Contrairement à ce que croyait le piteux Alain Le Vern, les ci-devant Bas-Normands ne sont pas ces boulets roulant dans la bouze, plus pauvres que les ci-devant Haut-Normands et votant indécrottablement à droite depuis... Guillaume le Conquérant!

On se souvient du plus minable argument de ce sinistre personnage qui consistait à dire que le retard économique et social des ci-devant Bas-Normands obligerait à une forte augmentation des impôts des ci-devant Haut-Normands en cas de réunification: cet argument foireux alla même se nicher dans l'un de ces nombreux rapports de prospective pondu par le CESER de la ci-devant Haute-Normandie dont le classement vertical accroît notoirement le risque d'incendie dans les bureaux du site rouennais du conseil régional de la Normandie heureusement réunifiée.

On peut parler, en effet, d'un effet positif de la réunification sur l'économie régionale normande et cet effet positif semble de faire sentir davantage dans la partie occidentale de la Normandie que dans sa partie orientale pourtant plus urbanisée et plus densément industrielle que sa partie ouest.

Pourquoi?

La raison est à chercher du côté d'une réalité socio-industrielle différente entre la Normandie populaire salariale de l'Ouest marquée par la présence dominante de petites et moyennes entreprises ou par des entreprises artisanales et la Normandie populaire salariale de l'Est, notamment celle de la vallée de la Seine marquée par la présence de grandes structures industrielles privées et publiques héritées de la période "fordiste" de l'histoire économique (années 1950/1980).

D'un côté, un modèle industriel plus individualiste, de proximité, local et plus réactif quant à la conjoncture avec des donneurs d'ordres encore présents sur place dans les villes moyennes de cette Normandie du bocage.

De l'autre, un modèle industriel plus collectif, encadré, notamment par les centrales syndicales nationales avec des grands donneurs d'ordres de l'Etat ou de grands groupes privés étrangers à la région, qui n'habitent pas en Normandie (ils sont tous à Paris, sauf exception) ce qui pose le problème de l'absence d'attractivité métropolitaine de Rouen (attirer les cadres) ou le problème du renouvellement en terme de niveau de formation et de salaires du bassin ouvrier du Havre:

Disons les choses clairement, l'ex Haute-Normandie mais aussi les plus grandes villes de l'ex Basse-Normandie (par exemple: Lisieux) paient encore aujourd'hui la trop forte spécialisation dans le "Fordisme" industriel qui n'avait pas comme ambition l'élévation du niveau de formation des salariés ni même celle des salaires: cette Normandie de l'emploi industriel facile à trouver n'existe plus et on a envie de dire, tant mieux. A condition de faire un effort plutôt colossal et suivi dans les prochaines années de formation de la population active normande qui tombe ainsi dans la trappe du chômage.

La réunification de la Normandie bouleverse les perspectives et offre des moyens inédits d'action comme un nouveau cadre intellectuel qui permettent, enfin, de sortir d'une certaine routine, voire d'un  manque d'ambition confinant au défaitisme et à la résignation face aux réalités économiques et industrielles:

Il y a, en ce moment, un réveil industriel normand basé sur l'innovation technologique et la valorisation de savoir-faire de haute qualité, réveil savamment alimenté et conduit par le nouveau conseil régional normand qui déploie des politiques publiques d'intelligence économique plutôt inédites qui donnent de bons résultats.

L'objectif est de faire en Normandie ce qui a été fait dans les cantons suisses, la Lombardie, la Bavière ou en Vendée: un territoire entrepreneurial au tissu serré, plutôt solidaire et résilient et qui exporte largement à l'international en profitant de la grande notoriété mondiale de la Normandie.

Ce nouveau modèle économique régional commence à très bien marcher dans l'Ouest normand mais aussi dans quelques territoires périphériques de la métropole rouennaise (on pensera à la Communauté d'agglomération Seine-Eure) ou encore dans la vallée de la Bresle autour du flaconnage de luxe.

Cependant, Caen est encore dans une situation intermédiaire avant de devenir, dans un avenir qu'on espère proche, une technopole universitaire et scientifique branchée sur les innovations liées à la révolution numérique et sur la recherche-développement médicale en lien avec le GANIL.

La question de l'avenir économique et industriel se pose, en revanche, au Havre car la rente des industries liées au pétrole est une rente dont on voit la fin se rapprocher: la seule solution est de remonter toute la chaîne de valeur de l'activité portuaire et logistique du grand port maritime comme ce qui a été fait à Anvers, Rotterdam et Hamburg, villes portuaires où la logistique est devenue une... science avec ses laboratoires de recherche.

Reste la question rouennaise dont le bassin d'emploi concentre 25% des salariés Normands: le renforcement du potentiel logistique du port, la consolidation d'un pôle national dans l'assurance, le développement du pôle de recherches médicales du CHU Charles Nicolle ou le rayonnement international du technopôle du Madrillet qui a fait de Rouen la capitale mondiale des motoristes et des futures mobilités sont des signes encourageants.

Mais il manque encore l'essentiel: que le patronat rouennais le soit vraiment!

Là encore, la réunification de la Normandie peut servir à une certaine prise de conscience: en témoigne, le parcours fulgurant d'un Jean-Louis Louvel, le roi, très normand, de la palette...

« PGS mise à part, je me concentre sur la Normandie, ma région. Depuis la réunification, j’en suis retombé amoureux. »

Jean-Louis Louvel

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https://www.ouest-france.fr/sport/rugby/federale1/jean-louis-louvel-du-rugby-la-mairie-de-rouen-6092170

 

A lire dans la dernière édition de la Lettre Eco de Normandie (12 avril 2019):

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