Pour sortir du match Macron vs Le Pen qui dure finalement depuis la présence systématique de l'épouvantail de la boutique Lepen au second tour d'une élection présidentielle dans le but de faire élire par défaut le candidat du "système".  Cette martingale consistant à mettre la droite républicaine sous pression idéologique a été inventée par François Mitterrand en 1986 à l'occasion des premières élections régionales avec un scrutin largement ouvert à la proportionnelle. Après 2002, 2007 et 2012 (avec un Nicolas Sarkozy contraint de chasser sur les terres du Front national pour se faire élire ou paraitre au second tour) mais surtout après 2017, on a tout lieu de craindre... 2022!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_%C3%A9lections_pr%C3%A9sidentielles_fran%C3%A7aises_(Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique)

Hervé MORIN qui craint qu"Emmanuel Macron ne finisse comme Matéo Renzi en Italie a bien raison de craindre le match retour Macron vs Lepen en 2022: il y a urgence à reconstruire la droite républicaine française (tout comme la gauche d'ailleurs si Bernard Cazeneuve est réellement intéressé par cette aventure...).

Reconstruire d'accord. Mais comment, avec qui et pour quoi faire?

Hervé Morin propose que la droite française expérimente enfin ce qui ne l'a pas été suffisamment jusqu'à présent à savoir:

une alternative authentiquement girondine et démocratique au centralisme technocratique parisien car nous n'avons jamais oublié Charlotte CORDAY!

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  Lire cet entretien d'Hervé Morin accordé au journaliste du Parisien (1er juin 2019):

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Alexandre Sulzer - Le Parisien: Vous avez accepté de vous rendre mardi prochain à la réunion initiée par Gérard Larcher pour reconstruire un projet de la droite et du centre. Pourquoi ?

Hervé Morin : Je n’ai pas simplement accepté cette réunion, je l’ai souhaitée. Bien avant le scrutin, je faisais partie de ceux qui voulaient que quelqu’un puisse avoir l’autorité pour mettre autour de la table celles et ceux qui sont éloignés aujourd’hui de la maison de la droite et du centre. Il faut se remettre en question et bâtir un schéma qui permette de durablement redresser le pays et dans lequel on puisse incarner une alternative.

L’objectif est de construire un nouveau parti politique ?
Est-ce que ça doit prendre la forme d’un parti ? D’une confédération de partis, comme pouvait l’être l’UDF du temps de sa splendeur ? Ou simplement d’une plate-forme politique ? Cela fait partie des questions. Pour ma part, j’en parlerai au sein des instances de mon parti, Les Centristes.

Mais quelle est votre position à vous ?
Je pense qu’il faut aller vers un modèle qui soit, dans un premier temps, confédéral. Aller au-delà serait aujourd’hui compliqué. Gérard Larcher est la bonne personne pour être le pilote de cette structure collégiale dans la mesure où on ne lui prête pas d’ambition présidentielle. Sur le fond, la droite et le centre doivent être capables de s’adresser, par un projet politique nouveau, à la totalité des Français. La droite n’est pas simplement identitaire. Elle est aussi capable d’être écolo, urbaine, populaire.

C’est-à-dire qu’elle peut être tout ce que Laurent Wauquiez n’incarne pas ?
Il ne faut pas que l’on rentre dans des combats de personnes. Le sujet, c’est créer les conditions de la collégialité, du rassemblement et recréer un discours politique dans lequel tout le monde puisse se retrouver.

La confédération que vous appelez de vos vœux peut-elle se faire avec Wauquiez à la tête de LR ?
Je ne suis pas LR. Je vais leur laisser le soin de régler cette histoire entre eux. Moi, je n’ai eu aucun souci durant la campagne européenne avec son discours sur l’identité européenne. Mais notre propos ne peut pas se résumer à cela.

Les personnalités de votre famille politique qui ont soutenu LREM, comme Jean-Pierre Raffarin, ont-elles vocation à participer à cette confédération ?
Je souhaite que l’on n’exclut personne. Il faut dire aux Français qu’il y a une autre alternative à Macron et Le Pen, une alternative à une gestion du pays centralisée et technocratique d’une part, une alternative à un discours populiste de l’autre. On ne la bâtira qu’en mettant tout le monde autour de la table, quels que soient les parcours parfois un peu sinusoïdaux des uns et des autres.

Peut-on vraiment représenter une alternative à Emmanuel Macron au centre alors que lui-même y mord allègrement ?
Je pense, et c’est une différence que j’ai avec Laurent Wauquiez, que l’alternative se fera dans un spectre politique qui sera relativement proche de celui de Macron. Les Français veulent une économie sociale de marché. Mais une élection présidentielle, c’est d’abord un homme. Or, je pense qu’Emmanuel Macron souffre d’une image profonde d’insincérité pour les Français.

Vous parlez d’incarnation. Comment justement désigner le candidat de votre famille politique à la présidentielle ?
Il faudra une primaire ouverte. Nous avons des hommes et des femmes de talent largement capables d’incarner une alternative.
 
Interview accordée samedi 1er juin au quotidien Le Parisien