L'Etoile de Normandie vous informe que l'édition 2019 de la "fête de la Bio" le grand rendez-vous annuel festif et studieux des acteurs de la filière de l'agriculture biologique qui est le véritable avenir de l'agriculture normande, n'en déplaisent à certains professionnels du combat d'arrière garde, aura lieu à Vains, les 15 et 16 juin prochains au pied des prés salés de la Sélune avec une vue imprenable sur le Mont-Saint-Michel!

Bienvenue donc au pays de François Dufour! (l'élu historique de la confédération paysanne en Normandie et conseiller régional écologiste)

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 https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/il-est-toujours-vert-francois-dufour-sort-sa-retraite-retrouve-conseil-regional-1389741.html

 

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On nous fait aussi savoir que les jeux et sports traditionnels normands seront en démonstration à cette occasion...

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 Par ailleurs, on apprend que la Région Normandie va financer pour 475 000€ un plan de sortie du glyphosate par l'expérimentation de solutions agronomiques alternatives à l'utilisation des pesticides chimiques...

Agriculture : tester des alternatives au glyphosate

Le 24 mai 2019

Dans le cadre du plan expérimental "Glyphosate Normandie 2021", un appel à candidature est lancé jusqu’au 1er juillet 2019 auprès des exploitants agricoles qui souhaitent expérimenter des alternatives à l’usage des herbicides à base de glyphosate. 475 000 euros seront mobilisés par la Région sur deux ans dans ce cadre.

50 exploitations agricoles accompagnées sur 2 ans

L’Union européenne a prolongé l’autorisation d’utilisation du glyphosate jusqu’au 31 décembre 2022. Toutefois, les pouvoirs publics français affichent une volonté d’interdire son utilisation au-delà de 3 ans.

Afin d’anticiper au mieux cette probable fin d’utilisation de ce produit phytosanitaire, la Région Normandie en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Normandie, ont décidé de travailler conjointement à l’élaboration d’un projet expérimental. L’idée est de trouver des agriculteurs volontaires pour tester des projets expérimentaux alternatifs avec l’appui de techniciens et d’évaluer ce qu’apporte la réduction de glyphosate d’un point de vue économique et environnemental sur une exploitation. C’est aussi l’occasion de promouvoir de nouvelles pratiques agricoles.

50 exploitations agricoles seront retenues à l’issue de l’appel à candidatures « Contrat de transition : Glyphosate Normandie 2021 ».

Elles seront accompagnées sur deux ans dans le cadre d’un contrat de transition :

  • sous forme d’une aide forfaitaire de 80 € / ha dans la limite d’un plafond de 8000 euros pour chaque exploitation
  • par un conseiller spécialisé d’une structure habilitée par la Région Normandie pour la réalisation d’un audit stratégique global via la sollicitation du dispositif régional « Conseil Agricole Stratégique et Economique » (financement de la prestation de conseil à hauteur de 80 % dans la limite de 1 500 euros) ;

En contrepartie, les exploitations retenues devront s’engager à :

  • réduire l’usage du glyphosate à compter de la campagne culturale 2019-2020 (1er septembre 2019 au 31 août 2020)
  • supprimer totalement l’usage du glyphosate sans substitution par un autre herbicide de synthèse à compter de la campagne culturale 2020-2021 (1er septembre 2020 au 31 août 2021)
  • réduire l’Indice de Fréquence de Traitement (IFT) herbicides
  • utiliser des techniques alternatives à l’usage des herbicides de synthèse comme méthode de substitution ;
  • diversifier l’assolement avec un minimum de 4 cultures différentes à compter de la campagne culturale 2020-2021 ;
  • ne pas détruire les surfaces en prairies permanentes ;
  • partager et valoriser son expérience avec d’autres agriculteurs par la mise en place de démonstrations, de visites et/ou de témoignages pendant une période minimale de 3 ans.

