Après une quinzaine de jours de printemps qui nous a fait croire que l'été était arrivé en Normandie, voici que, depuis peu, l'hiver revient brutalement reprendre ses droits:

On connait en Normandie comme ailleurs le proverbe "en avril ne te découvre pas d'un fil" et les gelées tardives d'avril (celles que l'on peut craindre jusqu'aux saints dit "de glace" du début du mois de mai), font des ravages dans les arbres fruitiers qui fleurissent plus précocément en raison du changement climatique. 2019 sera-t-elle une nouvelle année sans pommes en Normandie?

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Il a neigé sur les hauteurs du bocage Virois ce 3 avril 2019: ici devant l'entrée du zoo de Jurques...

Mais il y a, hélas, une autre urgence: c'est que ce retour inopiné de l'hiver se fait au moment précis où la trêve hivernale pour les expulsions prend fin...

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/caen-on-peut-s-attendre-voir-beaucoup-familles-dormir-ce-mercredi-soir-1649484.html?fbclid=IwAR1w2JNNsfRB1FAJ9Oto47pyqlYw-2Zvu_LNE3RJzYgi0qnCu8bRrXAT9hc

À Caen, “on peut s'attendre à voir beaucoup de familles dormir dehors ce mercredi soir”

Dans le Calvados, la trêve hivernale est levée ce mercredi 3 avril et les foyers d'hébergement d'urgence ferment leurs portes. À Caen, un grand nombre de familles ont bénéficié de ces structures cet hiver. Et vont se retrouver à la rue ce soir.

Avec quelques jours de décalage par rapport au reste du territoire français, la trêve hivernale est levée dans le département du Calvados ce mercredi 3 avril. Les locataires peuvent de nouveau être expulsés en cas de loyers impayés et les centres d'hebergement d'urgence ferment leurs portes. Ce mercredi matin, dans le quartier de la Pierre Heuzé à Caen, les familles qui avaient passé la nuit au centre Vanier devaient quitter les lieux vers 10 h 30. Mais en milieu de matinée, le départ n'avait toujours pas eu lieu, le 115 tentant de trouver des solutions.

Car selon l'ACSEA, l'Association calvadosienne pour la sauvegarde de l'enfant à l'adulte, qui gère le centre, la situation est particulièrement critique cette année. "Depuis plusieurs années, il y a un certain nombre de familles qui se retrouvent à la rue à la fin de la trêve hivernale", explique Antoine Binet, membre de l'association, "Mais cette année c'est vraiment inédit. Il n'y a jamais eu autant de familles qui n'auront pas de solution à la fin de la trêve hivernale. C'est très très inquiétant. On peut s'attendre à voir beaucoup de familles dormir dehors ce soir"

Des enfants malades

Selon l'ACSEA, 108 familles différentes ont été hébergées au centre Vanier depuis début novembre. Dans la nuit précédant la fermeture du centre, ce sont près de 80 personnes, originaires d'Europe de l'est et d'Afrique, dont "38 enfants mineurs", qui ont été hébergées dans le quartier de la Pierre Heuzé. "La DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale) a fait le choix de réduire drastiquement le nombre de nuitées en hôtel proposées par le 115", déplore Antoine Binet, "plusieurs familles ont des enfants en bas âge, là il y a une petite de 9 mois, il y a des enfants qui sont malades à qui malheureusement aucune solution n'est proposée."

Les 80 personnes hébergées cette nuit au centre Vanier ont finalement quitter les lieux en fin de matinée. Une vingtaine de familles devraient dormir dehors ce mercredi soir. Selon les prévisions de Météo France, le mercure devait tourner autour de 3 degrés au coeur de la nuit.


 Commentaire de Florestan:

A 2 heures 16 du matin, alors que nous écrivions ce billet, l'affichage météo de mon ordinateur indiquait 1°C.

Si les départements qui ont à leur charge l'essentiel de la politique publique de proximité et de solidarité, se voient contraints de réduire la voilure des centres d'hébergement d'urgence ou de stopper leurs investissements dans des programmes de logements très sociaux c'est parce que des haut-fonctionnaires, payés 14000 € net par mois du côté de Bercy, ne cessent de nous faire les poches à commencer par la réduction continue de la Dotation Générale de Fonctionnement mise à disposition des conseils départementaux et des autres collectivités territoriales par la loi de Finances votée chaque année par la majorité des parlementaires qui soutiennent encore un gouvernement... trop jacobin!