Et voilà! C'est reparti pour un tour... Le manège enchanté du clochemerle Caen vs Rouen, ou l'inverse, revient pour la plus grande jouissance de certains professionnels des passions tristes et médiocres:

Le ressentiment, comme disait l'autre, ment. Mais cela fait toujours plaisir d'avoir toujours raison avec celles et ceux avec qui on aime avoir toujours raison.

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Puisque l'on parle encore, trois ans après le retour officiel à l'unité normande, de remettre en cause l'idée d'unité normande, en l'occurrence, l'idée pourtant évidente de réparer ce qui avait été cassé en 1965, à savoir, l'unité académique normande, on aimerait que les syndicalistes qui s'inquiètent de ce retour à l'unité normande s'intéressent enfin autant aux réalités socio-éducatives d'une jeunesse normande en difficulté que de l'avenir de leurs postes et bureaux à Caen ou à Rouen.

Pourquoi, par exemple, doit-on observer en  2018 que 34% de la population active du département de l'Orne reste toujours... sans diplômes?

Pourquoi n'y a-t-il aucune faculté dentaire en Normandie?

Pourquoi le taux d'illettrisme reste -t-il supérieur à la moyenne nationale en Normandie?

Pourquoi n'y a-t-il toujours pas de facultés d'histoire de l'art et d'archéologie dans les universités normandes?

Pourquoi y a-t-il moins d'antennes de grandes écoles nationales en Normandie que dans les autres académies voisines?

Pourquoi n'y a-t-il plus d'école d'avocats en Normandie?

Pourquoi la Normandie est-ellees l'une des régions de France les moins dotées en emplois métropolitains supérieurs?

Pourquoi laisse-t-on le soin à Ouest-France d'informer les lycéens de l'académie de Caen sur leur orientation et leur avenir professionnel?

Pourquoi laisse-t-on partir chaque année, dans l'indifférence générale, près de 6000 jeunes bacheliers normands ?

Pourquoi un CAP coiffure est-il payé 200 euros de plus pour un premier emploi à Rennes ou Nantes?

Pourquoi les entreprises normandes n'arrivent-elles plus à trouver en Normandie des jeunes compétents et bien formés?

Etc, etc, etc...

A toutes ces questions, on aimerait des réponses!

 Sur Paris-Normandie, on lira les deux articles suivants assortis des commentaires de Florestan (qui n'est pas content):


https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/reunis-a-rouen-les-syndicaux-disent-non-a-la-fusion-des-academies-normandes-OK14695964

Réunis à Rouen, les syndicats disent « Non à la fusion » des académies normandes

Les syndicaux, réunis à Rouen mercredi 6 mars 2019, veulent dire leur opposition au projet de fusion des académies normandes. Une grève pourrait être envisagée à la mi-mars.

« Non à la fusion ! » Réunie devant le rectorat de Rouen, hier après-midi, l’intersyndicale FNEC FP FO (Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle force ouvrière), FSU, CGT Educ’action et Unsa éducation exprimait sa colère. Un peu plus tôt dans l’après-midi, les représentants syndicaux ont quitté le comité technique académique lors duquel le recteur a « dévoilé l’avenir des services des deux rectorats. C’est un vrai dépeçage pour le rectorat de Rouen. Tout ce qui est stratégique sera à Caen », relèvent les syndicats.

Commentaire de Florestan:

C'est faux! la seule prééminence du site de Caen par rapport à celui de Rouen sera celle d'y trouver le bureau du Recteur et son cabinet. Il est prévu d'équilibrer les grands services académiques spécialisés entre les sites caennais et rouennais, à l'instar de ce qui a été fait pour le conseil régional (siège à Caen) et pour la préfecture régionale (siège à Rouen).

Le service public « dégradé »

Début février, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a renoncé au principe d’un seul rectorat par région, sauf en Normandie où la fusion des deux académies a été confirmée pour le 1er janvier 2020. Dans la région, la fusion est expérimentée depuis deux ans ; ce qui joue sur le maintien.

Commentaire de Florestan:

Le ministre a enfin compris qu'on ne pouvait pas exporter ailleurs le modèle fusionnel normand puisqu'il s'agit en Normandie de reconstruire une unité académique qui existait jusqu'en 1965.

Des services vont donc déménager. « Rien que pour la division des personnels enseignants, cinquante personnes sont concernées », détaille Jean-Marc Préel, délégué Force ouvrière. Toutes les modalités de transfert ne sont pas encore connues. Mais « le service public va être dégradé », estiment d’ores et déjà les syndicats.