Le glyphosate en Normandie

Le glyphosate est un produit phytosanitaire herbicide systémique, agissant au niveau foliaire : son utilisation est associée à la lutte contre les graminées (vulpins et ray-grass) ou de vivaces (chiendent, rumex, chardon) présentant parfois des résistances à d’autres solutions chimiques plus ciblées.

Il représente environ 4,5 % de la quantité de substance active commercialisée e Normandie et se classe au 6ème rang des produits les plus vendus avec près de 79 tonnes de substance active. A titre de comparaison, en France, il s’en vend chaque année environ 9 000 tonnes et 700 000 tonnes dans le monde.


Glyphosate "national"... Cliché personnel pris en passant à pied sur une petite route du département de la Manche (30 mai 2019):

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Néanmoins, certains pensent que le verdissement de l'agriculture normande projeté par l'actuelle majorité régionale normande dirigée par Hervé Morin n'est pas assez général ou volontariste: il faut pourtant laisser du temps au temps pour permettre la sortie du plus grand nombre d'exploitants agricoles du système conventionnel vers les modèles agricoles labellisés, notamment le bio. Mais pas trop de temps non plus car la crise de la biodiversité s'aggrave et il devient urgent de lancer la transition écologique agricole!

A terme, c'est toute l'agriculture normande qui doit entrer en transition "biocale" (à la fois biologique et locale) pour offrir une qualité inégalable au meilleur prix sur un marché alimentaire devenu mondial.

Lire cet article plutôt critique à l'égard de la politique agricole régionale normande proposé par Le Pouple, média normand d'investigation:

https://www.lepoulpe.info/lagriculture-normande-a-la-sauce-morin/

L’agriculture normande à la sauce Morin

Entre un productivisme assumé et une oreille plus que bienveillante à l’égard de la puissante FNSEA, la collectivité régionale a chamboulé la politique agricole. Exit l’environnement, place au business et à la quantité.

Par yves deloison | 21 mai 2019

La région Normandie laboure désormais le terrain du productivisme agricole. Au moment où son homologue bretonne dit vouloir tourner le dos à l’agriculture intensive pour en finir avec les dégâts sur les écosystèmes et les paysages, l’exécutif normand parle compétitivité et performance.

Rien de très étonnant au vu des propos que tenait le centriste Hervé Morin pendant la campagne des régionales 2015. Alors tête de liste UDI-Les Républicains, il affichait la couleur : la Normandie devait construire une filière agroalimentaire puissante pour gagner des marchés à l’export et devenir « le garde-manger » de la France. En revanche, les aspects environnementaux étaient absents du discours.

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Hervé Morin et sa vice-présidente chargée de l’agriculture, Clotilde Eudier

Logiquement, cela s’est traduit en actes après l’élection.« Quand Morin est arrivé, il a voulu faire table rase du passé », observe Laurent Leray, porte-parole de la Confédération Paysanne (Conf’) de Normandie. Notamment sur ce que l’on appelle le 2e pilier de la PAC (Politique agricole commune) et son volet aménagement et environnement, le PDR (Programme de développement rural).

Celui couvrant la période 2014-2020 avait été établi par chacune des régions avant l’arrivée au pouvoir, en 2015, de l’ex-ministre de la Défense. « Notre PDR avait pour objectif d’ouvrir le métier aux néo-ruraux et de développer productions locales et circuits courts », argumente François Dufour, conseiller régional EELV d’opposition, ex-vice-président à l’agriculture de Basse-Normandie. « Jusque-là, les aides devaient participer à la transition agricole ou à l’amélioration des pratiques », se souvient également Laurent Leray.

«  La politique agricole était sous-dimensionnée, surtout en Haute-Normandie », selon la FRSEA

À son arrivée, le président Morin a voulu changer de braquet en privilégiant le développement. De quoi satisfaire les leaders agricoles qui étaient montés au créneau pendant la campagne pour dénoncer des critères qu’ils jugeaient trop contraignants. « Les politiques régionales divergeaient entre nord et sud. La politique était sous-dimensionnée, surtout en Haute-Normandie. On finançait beaucoup l’environnement, jamais le développement. Tout était très plafonné et théorique », avance Arnold Puech d’Alissac, patron de la fédération régionale des exploitants agricoles de Normandie (FRSEA). Malgré sa volonté et son activisme, Hervé Morin n’a pu faire évoluer le PDR qu’à la marge. « Tout était déjà validé par l’Europe », explique François Dufour.

