Alors que la Normandie est souvent présentée, à juste titre, comme la 3ème région française pour l'industrie aéronautique avec une filière qui a su s'organiser efficacement en conséquence, on apprend que le directeur général de Safran prend à témoin la presse pour souligner, non sans agacement,  comment il est "en butte à la complexité administrative... et au manque d'alignement  entre des intervenants pléthoriques...".

L'actuelle révolte des départements contre la loi NOTRe qui leur a retirés les compétences économiques pour les attribuer aux régions, contribue à ce désordre déstabilisant pour le choix des entreprises. Ceci est une leçon pour la Normandie qui n'échappe pas à ce problème quand bien même le conseil régional avait pris l'initiative d'une authentique politique d'intelligence économique normande.

Que cette alerte soit l'occasion de souligner la place de Normandie AéroEspace (NAE), ses 20 000 salariés en Normandie, ses 6 MD€ de chiffre d'affaires. NAE est l'excellence de la technique et de l'implication économique dans le développement de la Normandie. Au moment où Safran envisage d'implanter deux unités à l'étranger, il est essentiel de revendiquer et de mettre en valeur son implantation normande.

 

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Le constructeur doit ouvrir  deux nouvelles usines. Mais à cause des complexités administratives françaises, il pourrait les implanter à l'étranger.

https://www.rtl.fr/actu/conso/aeronautique-safran-a-du-mal-a-s-implanter-en-france-7797109994

 

PUBLIÉ LE 04/03/2019 À 08:11

 

C'est l'histoire d’un leader mondial dans l’aéronautique, l’électronique et la défense. Il est français. Il réalise un parcours sans faute : 21 milliards de chiffre d'affaire, 3 milliards de bénéfices et des contrats à n’ne plus finir. Cette entreprise s’appelle Safran.
Pour poursuivre son développement, elle veut construire deux nouvelles usines en France. Une pour des pièces techniques en 3D. L’autre pour fabriquer des éléments en carbone. Les plans sont prêts : il faut recruter 300 personnes et 300 millions d'euros de budget sont mobilisés. Il s’agit évidemment d’emplois de qualité dans un secteur d’avenir, ce qui n'est pas si fréquent. On devrait donc tous se réjouir. Mais l’affaire est mal emmanchée…

Car le directeur général de Safran vient de reconnaître devant les analystes financiers qu’il devra peut-être installer ces deux unités de production à l’étranger, où on lui fait la danse du ventre avec force subventions à l’appui. Et ce n'est pas à cause du coût du travail, de la faiblesse de notre espace industriel ou des "gilets jaunes".


Cette affaire aéronautique "mal emmanchée" n'est que l'énième épisode d'une bien inquiétante série qui démontre l'absence de stratégie ou d'intelligence économique au plus haut sommet de l'Etat tant pour des raisons culturelles ou expérimentales que pour des raisons idéologiques:

 

Emmanuel Macron énarque passé par la haute banque d'affaires parisienne spécialisée dans le bricolage de multinationales est la caricature qui révèle le problème: le patriotisme industriel ou, plus objectivement, la préservation d'une base de souveraineté stratégique industrielle nationale indispensable au maintien d'une certaine puissance de conviction pour la "voix de la France" dans le Monde ou en Europe, lui est totalement étranger. Pis! Il se bat contre cette idée  qui correspond, pourtant, à quelques urgences concrètes pour lui préférer la chimère d'une souveraineté économique et industrielle européenne qui n'existe pas. Et c'est ainsi que le ministre Macron a laissé les Américains de Général Electric prendre le contrôle de la fabrication des turbines Arabelle d'Alstom qui équipent nos sous-marins et notre porte-avions...

 

Cette semaine, l'hebdomadaire Marianne a décidé de frapper fort sur ce sujet essentiel avec un dossier complet introduit par un éditorial de Natacha Polony plutôt percutant (Marianne, n°1147 du 8 au 14 mars 2019):

 

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