Commentaire de Florestan:

Le service public va être dégradé nous assure-t-on... Mais qui veut faire le bilan sinon le passif de la division académique normande depuis 1965? Qui? Personne... (sauf nous sur l'Etoile de Normandie).

« Alors que partout en France, des personnels des rectorats jusqu’au ministre, on trouve que ces fusions ne sont pas judicieuses, pourquoi la continuer en Normandie ? », se demande l’intersyndicale.

Commentaire de Florestan:

On se permettra l'injure de demander à des syndicalistes plutôt jacobins et idéologiquement fâchés avec l'idée régionale s'ils sont au courant que la Normandie a retrouvé son unité politique, administrative et territoriale depuis le 1er janvier 2016...

« Les sites de Caen et de Rouen sont maintenus avec leurs effectifs » affirmait le recteur régional, Denis Rolland, le lundi 25 février, après avoir rencontré les personnels des académies de Caen et de Rouen. Mais les syndicats, après la réunion d’hier, sont persuadés qu’à terme, « le but est de rationaliser l’activité pour supprimer des postes ».

Commentaire de Florestan:

On donnera hélas raison aux syndicalistes de s'inquiéter d'une fusion rimant avec restructuration financière si la démonstration n'est pas rapidement apportée qu'il s'agit non pas de fusionner pour fusionner dans le seul but de faire des économies mais qu'il s'agit de reconstruire l'académie de Normandie pour résoudre les graves problèmes éducatifs et de formation qui affectent la jeunesse normande après 50 années passées dans la médiocrité et le manque d'ambition de la division académique...

Avec leurs collègues de Caen, ils devraient décider, aujourd’hui, d’une journée de grève dans les deux rectorats, à la mi-mars.


Lire aussi:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/education/fusion-des-academies-normandes--le-recteur-en-mission-apaisement-DG14651543

Fusion des académies normandes : le recteur en mission apaisement

Denis Rolland, recteur des académies de Rouen et Caen, rencontrait lundi 25 février 2019 les personnels concernés par la fusion des deux entités. Celle-ci doit entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Cette décision suscite toujours l’opposition d’une partie des agents.

À Rouen, des panneaux « Non à la fusion ! » et des huées, selon le récit établi par les syndicats. « Je n’avais jamais vu ça, une telle défiance vis-à-vis de la parole du recteur », détaille Jean-Marc Préel, délégué Force ouvrière, rencontré hier midi à la sortie du siège des services académiques. Durant les heures qui ont précédé, Denis Rolland, « super recteur » régional, a rencontré tour à tour les personnels des académies de Caen et de Rouen pour vanter à nouveau le bien-fondé de leur fusion. Ceci après les annonces du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer qui, début février, renonçait au principe d’un seul rectorat par région... tout en confirmant la réunion des deux académies normandes.

Commentaire de Florestan:

On aura du mal à convaincre des convaincus surtout lorsqu'il s'agit des militants idéologues jacobins de Force Ouvrière qui s'opposent par principe à tout progrès de l'idée régionale. L'exercice sera difficile: démontrer que dans le cas normand, le processus de fusion n'est pas négatif (jacobinisme comptable) mais positif (reconstruire l'académie normande au service d'un projet éducatif normand en fonction des urgences spécifiquement normandes).

« Pas de perte de moyens »

« Nous ne sommes pas une exception », réfute néanmoins Denis Rolland. « Nous rejoignons en réalité un certain nombre d’académies dans leurs modes de fonctionnement, telles que Rennes, Nantes, ou encore Orléans-Tours. » Des zones aux périmètres moins « simples » et bien plus grands, a rappelé par ailleurs le recteur régional, à l’occasion d’une conférence de presse organisée en sus, hier. Exercice au cours duquel ce dernier a reconnu un accueil bien plus mitigé à Rouen qu’à Caen. La question du maintien du siège académique dans l’ex-capitale bas-normande n’y est certainement pas étrangère, mais les syndicats ne comptent pas s’en tenir à cela.

Commentaire de Florestan:

Commençons par dire l'évidence avant de chercher des comparaisons improbables avec les académies voisines qui contrairement à la nôtre n'ont pas été coupées en deux... Il s'agit de reconstruire une académie qui a déjà existé et qui n'aurait jamais dû cesser d'exister.

On entend l'allusion de Thomas Dubois, le journaliste de Paris-Normandie quand il pointe que ça hurle plus à Rouen qu'à Caen. On a envie de rétorquer: le bilan éducatif, en terme de niveau de formation et de diplôme de la jeunesse de la ci-devant académie de Haute-Normandie, c'est quoi?

