Elle s'en va!

Bon débarras!

Mais on craint déjà de connaître celui ou celle qui lui succèdera à l'Hôtel-Dieu de Rouen...

Visiblement, le jeu des chaises musicales vient de reprendre au pays des fusibles et les chaises subitement déplacées grincent en frottant sur les parquets de la République: Madame Buccio s'en va donc à Bordeaux remplacer la casquette partie remplacer celle qui a fait défaut du côté de la préfecture de police de Paris.

On ne connait pas le nom de celui ou de celle qui aura la délicate mission d'ouvrir ou non en Normandie la chasse au Morin dans la perspective des prochaines échéances électorales (municipales en 2020 et surtout les régionales en 2021) pour le compte de l'actuel gouvernement encore présidé par un certain Edouard Philippe.

En tout cas, la valse des préfets se poursuit pour la Normandie et on a pris l'habitude de mesurer l'intensité de l'intérêt de l'Etat pour notre région au tempo de la valse des préfets:

Les Normands lucides et responsables trouveront que le tempo de la valse des préfets imposée à la Normandie par l'actuel gouvernement Macron-Philippe est trop rapide pour penser et mettre en oeuvre les grandes politiques publiques sur le territoire normand. Rester deux ans dans son poste alors que le président de région a été élu par les citoyens normands pour un mandat de cinq ans, voilà une désinvolture inadmissible de la part de l'état central pour la Normandie qui est une région d'intérêt national en raison de la présence chez nous du premier système portuaire maritime national avec la vallée de la Seine et le littoral normand.

Désinvolture d'autant plus grande à l'égard d'une collectivité territoriale normande qui a été systématiquement écartée par l'actuel gouvernement des enjeux les plus essentiels pour notre avenir régional comme, par exemple, la question de la gouvernance portuaire ou la question de l'apprentissage.

Mais aussi: désinvolture irresponsable de l'Etat central régalien abandonnant les ports normands à quelques semaines d'un Brexit qui s'annonce plus complexe que prévu!

En outre, l'Etat fait preuve de légèreté avec l'esprit de la loi NOTRe votée en 2015 qui affirme le principe d'une responsabilité partagée du préfet de région et du président de région pour conduire le destin régional dans le cadre de la République: si le mandat d'un président de région dure cinq ans, alors il faudrait qu'un préfet de région puisse rester aussi cinq ans dans sa fonction. Ce serait là un progrès important de l'Etat de droit en France pour qu'il ne soit plus instrumentalisé par le pouvoir exécutif en raison d'urgences politiciennes...

Enfin, le départ inopiné de Madame Buccio de la préfecture régionale normande pose aussi la question de la désinvolture de l'Etat central jacobin vis-à-vis de l'avenir, incertain, de la métropole de Rouen dont les enjeux sont aussi essentiel pour l'avenir même de la Normandie: en l'état, la métropole de Rouen ne peut se passer de l'Etat puisqu'il faut rappeler que la métropole de Rouen est le siège de l'Etat en Normandie.  La mutation du préfet de région un an avant des élections municipales qui s'annoncent passablement compliquées à Rouen, est un mauvais signal envoyé à la métropole normande qui n'avait vraiment pas besoin de ça!

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https://www.ouest-france.fr/normandie/la-prefete-de-normandie-nommee-en-nouvelle-aquitaine-6282165

Fabienne Buccio, préfète de Normandie a été nommée préfète de Nouvelle Aquitaine, en conseil des ministres, mercredi 27 mars 2019.

Le conseil des ministres de ce mercredi 27 mars 2019 a nommé Fabienne Buccio, préfète de Nouvelle-Aquitaine, préfète de Gironde et préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.

Elle remplace Didier Lallement, nommé la semaine dernière préfet de police de Paris après le limogeage de Michel Delpuech.

Fabienne Buccio, 59 ans, était préfète de Normandie et de Seine-Maritime depuis mars 2017.

Dans sa carrière, elle a fait plusieurs passages par la Normandie : directrice de cabinet du préfet de l’Orne ; sous-préfète à Bayeux et préfète de l’Eure (2009-2011) Elle a également travaillé au cabinet de Jacques Chirac à l’Élysée.

Avant d’arriver en Normandie, elle était préfète en Pas-de-Calais gérant notamment la crise de la « jungle » de Calais.

Son successeur à Rouen n’a pas été annoncé ce mercredi.