Madame Poussier-Winsback maire de Fécamp et vice-présidente régionale en charge du tourisme a présenté, ce 6 mars 2019, à Sainte-Adresse la nouvelle politique régionale pour le nautisme normand.

Voilà encore un dossier qui illustre, une fois encore, le paradoxe normand sinon le dilemme: la Normandie et les Normands sont plein de talents mais à ne pas savoir quoi en faire faute de bénéficier, pendant trop longtemps au niveau territorial pertinent, des politiques publiques efficaces avec les moyens qui doivent aller avec pour porter les talents et les ambitions d'un Nautisme normand qui n'en manque pas compte tenu de l'histoire maritime de la Normandie et des opportunités que l'on trouve sur les 640 km du littoral normand, de la baie du Mont-Saint-Michel à l'embouchure de la Bresle au Tréport.

Ce que l'article à lire ci-dessous ne dit pas (puisque écrit par une journaliste obnubilée par la Bretagne), c'est que la Normandie, toutes activités économiques confondues ayant un lien direct ou indirect avec la mer est, de fait, LA PREMIERE REGION MARITIME DE FRANCE pour avoir sur notre littoral l'ensemble des activités possibles et imaginables en lien avec la mer: du maillot de bain au porte-conteneur en passant par la pêche, la conchyliculture, la recherche et l'innovation, la construction navale, la marine militaire, le transmanche, les énergies et, bien entendu, la voile et le nautisme, activités ludiques et sportives plus médiatiques et "sexy" qu'un porte-conteneur géant ou un docker cégétiste pour faire briller le désir de la mer dans les yeux d'un grand public qui n'habite pas au bord de la mer et qui ne la connait que pendant les grandes vacances de l'été...

A ce jeu de dupes médiatique, les Bretons et les Vendéens ont pris depuis plus de 40 années quelques longueurs d'avance sur les trois autres grandes régions littorales françaises ayant une tradition maritime forte: la Normandie, le Pays Basque et la Provence.

Ainsi, comme d'habitude, faute d'avoir eu à temps une Normandie réunifiée, les Normands ont éparpillé leurs énergies, talents et initiatives sans véritable concertation et vision d'ensemble: sans préjuger de la qualité de telle ou telle initiative, bien au contraire, il y a urgence à coordonner une filière régionale normande du nautisme car la Normandie a un potentiel immense qui pourrait être porté par son magnifique patrimoine maritime.

Car le Nautisme normand a de solides atouts:

1) Un événement de voile sportive de haut niveau assez bien médiatisé: la transat Jacques Vabre sur la route du café au départ du port du Havre.

2) Un Centre Régional du Nautisme à Granville unique en son genre qui délivre déjà les formations initiales indispensables pour devenir skeaper pro.

3) Un plan d'eau exceptionnel par sa beauté, sa variété et ses exigences techniques: la côte Ouest du Cotentin et l'archipel des îles anglo-normandes; la côte d'Albâtre et ses falaises et la proximité de l'Angleterre avec l'art difficile de réussir une transmanche...

4) Un patrimoine et une histoire maritime pour le moins stimulant qui pourrait faire naviguer nos skeapers normands dans le Monde entier. Avec une mention spéciale pour la magnifique aventure humaine de courage et de solidarité que fut la grande pêche à la morue de Terre-Neuve que Madame Poussier-Winsback connaît bien avec les ports normands de Fécamp et de Granville, aventure maritime que les Normands partagent avec les Bretons et les Basques (cf. les couleurs du blason de Saint-Pierre-et- Miquelon)...

départterreneuve

Et puisqu'il s'agit de relancer le nautisme normand, notamment à Granville où les élus locaux sont sensibilisés (voir ci-après le dossier proposé par la Manche Libre), nous proposons la création d'un événement nautique qui n'existe pas encore dans le calendrier des grandes courses au large médiatiques: alors que les courses sont dominées par des valeurs de concurrence et de compétition générant une course à l'innovation technique et à la finance qui tend à réduire l'être humain à un facteur parmi d'autres dans la réussite ou l'échec d'un exploit sportif, il nous semble que les valeurs de l'air du temps sont passées à autre chose ou plutôt sont en train de revenir à ce que nous n'aurions jamais dû abandonner: l'humanisme.

Au lieu d'une énième transat ou tour du monde pour aller le plus vite possible en super-héros solitaire insomniaque dans une machine volant à x noeuds au dessus de la houle océanique à la recherche de l'impossible "orthodromie" coinçé devant une batterie d'ordinateurs tout en faisant de la pub à des albatros des 50ème hurlants qui n'ont que faire d'une tranche de jambon...

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NOUS PROPOSONS AU CONTRAIRE LA TRANSAT EN SOLIDAIRE VERS TERRE-NEUVE, ST PIERRE-ET-MIQUELON, LA MADELEINE, L'ACADIE DEPUIS UN PORT NORMAND HERITIER DU GRAND METIER (Granville ou Fécamp)

Tous les ans à tour de rôle (Granville ou Fécamp) cette course en équipage partirait aux dates du départ des anciennes goélettes morutières (fin de l'hiver début du printemps) avec un projet AUTANT SPORTIF QUE SOLIDAIRE: la qualité du projet sportif et du projet solidaire serait évaluée pour déterminer l'équipage vainqueur.