Quand va-t-on, tant à Caen qu'à Rouen, penser à l'intérêt des jeunes Normands? Doit-on encore rappeler l'ampleur de la catastrophe éducative en terme de niveau d'études, d'accès aux diplômes, d'illettrisme ou de manque d'ambition ou d'opportunité de formation qui sévit de façon endémique en Normandie depuis les années 1980? Doit-on rappeler qu'en raison de cette division académique et malgré la création d'universités à Rouen et au Havre en plus de celle de Caen, la jeunesse normande est passée totalement ou presque à côté du grand mouvement de démocratisation de l'accès aux diplômes de ces quarante dernières années? Doit-on enfin rappeler que l'offre de formation supérieure ou d'excellence demeure toujours incomplète tant à Caen qu'à Rouen ou au Havre et que près de 6000 jeunes bacheliers normands se cassent de notre région sans y revenir pour trouver ailleurs ce qu'ils ne trouvent toujours pas ici? A savoir: des formations d'excellence, les emplois et les rémunérations qui vont avec...

La division académique normande nous a habitué à une certaine paresse intellectuelle voire au confort d'une certaine médiocrité localiste sans vision ni ambition qui a transformé la Normandie en réservoir d'intelligences humaines qui partent à la fin du cycle secondaire construire le futur des territoires voisins de la Normandie.

« Il y a des inquiétudes qui s’expriment aussi à Caen, assure Tewfik Amraoui, lui-aussi délégué FO. En deux années d’expérimentation, on a perdu au total 49 postes sur les académies de Rouen et Caen. Ça, c’est du concret. Ces suppressions vont continuer avec la fusion. » Tout l’inverse, en somme, du message martelé par Denis Rolland hier. La fusion des académies de Rouen et Caen, expérimentée en effet depuis deux ans et qui devra être officialisée le 1er janvier 2020, n’a d’autre but que de « servir aux mieux les élèves et les territoires », insiste-t-il. Un souci que partage le ministère, dont la feuille de route n’est en rien guidée par un impératif d’économies, affirme le recteur normand. Preuve en est, selon lui : les garanties réaffirmées hier devant le personnel.

Commentaire de Florestan: le recteur Rolland est sommé de démontrer clairement qu'il n'est pas un préfet de plus au service du jacobinisme comptable. Il doit nous faire la pédagogie d'un projet normand. Vite!

« Les sites de Caen et de Rouen sont maintenus avec leurs effectifs, rappelle ainsi Denis Rolland. Il n’y aura pas de perte de moyens, nous allons même renforcer la proximité et la qualité du service public. » Par ailleurs, s’il a été convenu que la fusion ne donnerait lieu à aucune mobilité forcée, les régimes indemnitaires des agents - qui pouvaient varier entre Caen et Rouen - « seront alignés par le haut », poursuit le recteur de la future académie de Normandie, évoquant une promesse effective « à l’automne 2019 ». Le coût d’une telle mesure ? « Ce n’est pas le débat », balaie ce dernier, qui préfère « réserver la primeur » de ce chiffre aux représentants du personnel.

Commentaire de Florestan: sur la méthode d'une fusion normande "à la normande", Denis Rolland s'est probablement entretenu avec Hervé Morin qui aura pu l'informer du retour d'expérience de la fusion des deux conseils régionaux qui existaient fort inutilement en Normandie jusqu'en 2016.

Sans parler de cette prime exceptionnelle « significative » (environ 200 €, selon les syndicats) versée fin 2018 aux fonctionnaires académiques en raison « du travail conséquent » fourni dans le cadre de la fusion. « Nous espérons aussi la verser en 2019 », souligne le rectorat.

« Ils comptaient calmer les gens avec cette prime, mais nos collègues ne sont pas dupes, rétorque Jean-Marc Préel. Ce n’est pas ça qu’ils veulent : ils veulent garder leurs postes et stopper cette fusion ! » Réunis en assemblée générale, les personnels mobilisés devaient discuter hier après-midi des « moyens d’action pour faire reculer le rectorat ».

Commentaire de Florestan:

Les syndicalistes c'est une réalité. Les personnels c'en est une autre. Autant l'idée normande pouvait paraître évidente dans les couloirs d'un ou de deux conseils régionaux autant elle paraît exotique dans les couloirs des rectorats où règne sans partage ou presque un jacobinisme ombrageux du moins sur les panneaux d'affichage de la propagande syndicale.

