Pour quelle raison morale ou intellectuelle nous n'aurions pas le droit d'ironiser sur les créations et les initiatives de ces professionnels de l'ironie conceptualo-bidulaire qui se prennent pour des artistes?

Puisque ces nouveaux dévots et autres tartuffes sont à ce point attirés par les vestiges de l'aura religieuse et surnaturelle de nos vénérables architectures religieuses normandes autrefois dressées vers Dieu pour que leurs bidules incertains et incongrus puissent enfin prétendre au statut d'oeuvre d'art, on se permettra de les ignorer superbement pour réserver notre contemplation à ce qui le mérite vraiment: ces pierres qui malgré toutes les guerres, les révolutions et toutes les désinvoltures du soi-disant progrès moderne s'obstinent à témoigner d'une autre dimension pour expliquer le monde que la raison instrumentale ou le nihilisme déconstructeur...

Donc, pour une fois, on va aimer leur art officiel conceptualo-bidulaire, heureusement éphémère, car ces nouveaux dévots permettent enfin que soit ouvertes des églises caennaises qui sont ordinairement fermées au public:

La magnifique et pure nef romane du XIe siècle de l'église Saint-Nicolas est donc ouverte à tous le temps de ce festival nommé "interstices" (qui rappelle ce que l'on trouve dans les interstices des trottoirs urbains: de belles mauvaises herbes mais aussi des crottes de chien) tout comme la très romantique ruine de l'ancienne église de Saint -Etienne-le-Vieux connue de tous les spécialistes d'architecture médiévale du monde entier pour une voûte nervurée à très faible flèche datant du XVe siècle qu'il sera enfin possible de voir jusqu'au 12 mai prochain...

églisedésacralisée

Quant aux gugusses qui pendent des sacs en plastique aux arcs en plein ceintre ou qui fond monter des ronds de fumée jusqu'à la voûte en confondant l'encens avec le canabis on se permettra de les ignorer non sans remercier la jeune fille ou le jeune homme qui ne manquera pas d'être commis bénévolement ou non par les organisateurs officiels de ce soi-disant festival à l'ouverture et à la fermeture de ces lieux autrefois spirituels:

Peut-être que des vocations vont ainsi naître non par pour l'art contemporain mais pour l'art sacré dans une époque où les profanations de lieux de culte chrétien tendent à se multiplier...

Mais quand il s'agit d'églises "désacralisées" et de professionnels internationaux bien rémunérés de la profanation conceptualo-bidulaire, tout est permis ou presque!

Pour en savoir plus:

https://festival-interstice.net/

Voir aussi:

https://fr.aleteia.org/2015/09/13/decouverte-12-eglises-abandonnees-mais-magnifiques/