Le nouveau site caennais du Fonds Régional d'Art Contemporain de Normandie a enfin été inauguré officiellement après bien des péripéties dans les anciens bâtiments classés MH du couvent de la Visitation et son cloître du XVIIe siècle du côté de la rue Caponière.

L'inauguration fut faite en présence du ministre de la Culture Franck Riester, du président Morin, du maire de Caen Joël Bruneau et de Bernard Millet le président du FRAC Normandie Caen.

Nous ne reviendrons pas dans ce billet sur la juste polémique ouverte ici même sur l'utilité de la notion (concept?) d'art dit "contemporain" car nous devons d'abord laisser sa chance à toute naissance...

Le FRAC est donc enfin ouvert à Caen et nous souhaitons vivement qu'il le soit vraiment aux créations des artistes Normands de notre temps  quelles que soient leurs orientations esthétiques, techniques ou idéologiques car nous prenons le mot "contemporain" non pas dans son sens idéologiquement étriqué mais dans son acception étymologique.

Si un FRAC pouvait enfin nous démontrer que l'art contemporain n'est pas seulement ce nihilisme esthétique militant quasi officiel subventionné par l'Etat ou une machine de guerre fiscale à l'usage de quelques nababs internationaux trop riches pour payer des impôts, alors nous en serions très reconnaissants à l'équipe qui va diriger ce bel outil d'aménagement culturel de notre territoire...

Bonne chance!

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Lire ci-après la lettre du discours prononcé en cette occasion par Bernard MILLET:

Bernardmillet


 

Comme Bernard Millet nous invite dans son propos inaugural à l'art critique de l'art, poursuivons:

Dans un récent article en ligne du Journal des Arts (voir le lien ci-après) , on se félicite entre consanguins que la valeur des 32000 œuvres de FRAC sur le marché international, se situe entre 5 et 10 fois leur prix global d’acquisition.

Bravo les fonctionnaires de l’art ! Vous ne connaissez rien à l’art, ni à sa valeur intrinsèque ou vraiment artistique, mais vous avez du pif pour ce qui est des tendances à la hausse sur les  grands circuits  mercantiles  de l’inepte.

Bravo, vous êtes de bons serviteurs de l’Etat, dont vous rempliriez les caisses de la culture, si ces œuvres, dont la valeur à décuplé,  pouvaient être revendues sur le réseaux de la grande spéculation en rond…Mais hélas, elles sont , comme on dit  « inaliénables », c’est-à-dire interdites de vente.

Impossible donc d’en  récupérer la plus value, et cette interdiction est cruelle, quand on sait que dans dix ou vingt ans tout cela ne vaudra plus un clou ou,  au mieux ,  un dizième du prix d’acquisition comme l’avait déclaré l’ex-directeur de la Foire de Bâle.

Voici , par exemple, ce « spaghetti-man » (voir ci-dessous) de McCarthy, acheté  13 OOO euros en 1994 par le FRAC de Montpellier, et dont l’équivalent a été récemment vendu trois millions de dollars aux enchères Sotheby’s ou Christie’s… Vous imaginez tout ce que la DRAC pourrait faire pour aider les artistes à valeur durable, locaux ou nationaux, avec le prix de la vente de cette misérable petite couillonnade, si elle avait le droit  refourguer celle-ci à François Pinault !

Parmi les mesures à envisager dans le cadre du «  grand débat », il faudrait celle qui autoriserait la remise en urgence sur le marché, de la majeure  partie rigolo-conceptualo-bidulaire de la collection des FRAC… La  manne ainsi obtenue permettrait de réhabiliter cette part de 90 % de la création régionale contemporaine au sens strict du mot et qui est systématiquement disqualifiée et dévalorisée depuis 40 ans par les actions conjointes  du Ministère, de la fracosphère et du marché spéculatif.

https://www.lejournaldesarts.fr/creation/tout-savoir-enfin-sur-les-collections-des-frac-143239

spaghettiman