Au lieu de s'opposer frontalement à la fusion, on aimerait que les syndicats de la maison "Education Nationale" en Normandie nous proposent LE PROJET EDUCATIF NORMAND DES SYNDICATS DE L'EDUCATION NATIONALE EN NORMANDIE. La CGT qui dispose d'une confédération interprofessionnelle régionale normande depuis... 1976, pourrait nous proposer quelque chose et nous serions heureux de le publier sur l'Etoile de Normandie!

« Nous aurons toute la liberté »

Préférant voir dans cette contestation la contrepartie logique du débat qui s’est instauré depuis des mois, « c’est à nous de montrer que ces inquiétudes ne sont pas fondées », rassure Denis Rolland.

Commentaire de Florestan:

COMMENT?

Si la fusion doit être actée au 1er janvier 2020, les services académiques auront jusqu’à 2022 pour en peaufiner les « détails ». « Faudra-t-il créer des bi-sites ou à l’inverse des sites uniques ? C’est à nous d’écrire le scénario que l’on va réaliser », sourit le recteur, convaincu que « nous aurons toute la liberté » pour cela. L’ambition affichée, outre une simplification qui s’appréciera avant tout de l’extérieur, reste un regain d’attractivité pour deux académies qui en manquent cruellement chacune de leur côté. « Le pire, assure Denis Rolland, aurait été de revenir sur cette décision. »

Commentaire de Florestan:

Nous avons souligné les évidences, sinon les urgences...

« Le personnel n’y croit pas »

« Le personnel n’y croit pas, car il voit déjà les conséquences de la fusion au quotidien, déplore Tewfik Amraoui. Pour lui, on est clairement dans le même schéma qui s’est appliqué à La Poste ou Pôle emploi. » À savoir des réductions d’effectifs inévitables, à la faveur de fusions et mutualisations de services.
D’autant que les préconisations du rapport Cap 2022 (50 000 fonctionnaires d’État en moins d’ici 2022) ne laissent guère de doutes aux syndicats sur les réelles motivations de cette « simplification » administrative.
Commentaire de Florestan:
Difficile, en effet, de convaincre que l'on veuille construire un projet éducatif résolument normand alors que l'air du temps est au jacobinisme comptable. Si le recteur Rolland tient autant qu'il dit à son projet normand quitte à en faire une exception dans le triste tableau général d'un coup de rabot général décidé du côté de Bercy, il pourra trouver un appui du côté d'Hervé Morin qui pourrait exiger de "son" recteur une implication normande plus grande...
Un « collectif du personnel du rectorat de Rouen » s’est aussi fait connaître auprès des médias, hier, dénonçant les « dysfonctionnements » et la « désorganisation des services administratifs » qu’engendrera la fusion, ou encore « la souffrance et l’épuisement » qui pèseront sur les personnels chargés de naviguer à travers la nouvelle région académique.
Commentaire de Florestan:
C'est un plaisir que de fuir la Normandie en bagnole ou en train pour aller se réfugier en Bretagne ou aux sports d'hiver dès le vendredi soir ou les vacances scolaires venus. Mais cela devient un vrai chemin de croix que de parcourir notre pauvre carpette normande pour y vivre ou pour y travailler. Mais il est vrai que pour rouler vers la Bretagne c'est gratuit mais que rester en Normandie c'est payant: voilà pour les autoroutes. Quant au chemin de fer n'en parlons même pas! Le principal argument du recteur Rolland est, finalement, dans les mains du président Morin: il y a urgence à améliorer très significativement les liaisons ferroviaires entre Caen et Rouen pour en faire une liaison intercités régionale de type RER... Il y a 44 allers-retours quotidiens entre Nantes et Rennes (qui sont dans deux "régions" différentes). Pourquoi pas la même chose entre Caen et Rouen?
Par ailleurs, « cette décision dénote une rupture d’égalité de traitement des personnels de ces deux académies et de leurs usagers vis-à-vis de toutes les autres académies mises à l’écart de la fusion », dénonce le collectif.
Commentaire de Florestan:
Armand Frémont et sa générosité intellectuelle et lucide nous manque ici cruellement: il nous aurait expliqué combien la division normande a détruit un "espace vécu" autrefois commun puisque le retour à un espace vécu commun normand est vécu comme "une rupture d'égalité de traitement". Bref! la Normandie serait à les entendre un moyen médiéval de les punir...
En attendant, ce sont les jeunes Normands privés d'avenir qui sont punis...
... depuis 1965!