Le Marité pourrait être le bateau comité de cette course à son départ de Granville ou de Fécamp.

marité

 


 Lire l'article ci-dessous:

Message à Marion Loubet journaliste auteur de cet article: il est FAUX de dire que les Normands ne sont pas vraiment marins!

https://actu.fr/normandie/havre_76351/nautisme-nouveau-plan-nautique-normandie-pourra-concurrencer-bretagne_21893578.html

Avec son nouveau plan nautique, la Normandie pourra-t-elle concurrencer la Bretagne ?

Mercredi 6 mars 2019, la Région Normandie a présenté son plan nautique normand, à Sainte-Adresse, près du Havre. Sans budget précis, le but est d'impulser une nouvelle dynamique.

Sans être citée clairement, la Bretagne a souvent été évoquée, mercredi 6 mars 2019, lors de la présentation du nouveau plan nautique normand, à Sainte-Adresse, au Havre (Seine-Maritime).

Avec ses 640 kilomètres de côtes, ses 35 ports et ses 40 000 licenciés nautiques, la Normandie n’a pas à rougir. Malgré la présence de la Transat Jacques-Vabre au Havre (Seine-Maritime), de la Solitaire du Figaro à Dieppe et des skippers normands qui enchaînent les titres, la Normandie est loin de représenter une terre de nautisme auprès du grand public.

Lire aussi : Voile. Les skippers de Normandie pourraient-ils détrôner les Bretons ?

« Chacun travaille dans son coin »

La Région Normandie a alors effectué un grand diagnostic pour essayer de comprendre pourquoi. « Nous avons identifié des atouts et des faiblesses », souligne Marie-Agnès Poussier-Winsback, vice-présidente en charge du tourisme et de l’attractivité à la Région Normandie et en charge d’élaborer le plan nautique normand. 

Pour elle, les nombreux acteurs normands du nautisme « fonctionnent trop en silo » :

Tout le monde fait beaucoup de choses, mais chacun travaille dans son coin, que ce soit la voile, le kayak, la plongée… Et personne ne sait ce que fait l’autre. Aujourd’hui, nous devons travailler tous ensemble, jouer collectif et être capable de proposer des offres diversifiées. 

Car selon Marie-Agnès Poussier-Winsback, « les gens veulent désormais faire un jour du kayak, un jour de la voile, un jour du paddle… Et nous avons les moyens de le faire ! »

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Une filière qui se structure

L’élue régionale en est convaincue, mais aussi Francis Le Goff, directeur de la Ligue de voile de Normandie : « Nos clubs doivent choisir une voie différente que le tout sportif en proposant d’autres offres pour le public touristique. »

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De son côté, Michael Dodds, le directeur de l’Agence d’attractivité de Normandie, qui a travaillé neuf ans en Bretagne, souligne que c’est la filière toute entière qui doit se structurer :

Quand une personne voit un kitesurfer de la plage et a envie d’essayer, nous devons pouvoir lui proposer cette activité rapidement. Mais ce n’est pas si simple, il faut que toute la filière soit structurée.

Les Normands, pas vraiment des marins

Ce diagnostic met aussi en avant que les Normands se sont encore trop peu appropriés les activités nautiques. Pour y remédier, la Région veut financer un cycle de 12 heures d’initiation pour les lycéens et apprentis.

L’objectif est également d’attirer les passionnés de nautisme, et notamment les Parisiens. « Au lieu d’aller naviguer à La Trinité-sur-Mer ou à Marseille, il faut qu’ils viennent chez nous ! », souligne Gildas Gautier, le directeur du port du Havre, qui remarque une part croissante de Parisiens dans le port du Havre.

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Un pôle d’excellence au Havre comme à Port-la-Forêt ?

Enfin, la Région veut évidemment soutenir les sportifs de haut niveau et faire émerger un pôle d’excellence un peu comme le pôle « Finistère course au large » de Port-la-Forêt, en Bretagne. « On a tout ce qu’il faut ici au Havre, assure Marie-Agnès Poussier-Winsback. Mais il faut faire émerger l’image de marque. »

Pour ce faire, la Région s’est notamment engagée à hauteur de 540 000 euros auprès du skipper Alexis Loison, qui navigue sur un Figaro aux couleurs de la Normandie pour les saisons 2019/2020.

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Ce nouveau plan nautique se veut donc ambitieux, même si pour l’heure il n’y a pas de budget défini. « Nous venons en appui, au cas par cas, aux côtés des Départements, des intercommunalités, des communes, des ligues sportives… avec des aides financières, mais aussi des soutiens en communication par exemple. C’est vraiment difficile de donner un budget global », souffle Marie-Agnès Poussier-Winsback.

La Normandie n’a pas vraiment à rougir de son dynamisme maritime, mais elle est encore loin d’être à la hauteur de la Bretagne. Ce nouveau plan normand pourrait-il changer la donne ?


 Lire aussi et surtout le dossier proposé sur le même sujet par La Manche Libre au sujet des nouvelles ambitions souhaitées par la base nautique de Granville (23 février 2019):

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