelles. » 

23 millions d’euros à trouver, des suppressions de postes annoncées

« Entre 2013 et 2018 nos ressources ont été divisées par deux, entre 2019 et 2022, elles vont être à nouveau divisées par deux. » Des ressources tirées notamment des taxes mises en place sur les entreprises : « En moyenne 500 euros par entreprise et par an en 2013, sachant que les plus importantes payent évidemment plus que les autres. Cette taxe a donc été divisée par deux et la loi de finances de 2019 annonce une nouvelle division par deux… », a indiqué Vianney de Chalus.  En d’autre terme, pour les chefs d’équipes de CCI, il va falloir s’atteler à trouver entre 2019 et 2022 : 23 millions d’euros.

Conséquence directe : des suppressions de postes. « Un plan de restructuration est en place. Celui-ci prévoit notamment 35 suppressions de postes dont 25 en CCI de Région avec l’arrêt de plusieurs missions, nous accompagnons nos salariés dans ce moment particulièrement difficile », détaille Léa Lassarat, présidente de la CCI Seine Estuaire, qui regrette :

On aurait bien aimé gardé tout le monde mais… on est bien obligé de s’adapter.

À terme, les effectifs à la CCI de région seront ainsi passés de 144 à 74 agents. 

Le coach part mais l’équipe se dit solide !

Chefs d’entreprise avant tout les cinq présidents des CCI répartis sur tout le territoire de la Normandie entendent jouer la carte de l’union. « Notre ADN reste la proximité, nous devons revoir notre organisation pour qu’elle soit mois pyramidale et donc plus transversale. Nous sommes le dernier service public pour les territoires ! » a soutenu Michel Collin, président de la CCI Caen Normandie. « Il faudra trouver de nouvelles ressources, nous en sommes tous conscients, les présidents travaillent donc aujourd’hui notamment pour facturer des services aux entreprises qui hier ne l’étaient pas », a annoncé Vianney de Chalus.

Et de donner l’exemple du « travail colossal » fait par les services des CCI pour l’aide à l’export : « Actuellement ces services sont facturés vraiment peu, les entreprises sont prêtes vu les résultats que cela leur procure à donner plus », a assuré Vianney de Chalus.

Autre exemple encore,  « Nous organisons aujourd’hui des salons très utiles aux chefs d’entreprise ou futurs entrepreneurs avec entrée gratuite, il faudra peut-être revoir ça et passer à 5 euros… », a poursuivi Michel Collin.

L’état des lieux du « chantier économies à réaliser » n’est pas encore terminé mais en plus de ces suppressions de postes ou services à facturer, les CCI ont également annoncé : la baisse du budget des subventions octroyées à des associations ou actions portées par d’autres acteurs et la baisse des budgets liés aux outils de communication.


 

Commentaire de Florestan:

Littéralement pillées et vidées de leur contenu par l'Etat central jacobin et concurrencées par les conseils régionaux qui mènent désormais des politiques publiques plus puissantes en matière de développement économique, notamment en Normandie, on peut réellement s'interroger sur l'avenir d'un réseau consulaire qui remonte à la France de Napoléon 1er. A Bercy, cela semble clair:  la chasse aux consulaires est ouverte! Les CCI si elles veulent survivre et se refonder doivent se régionaliser complètement.

« J’ai décidé de démissionner »