"Jeune bergère", le documentaire de Delphine Détrie est passé récemment dans le circuit des salles de cinéma d'art et d'essais de Normandie aussi rapidement qu'un grain de Noroît ou une giboulée de mars et c'est bien dommage car le sujet tout comme les lieux démontrent que tomber amoureux ou amoureuse (dans le cas qui nous intéresse ici) de la Normandie, cela fait fondamentalement du... bien!

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Mais... à condition de comprendre qu'un Horsain au féminin doit résister à la rude présence de ses voisins agriculteurs qui n'acceptent pas que leur vieux monde à l'agonie puisse retrouver vie avec l'enthousiasme d'une jeune bergère de Paris qui a décidé qu'elle sauverait de la disparition la race du mouton à tête noire de l'Avranchin!

Lire, ci-après, la critique, plutôt bonne, proposée par Le Monde:

https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/02/27/jeune-bergere-une-eleveuse-contre-vents-et-marees_5428768_3246.html

« Jeune bergère » : une éleveuse contre vents et marées

La documentariste Delphine Détrie dresse le portrait d’une jeune femme installée dans le Cotentin avec 180 moutons.

Par Clarisse Fabre publié le 27 février 2019 à 07h38

Il était une fois dans l’Ouest (de la France) une bergère. Parisienne, trentenaire, reconvertie dans l’élevage bio. Filmé comme un western, dans les prés salés du Cotentin où paissent les troupeaux en quasi-liberté, Jeune bergère, premier long-métrage documentaire de Delphine Détrie, est le portrait fiévreux d’une éleveuse qui tient tête et n’a pas froid à ses yeux soulignés de khôl. Les ennemis guettent et le film montre comment ce rêve se heurte à la dureté d’un monde agricole et de ses règles archaïques.

La bergère, Stéphanie Maubé, est une ancienne graphiste qui a eu le coup de foudre pour la nature normande. Après un an dans un lycée agricole, puis des stages chez des éleveurs, elle s’est installée avec son fils et ses 180 bêtes. Acteurs secondaires : les voisins, parfois mal intentionnés, le conseiller en gestion, calculette à la virgule près, les visiteurs de la ferme, solidaires mais de passage. Stéphanie Maubé a cinq ans pour prouver que son entreprise est rentable. Que la « dotation jeune agriculteur » dont elle bénéficie est bien utilisée.

Pendant plus d’un an, la réalisatrice a filmé les péripéties et les ciels changeants de l’aventure : de la bergerie « pouponnière », où naissent les agneaux, à la gendarmerie, où elle porte plainte quand on lui vole une brebis. Le film est plus puissant et poétique que ne le laisse supposer la bande-annonce, avec sa musique de mélodrame et ses extraits. Stéphanie Maubé a eu l’intelligence de développer un élevage naturel (ses moutons mangent de l’herbe, et non des céréales) apte à revivifier un territoire : la laine de qualité alimente des filatures en voie de perdition. L’apparition de deux jeunes filles en stage signale une éclaircie : la bergère n’est plus seule. Mais elle ne vit pas encore de son métier : elle aurait besoin d’agrandir son troupeau, mais elle perd souvent les arbitrages qui favorisent les gros éleveurs.

Ce choix d’un élevage en liberté est risqué. Les prés du Cotentin (ndlr: du havre de Saint-Germain-sur-Ay) appartiennent au domaine public maritime et les différents troupeaux cohabitent en pâturage collectif. Les renards rôdent… Mais l’essentiel est ailleurs : le but de Stéphanie Maubé est d’amener les bêtes à une quasi-autonomie, sur ces prés salés qui côtoient la Manche. Quitte à ne plus en revoir certaines. Ce rituel de la traversée est l’une des plus belles scènes du film.

Pour voir la bande annonce:

https://www.youtube.com/watch?v=Pr9yMIDjMVk

COUP DE COEUR de l'ETOILE de NORMANDIE

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