Hervé Morin a néanmoins donné des gages aux chambres d’agriculture, tenues par le syndicat FRSEA. Selon une source proche de la majorité, « l’organisation fait la politique agricole de la région ». « Hervé Morin a fait sauter certains verrous et supprimé des programmes qui marchaient très bien », estime François Dufour. Et de citer, par exemple, le contrat de transmission, un dispositif pour inciter les paysans à s’orienter vers une transmission hors cadre familial.

Autre changement, les critères d’attribution d’aides dans le cadre des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) ont été assouplis. « Sur la partie investissement, beaucoup plus d’exploitations ont accès à l’enveloppe sans nécessité d’être plus vertueux pour autant », affirme François Dufour. Selon lui, le budget a été consommé en trois ans au lieu des cinq prévus : « Pour éviter l’asphyxie, les critères initiaux ont donc été rétablis en 2017. » 

De son côté, l’exécutif actuel dément et évoque un trou financier laissé par les majorités précédentes. « Il manquait 15 millions d’euros, s’agace Clotilde Eudier. On n’a pas fermé les robinets en cours de route mais faute d’argent, il n’y n’aura plus de MAEC à l’avenir. Pour les aides aux agriculteurs en bio, l’État a dit ne plus vouloir en donner pour le maintien. L’agence de l’eau Seine-Normandie a proposé de compenser la suppression. » 

Peu d’enthousiame pour soutenir le bio 

Depuis son arrivée au pouvoir, la majorité ne montre pas un enthousiasme débordant sur cette question. En juin 2017, le plan « Je mange normand au lycée » ne prévoyait aucun objectif chiffré en matière d’approvisionnement des établissements en denrée bio.

« Les industriels ont plaidé de manière explicite pour quelque chose de simple… », souffle une source proche du dossier. Par « simple », il faut comprendre un dispositif qui soit le moins contraignant possible pour le secteur agroalimentaire. Il a fallu la montée au créneau de l’élu écologiste Claude Taleb pour que le plan intègre un amendement prévoyant « d’augmenter significativement la part des produits normands sous signe de qualité », notamment les denrées issues de l’agriculture biologique. Une avancée notable même s’il n’était toujours pas fait mention d’un quelconque objectif chiffré, à l’inverse de ce que pratiquent d’autres régions de France. 

Autre sujet à poser question : la méthanisation. Dans le cadre de sa politique de transition énergétique, la Région Normandie consacre 12 millions d’euros au développement de ce procédé de dégradation de matière organique afin de valoriser fumier, lisier et déchets et de produire de l’énergie. 

« L’objectif est louable, mais le fait de pouvoir apporter 15 % de culture dans le méthaniseur va entraîner des dérives », assure Laurent Leray. « Cela encourage les gros exploitants à engloutir leur récolte ou à produire du maïs exprès et donc, à chercher à acquérir de nouveaux hectares pour y répondre », développe le syndicaliste. Avec le risque de détourner des cultures à vocation alimentaire vers la fabrication d’énergie ou encore d’inciter à la spéculation foncière et d’augmenter le coût du fourrage dont les éleveurs ont besoin.

« L’investissement étant très lourd, environ deux à trois millions d’euros, il doit être rentabilisé à tout prix. Les aides iront vers les gros », prédit Laurent Leray. La Conf’ a demandé un meilleur encadrement du dispositif par la Région, mais n’a pour l’instant reçu aucune réponse. 

