La région et ses réalités, on s'en fout! surtout dans l'Education Nationale dont le logiciel autoritaire jacobin centralisé ne permet pas d'apprécier les variations de la réalité sociale, économique, culturelle voire identitaire de nos territoires.

Cela vaut à tous les étages de l'institution plongée désormais dans une réforme permanente qui est aussi une crise permanente: les enseignants et les directeurs d'établissement (sauf exception bien entendu) méconnaissent le fait régional, voire, s'en méfient pour des raisons idéologiques qui limitent la curiosité intellectuelle qu'ils sont censés mettre en oeuvre pour le bien des élèves.

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Mais aux étages supérieurs, c'est pire: les logiques bureaucratiques sinon comptables écrasent tout, à commencer par la pédagogie elle-même (qui fait actuellement l'objet d'un dévoiement quasi orwellien). Alors, dans ces conditions, la prise en compte des réalités régionales fait office de 5ème roue du carrosse...

Une fois encore, la Normandie pouvait encore faire exception: dans ce paysage en ruines de la confiance dans la République, la fusion régionale normande correspond à un service authentique de l'intérêt général des populations sur un territoire régional évident dont le potentiel est encore essentiel à l'avenir de la France.

La Normandie reste encore la seule région de France où la réflexion est allée la plus loin entre le service public national de l'Education et de la formation et un conseil régional avec une vision globale, cohérente des besoins et des enjeux pour assurer l'avenir d'une population active régionale et d'une économie régionale pouvant s'articuler avec les grands objectifs éthiques justifiant officiellement le service de l'Education Nationale...

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Sauf que le pacte de confiance est rompu.

Comment, en effet, mettre en oeuvre une politique publique régionale éducative de moyen ou de long terme, en partenariat avec un conseil régional volontariste en ce domaine stratégique pour l'avenir même de notre région si les interlocuteurs de l'Etat en région ne cessent de changer?

Alors qu'Hervé Morin est président de la Normandie depuis 2016 tout en étant assuré de l'être encore jusqu'en 2021 (voire au-delà si le peuple des citoyens normands le veut bien), le préfet de région aura changé trois fois et le ou les recteurs tout autant...

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Quoiqu'on en pense, Hervé Morin avait trouvé en la personne de Denis Rolland le recteur idéal pour faire en sorte que le retour à une académie normande unique (depuis le rectorat de Caen) soit surtout la possibilité de mettre en oeuvre un plan éducatif normand tant les urgences socio-scolaires sont grandes: ce plan se nomme "Normandie apprenante". On espère qu'il ne sera pas mis de côté dans on ne sait quelle armoire du Rectorat de la rue Caponière à Caen.

Disons-le clairement: Denis Rolland, cet historien universitaire d'origine normande (il est du Cotentin) a été viré comme un malpropre sous prétexte de n'avoir pas réussi à faire passer la fusion académique normande comme une lettre à la poste avec un agenda contraint sans grain à moudre.

Fusionner des ressources humaines "à la Marommix" ce n'est pas possible: il faut du temps et quelques moyens financiers pour établir la confiance indispensable des agents pour mettre en oeuvre un projet régional d'intérêt général... sans arrières pensées.

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Lire la Chronique de Normandie (n°582  20 mai 2019):

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