Et le rossignol philomèle pépie... et, pour une fois, la mélodie est mélodieuse à nos oreilles quand il s'agit de se fixer comme objectif de faire de Rouen une vraie métropole régionale aussi attractive que Nantes ou Rennes...

Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et encore moins un rossignol mot qui peut aussi signifier toute autre chose si l'on demeure dans la brocante politicienne...

Lire l'article proposé par 76 actu:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/interview-nicolas-mayer-rossignol-lance-collectif-fiers-rouen-ambitions_24789393.html

INTERVIEW. Nicolas Mayer-Rossignol lance le collectif « Fiers de Rouen » : pour quelles ambitions ?

Nicolas Mayer-Rossignol lance le collectif « Fiers de Rouen » et publie une tribune dans Paris-Normandie, mercredi 5 juin 2019, à neuf mois des élections municipales.

L’ancien président socialiste de la Région Haute-Normandie ferait-il un pas de plus vers la constitution d’une liste en vue des élections municipales à Rouen (Seine-Maritime) ? Celui qui est vu comme le successeur d’Yvon Robert, a lancé un collectif « Fiers de Rouen », qui revendique « plusieurs centaines » de membres. Pour le moment, Nicolas Mayer-Rossignol refuse de parler de l’échéance électorale à venir, pourtant le but semble clair…

Une polémique, un collectif et une tribune

Après plusieurs années de (relative) discrétion, le conseiller municipal et régional a lancé une pétition pour dénoncer les horaires « scandaleuses » des trains entre Paris et Rouen durant l’Armada. Maintenant, la création de ce collectif et la publication d’une tribune mercredi 5 juin, dans le journal Paris-Normandie pour expliquer sa démarche. Celui qui n’a pas encore franchi le pas d’une candidature à la mairie, a d’ailleurs sollicité une interview auprès de 76actu. Une réponse favorable lui a été donnée*, afin de mieux préciser ses ambitions pour Rouen.

« La politique ne doit pas être un métier »

76actu : Vous lancez le collectif « Fiers de Rouen » et vous invitez « toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans [votre] démarche » à vous rejoindre. Ce sera votre char d’assaut pour les élections municipales à venir ?

Nicolas Mayer-Rossignol : Ce n’est pas le sujet. L’actualité à Rouen, c’est l’Armada. À travers elle, on voit que le territoire à beaucoup changé en dix ans, même s’il reste beaucoup à faire. De nombreux Rouennais attendent qu’on se rassemble, avec des élus et des personnalités de la société civile, pour construire une nouvelle étape pour le développement de Rouen et de la Métropole. Au-delà des dix premiers signataires, nous sommes plusieurs centaines animés par cet esprit de collectif. Le message est simple : on doit être fiers de Rouen, sans nier les difficultés. Il y a des talents innombrables sur ce territoire et ils ne demandent qu’à être fédérés.

Lire aussi : « Demain Rouen ! » : un collectif « transpartisan » en marche vers les prochaines élections ?

Ces dernières années, vous avez été discret sur la place rouennaise. Aujourd’hui, ce collectif et cette tribune publiée sentent le parfum de la campagne municipale…

J’ai toujours dit que la politique ne doit pas être un métier. J’ai une formation scientifique, j’ai travaillé dans le privé, dans le public avant d’être élu. J’avais dit lors de la campagne des élections régionales en 2015, que si je perdais, je reprendrais une activité professionnelle. Ces dernières années, je me suis investi fortement dans Nutriset, l’entreprise pour laquelle je travaille. Les élus ne doivent pas être déconnectés de la vie réelle. Aujourd’hui, beaucoup de Rouennais, avec moi, mais pas seulement (le collectif est large), ont envie de se rassembler. Les élections arriveront quand elles arriveront. Ce qui m’intéresse dans l’action publique, c’est le fond, le projet.

Donc vous aviez envie de revenir sur le devant de la scène politique ?
Je ne crois pas qu’on puisse raisonner comme cela. Il y a l’Armada aujourd’hui, elle n’était pas là hier.

Non, mais il y avait d’autres sujets locaux sur lesquelles s’investir…
Quand je m’engage, je le fais totalement. Je me suis engagé pleinement chez Nutriset, je me suis aussi engagé dans mon mandat à la Région.

« Commençons par constituer un collectif »

Dans cette tribune vous écrivez qu’être « fier, c’est regarder l’avenir dans les yeux et s’élancer avec audace ». Vous ne parliez donc pas de vous ?
Ça serait bien que les politiques disent un peu plus « nous » et moins « je ». C’est une tribune collective, il y a des personnalités imminentes. Les Rouennais n’attendent pas des luttes de clans ou d’initiatives individuelles, ils attendent un rassemblement au service de l’intérêt général.