De son côté, l’exécutif explique simplement s’aligner sur ce que l’État autorise. « D’autant que le maïs assure un meilleur rendement aux méthaniseurs, souligne Clotilde Eudier. Ce procédé a un coût, il n’est pas uniquement là pour valoriser des déchets, mais aussi pour rapporter de l’argent ! »

Clotilde Eudier, vice-présidente : « Une exploitation, c’est une entreprise qui a besoin de faire des revenus. »

À la question, est-ce toujours la dimension économique qui doit primer en agriculture, la vice-présidente répond par l’affirmative. « Une exploitation, c’est une entreprise qui a besoin de faire des revenus, donc on fait tout pour aller au mieux de l’intérêt économique, argumente l’élue agricultrice, qui exploite avec son mari plus de 200 hectares de polyculture et possède un élevage bovin allaitant. La région n’est pas la pour aider les structures à fonctionner. Nous menons une politique d’investissement car nous misons sur la compétitivité des exploitations. » Ce que regrette Laurent Leray, de la Conf’ : « On parle volume, mais jamais qualité. On alloue surtout des aides pour l’agrandissement des exploitations ou le regroupement des troupeaux. » Pour François Dufour, ce choix est une erreur car il favorise la mécanisation à outrance et incite les fermes à accumuler les hectares et les bêtes.

C’est, à quelques nuances près, le modèle agricole promu par la puissante FNSEA. Depuis le début du mandat, la déclinaison régionale de l’organisation est dans les petits papiers de la majorité. Il faut dire que Clotilde Eudier, vice-présidente en charge de l’agriculture, en est elle-même adhérente. « J’étais adhérente. C’est mon père qui était président de la FDSEA 76 », corrige-t-elle. L’élu qui l’épaule en tant que président de la commission agriculture, Xavier Lefrançois, est également membre de la FDSEA 76.

C’est dire si l’organisation a bonne presse auprès de l’exécutif régional. Au cours de son interview accordé au Poulpe, Arnold Puech d’Alissac, président de la FRSEA Normandie, déclare à propos du budget régional agricole : « On a géré les enveloppes au mieux et on a mis… », avant de s’interrompre puis de reprendre, « le conseil régional a mis de l’argent en plus ».

« Oui, il y a des connivences, reconnaît-il. Avec la collectivité, on peut parler emploi à l’inverse de ce qui se passait avec l’ancienne majorité qui mettait 200 fois plus d’euros sur l’environnement que sur cette question. »

L’attribution contestée d’un financement de plus de 450 000 euros à la FRSEA par la Région

Cette proximité s’est manifestée récemment avec l’attribution d’un financement de plus de 450 000 euros à la FRSEA avec pour mission d’anticiper les besoins à venir en matière d’emplois agricoles. La subvention a fait couler beaucoup d’encre. « C’est juridiquement et politiquement contestable », considère François Dufour, conseiller régional d’opposition et proche de la Confédération paysanne (Conf’). « Quand je vois ça, je me dis qu’il doit y avoir du lobbying dans les couloirs », poursuit-il.

La collectivité s’en défend. « Conformément à la loi travail votée en 2016, la FNSEA est l’unique organisation représentative des employeurs agricoles. Sur cet objectif de l’emploi, il n’y avait pas d’autres choix », affirme Clotilde Eudier, qui poursuit : « La presse fait une fixette sur ce sujet mais d’autres syndicats ont été financés : les Jeunes Agriculteurs ou l’ARDEAR (en fait l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural, proche de la Conf’). A partir du moment où le travail est fait, je ne vois pas où est le problème. »

Stéphane Travert, ex-ministre de l’Agriculture d’Emmanuel Macron qui s’est pourtant vu reprocher sa trop grande proximité avec la FNSEA, y va tout de même de son appréciation négative : « Aux responsabilités, nous ne l’aurions pas fait parce qu’on ne met pas en avant une organisation syndicale par rapport a une autre. On a un objectif de neutralité. »

Afin de tordre le cou à toute accusation de collusion, Arnaud Puech d’Alissac et Clotilde Eudier se retranchent derrière un différend apparu en janvier dernier entre la FNSEA et l’association des régions de France, présidée par Hervé Morin. Le syndicat avait écrit une lettre au Premier ministre pour évoquer un désaccord profond avec les régions sur la gestion du dossier du 2e pilier de la PAC.