BILLET de FLORESTAN

Sur l'antenne matinale d'une radio nationale, une paléoclimatologue française membre du GIEC s'agaçait de l'indifférence des politiques et de l'irresponsabilité des grands décideurs économiques face à la confirmation scientifique de l'urgence du changement climatique par réchauffement (effet de serre provoqué par le rejet de gaz carbonique lié aux activités humaines) associé à une crise écologique majeure (pollutions et perte massive de biodiversité):

Ce n'est pas la première fois qu'il y a une crise majeure de la sphère biologique terrestre dans la très longue histoire de la Vie (qui se poursuivra bien après nous tous), ces crises étant provoquées, soit par des facteurs externes (forte variation de l'activité solaire à l'origine du rythme millénaire climatique entre glaciation et réchauffement, impact avec un astéroïde provoquant, par exemple, la disparition des dinosaures), soit par des facteurs internes (éruption volcanique, tremblement de terre, raz-de-marée, modification des courants marins, incendies de forêt, surexploitation d'un biotope par une espèce animale trop dominante).

Mais la nouveauté radicale de l'ère géologique actuelle qui a été baptisée du nom d'anthropocène c'est qu'une espèce animale, en l'occurrence notre humanité forte de 7 milliards d'individus et bientôt 11, est suffisamment devenue puissante par sa pression sur les biotopes et par ses activités innombrables et incessantes pour devenir, à elle seule, l'une des forces de la Nature capable d'avoir des effets sur l'ensemble de la planète. Or, contrairement à tous les autres éléments naturels et autres espèces vivantes, nous savons ce que nous sommes et nous savons ce que nous faisons:

Les dinosaures ne savaient qu'ils étaient en train de disparaître. Nous si...

En dépit d'une contestation climatosceptique qui baisse pavillon face à l'évidence d'un changement climatique non pas provoqué comme autrefois par une variation de l'activité solaire mais par l'explosion de la quantité de gaz carbonique dans l'atmosphère, la réalité du changement climatique par réchauffement s'impose dans les consciences: la fameuse courbe en forme de crosse de hokey observée suite aux carrotages réalisés dans la glace de l'Antarctique et qui, après des milliers d'années d'une stabilité relative (300 parties par million), révèle l'envolée du taux de gaz carbonique à partir des premières années de la révolution industrielle anglaise à la fin du XVIIIe siècle, a frappé les esprits, notamment à l'occasion du célèbre documentaire diffusé dès les années 2000 par l'ancien vice-président américain Al Gore...

Bref! les causes on les connaît et l'on commence à voir les conséquences:

Les climatologues de toute la planète réunis dans le collectif du GIEC nous alertent régulièrement depuis plusieurs années déjà. Ils viennent de nous rappeler que le changement climatique a débuté et qu'il est irréversible (en raison de la formidable force d'inertie des océans) mais il est, néanmoins, possible d'en amoindrir les effets en limitant le réchauffement. Pour l'instant, nous allons tout droit vers +1,5°C de plus en 2030 et si nous ne continuons à ne rien faire comme aujourd'hui nous aurons dépassé les 2°C en 2100: il faut donc agir dès maintenant pour baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Et la Normandie là-dedans?

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/heula-ca-chauffe-mini-docu-qui-parle-du-dereglement-climatique-normandie-1598193.html

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Le changement climatique aura des conséquences normandes. Nous en voyons déjà les prémices:

1) Risque de submersion marine accru sur nos côtes lors de la conjonction entre tempête et grande marée.

2) Risque accru d'épisodes météorologiques extrêmes: canicule estivale, périodes de sécheresse plus marquée, précipitations plus irrégulières (cela ne veut pas dire pour autant qu'il pleuvra moins en Normandie) sans parler de coups de Suroît ou de Noroît encore plus forts...

3) Modification du biotope normand avec des essences d'arbres qui commencent à souffrir: quid de l'avenir des clos-masures cauchois et de leurs majestueuses futaies de hêtres? Quid du maintien du pommier, arbre emblématique de la Normandie? Arrivée d'espèces exotiques invasives qui colonisent rapidement les biotopes normands: on pensera, par exemple, au frelon asiatique ou à certains insectes qui remontent vers le Nord puisque les périodes gélives sont moins fortes et moins longues (ex: la pyrale qui dévaste les buis de nos jardins)

Il y a d'autres conséquences que vous avez, vous aussi, constaté et que j'oublie ici: nous voyons tous collectivement que la météo se détraque et que chaque mois, des records de température ou de précipitations sont battus au point que l'expression "valeur normale de saison" perd son sens...

Les solutions normandes au changement climatique proposées par Erik Frétel auteur d'un documentaire

NORMANDS FORTS ET VERTS  illustré par nos amis d'Heula:

https://www.facebook.com/watch/?v=1523371624475513

EN REVANCHE EN MATIERE DE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE LES ELUS DU CONSEIL REGIONAL ESTIMENT NE PAS AVOIR CHAUD AUX FESSES!!!

Lire la brève suivante parue dans la Lettre Eco Normandie (n°1613 datée du 15 mars 2019).

C'est ahurissant!

EcoloonsenfoutLEN1613