Vous donnez le sentiment de vous cacher derrière votre petit doigt en ne parlant pas des élections municipales ?
Chaque chose en son temps. On ne connaît pas encore la date précise, même si on sait que ça sera fin mars 2020. Bien sûr, il y aura des échéances, il ne s’agit pas de se cacher derrière un petit doigt, mais la préoccupation des Rouennais est l’avenir de leur ville. Beaucoup de choses ont changé, c’est incontestable, mais il y a beaucoup à faire. Quelle forme politique cela prendra ? Ça se décidera demain, mais commençons par constituer un collectif.

Lire aussi : SONDAGE. Municipales 2020 à Rouen : connaissez-vous ces candidats potentiels à la mairie ?

« On doit se fixer comme ambition d’être devant Rennes ou Nantes »

Vous dressez un portrait assez flatteur de Rouen et imaginez que la capitale normande puisse devenir, « dans 20 ans, le premier territoire du Nord-Ouest, devant Rennes et Nantes ». Est-ce que cela veut dire que la gestion du maire Yvon Robert et du président de la Métropole Frédéric Sanchez, est à saluer ?
On doit se fixer de hautes ambitions, pour une raison simple : personne ne sera plus ambitieux que son maire et son équipe. Ici peut-être plus qu’ailleurs, on hésite à être ambitieux et audacieux. Il ne faut pas hésiter. Quand on se donne les moyens, on peut faire de très grandes choses. On doit se fixer comme ambition d’être demain devant Rennes ou Nantes. Au niveau environnemental, on peut devenir un territoire de référence. Quand on regarde honnêtement le bilan effectué sur ce territoire, il y a certes des difficultés, mais en 10 ans, Rouen et la Métropole ont progressé.

Dans cette tribune, vous assurez que Rouen n’est plus une ville « endormie ». Pourtant, une récente enquête d’un institut de sondage montrait que l’image de Rouen restait « floue ». La marche est encore haute ?
Il y a encore une grande différence entre l’image et la réalité. Rouen n’a plus rien d’une belle endormie, mais c’est vrai que l’image d’un territoire évolue moins vite que la réalité. Cela veut dire qu’il faut se battre ensemble pour mieux faire correspondre l’image à la réalité. Comment changer cet état d’esprit ? En se rassemblant, dans une fierté ouverte et lucide.

Lire aussi : Selon une enquête de l’Ifop, l’image de l’agglo de Rouen est « floue » et « reste à construire »

« Quand la gauche se fracture, elle paie la facture »

Comme socialiste, comment analysez-vous les résultats à Rouen des élections européennes, qui laissent peu de place à votre parti ?
D’abord, je suis heureux qu’il y ait eu une meilleure participation par rapport aux années précédentes. Ensuite, concernant la gauche, ses scores sont mauvais. La gauche est fragmentée. Si on additionnait les voix de la gauche, le score serait plutôt bon, mais comme la gauche est très divisée, le score de chacun est très mauvais. Quand la gauche se fracture, elle paie la facture.

L’ambition du collectif peut être de rassembler les gauches ?
En partie oui. Les Rouennais attendent un projet local. Donc le rassemblement que l’on propose n’est pas une question de clan ou de partie. La vraie question est : Comment rassembler au service du territoire ?

Qu’est-ce que vous a apporté votre expérience à Nutriset ?
C’est une entreprise et une expérience extraordinaires, une pépite de Normandie. Il n’y a pas d’entreprise équivalente en Europe. Je me suis déplacé dans beaucoup de pays, j’ai vu la réalité du monde et ses grandes inquiétudes.

Lire aussi : Élections municipales 2020 à Rouen. « Gagner paraît difficile » pour la gauche sortante

* Pour réaliser cette interview, les questions n’étaient pas connues de Nicolas Mayer-Rossignol et aucune relecture avant parution n’a été effectuée.


 LIRE LA TRIBUNE "FIERS DE ROUEN"

https://www.paris-normandie.fr/actualites/tribunes-et-opinions/articulo-NE15116920

Dans quelques heures, Rouen accueillera le monde. À l’occasion du trentième anniversaire de l’Armada, c’est une ville métamorphosée que découvriront des millions de visiteurs. Les marins de l’Hermione ou du Cuauhtémoc arpenteront stupéfaits des quais de Seine transformés, de la prairie Saint-Sever jusqu’à la presqu’île Rollet. Ils se promèneront dans un centre-ville rénové, un Jardin des plantes sublime, un parc naturel urbain unique en son genre à Repainville. Ils verront deux écoquartiers, Luciline et Flaubert, sortir de terre, un parc naturel de 30 hectares émerger au champ des Bruyères, l’aître Saint-Maclou renaître. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Bien sûr, il y encore tant à faire. Mais tout de même : que de changements en dix ans !

La belle endormie ? C’est fini

Si nous signons ensemble cette tribune, c’est pour clamer notre fierté de Rouen. Assez de pudeurs mal placées ! Belle, notre cité l’est assurément. Endormie ? C’est fini ! Il est temps de faire coller l’image à la réalité. L’Armada – merci à Patrick Herr et à ses bénévoles – nous en offre la plus belle des occasions.

