... Qui pratique le JACOBINISME COMPTABLE, c'est-à-dire le massacre à la tronçonneuse financière du service public de la Santé sur des territoires dont l'espace vécu (pour reprendre la notion chère à Armand Frémont) ne correspond pas à celui pratiqué par les haut-fonctionnaires technocrates de Bercy!

Le cas pathétique de la maternité de Bernay qui est fermée ce jour sous prétexte de sécurité malgré plus de 300 actes en 2018 était traité sur les ondes de la matinale de France Culture ce 11 mars 2019:

https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/fermeture-de-la-maternite-de-bernay-en-normandie-tout-un-pan-du-service-public-sen-va

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Fermeture de la maternité de Bernay, en Normandie : tout un pan du service public s'en va

En 20 ans, la moitié des maternités a fermé en France. Il n'en restait que 498 en 2018 selon un rapport de la Cour des comptes. Les dernières sur la liste sont la maternité du Blanc, dans l'Indre et la maternité de Creil, dans l'Oise. À Bernay, dans l'Eure, une commune de 11 000 âmes en Normandie, la maternité fermera officiellement vendredi 15 mars, sur ordre de l'Agence régionale de santé mais plus aucune femme ne pourra accoucher dès lundi 11 à 8 heures. 

Un centre périnatal de proximité prend le relais

Depuis près d'un an, l'association Liberté, égalité, proximité, qui rassemble des citoyens et du personnel de santé, se bat pour que le service reste ouvert. Mais la direction ne fera pas marche arrière et a déjà prévu l'ouverture d'un centre périnatal de proximité où les femmes, enceintes ou non, pourront consulter des gynécologues, des sages-femmes, un psychologue et participer notamment à des ateliers de préparation à l'accouchement.

Le centre ouvrira dans les actuels locaux de la maternité. Les travaux dans le nouveau service dédié n'ont pas commencé à temps. Les opposants l'occupent depuis décembre pour tenter de repousser la fermeture de la maternité.

Les femmes devront faire jusqu'à 58 minutes de route pour accoucher. En cas de complications, la vie de la mère et de l'enfant sont en danger. - Sarah Feraud, infirmière à la maternité et membre de l'association.

Les opposants ont déposé une requête en référé au tribunal administratif pour la suspension de la fermeture. Le tribunal devrait rendre sa décision lundi 11 mars. "J'ai accouché ici, raconte Claire Bourdillot, déléguée Force ouvrière et infirmière depuis 17 ans à l'hôpital de Bernay. J'ai fait dix minutes de voiture avec des contractions, ce n'était pas facile alors imaginez-vous plus d'une demi-heure, voire une heure. Et si c'est une urgence, il faudra attendre presque le double, le temps que le Samu arrive." Les cas extrêmes représentent selon l'association moins de 10% des accouchements.

Autre point qui inquiète les opposants, la façon dont seront accueillies les femmes en cas d'urgence à l'hôpital. "Il n'y aura pas d'anesthésiste de garde, ni de chirurgien viscéral, même si les urgentistes ont une formation en accouchements inopinés, si le bébé se présente mal. Ce sera difficile de faire une césarienne." 

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Des formations de médecins urgentistes en cours

Du côté de la direction, on assure que les médecins urgentistes ont reçu des formations et qu'une prochaine est prévue pour le mois d'avril. "Les femmes qui ont des complications n'accouchaient déjà pas chez nous, une maternité de niveau un, et faisaient déjà ces kilomètres pour être reçues à Lisieux ou à Evreux. Il n'y a jamais eu de souci", explique la directrice, Nathalie Horn. 

Les opposants ne comprennent pas. Il n'y a jamais eu d'accident à la maternité où 500 femmes ont accouché en moyenne chaque année depuis dix ans. "Nous avons bien travaillé, nous devons être fiers de nous, rétorque la cadre sage-femme, Isabelle Baptiste, à la tête du service depuis neuf ans. Mais il est temps de s'arrêter, c'était compliqué de recruter du personnel. Nous étions en tension, avec de nombreuses heures de garde. Nous savons que nous avions des difficultés."

C'est en revanche difficile pour tout le monde de voir ce service fermer. Toutes les parties s'entendent sur ce point. L'hôpital de Bernay est le premier employeur de la ville. La maternité actuelle, composée de quinze chambres, existe depuis 23 ans. Elle a été rénovée en 2007.  De nombreux membres du personnel hospitalier y sont nés, comme les petits enfants du maire, Jean-Hugues Bonhamy. Il est contre cette fermeture. Pour lui, c'est encore un symbole de la mort à petit feu du service public de proximité, dans les campagnes.

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