C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui, à travers le collectif « Fiers de Rouen » que nous avons créé et qui rassemble d’ores et déjà des centaines de Rouennais, un appel. Depuis trop longtemps notre cité étouffe de ses cloisonnements : entre rive gauche et rive droite, public et privé, « petites » et « grandes » communes, communes et métropole, centre-ville et « quartiers », citoyens et élus... Assez ! Ouvrons les portes ! Rouen n’embrassera vraiment son destin que si nous sommes rassemblés et fiers, non seulement de ce que nous avons été, mais plus encore de ce que nous bâtirons ensemble demain.

Car au-delà du patrimoine, nous avons tant de forces ! Dans bien des domaines notre métropole excelle : la santé avec le CHU, l’agroalimentaire avec le port, les mobilités du futur, l’industrie, le tourisme, certains services, le théâtre, le street-art, les musiques actuelles, les arts de la rue à Sotteville ou du cirque à Elbeuf, la création de start-up dans le numérique ou le biomédical... Son commerce est l’un des plus dynamiques de France.

Dans le sport féminin et masculin, nos clubs enregistrent des résultats remarquables. Nos meilleurs ambassadeurs se nomment Karin Viard, Thomas Pesquet, Anny Duperey, David Bobée, Agnès Martin-Lugand, Thomas Jolly, Karin Sajo, Emmanuel Noblet, Viviane Asseyi, Vincent Blanchard et Romain Greffe, Salma Djoubri, Michel Bussi, Camille Anseaume, Philippe Torreton, Rilès, Petit Biscuit, Romain Brifault, Pierre Gasly...

Derrière et avec eux ce sont des milliers de personnalités, bénévoles, militants, qui chaque jour s’engagent. Unissons ces talents en investissant dans la seule richesse qui vaille : la richesse humaine.

Faire de Rouen la première Eco-métropole de France

Notre vision est large : d’ici vingt ans, Rouen peut devenir le premier territoire du nord-ouest de la France, devant Rennes et Nantes. La première Eco-métropole, c’est-à-dire une référence en matière de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation de l’environnement et de la biodiversité, d’économie circulaire et d’écologie industrielle. Une capitale normande et européenne pleinement intégrée aux réseaux internationaux, bouillonnante, rayonnante, attractive. Et toujours ce bout de France à taille humaine, populaire, où il fait bon vivre et où plus qu’ailleurs ses enfants trouvent éducation, culture, égalité des chances, bienveillance, solidarité. Rouen c’est le mélange qui devient l’alliage, qui n’ignore ni ne rejette.

des problèmes de fond à résoudre

Nous ne nions pas les difficultés. Le chômage, la précarité, la misère. Les inégalités, l’intolérance. Des infrastructures insuffisantes et handicapantes. Une qualité de l’air, du fleuve, la propreté qui restent à améliorer. Nous n’avons pas, nous Rouennais, que du bonheur à habiter Rouen ; mais nous en avons la fierté. Elle n’est ni arrogance, ni nostalgie. Elle est celle de l’avenir à partager.

Hommes et femmes de tous âges, origines et conditions, nous sommes de sensibilités politiques différentes. Mais nous avons tous Rouen au cœur. Notre démarche n’est pas partisane, la ville aux cent clochers n’a pas besoin de nouvelles chapelles ! Elle est d’abord citoyenne. Le vrai enjeu, c’est rassembler tous les talents, sans exclusive ni sectarisme, et associer le plus grand nombre à la vie de la cité, car les habitants sont les mieux placés pour porter le changement. De cette démocratie permanente, Rouen peut aussi devenir la référence.

La plus grande force de notre métropole, c’est vous. Notre ville plonge ses racines à vingt siècles de profondeur. Mais être fier, ce n’est pas regretter le passé. C’est regarder l’avenir dans les yeux et s’élancer avec audace, telle la flèche de notre cathédrale, vers un ciel idéal.

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse » disait Mandela. Nous appelons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans notre démarche à nous rejoindre. »

Pour rejoindre le collectif « Fiers de Rouen ! » sur
Facebook, Twitter et Instagram : @FiersdeRouen ou www.fiersderouen.net

 Commentaire de Florestan:

PAS UN MOT SUR LA NORMANDIE dans ce lyrisme convenu.

Une fierté rouennaise qui ne serait pas avant tout une fierté normande n'a pas grand sens surtout si l'image de Rouen reste floue...  On ne citera pas la maire de Lille: vous savez quoi penser du loup grand-parisien qui rode dans le flou de la Seine...

Alors, Rouen, un bon plan pour 2020?

A condition de sortir du flou avec un vrai programme. A savoir:

1) un programme détaillé nous expliquant la future gouvernance de la métropole avec un maire de Rouen qui doit aussi présider la métropole qui se développe autour de la ville centre qui la justifie.

2) un programme détaillé nous expliquant l'ambition normande et séquanienne d'une ville qui aurait dû être une métropole régionale d'équilibre depuis 1963...

Mais il est vrai qu'on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens...

rouenbonplan