Le 75ème anniversaire du débarquement en Normandie ce ne sont pas que des cérémonies officielles interdites au public et réservées à des invités triés sur le volet au coeur de zones rouges obligeant les riverains à rester cloîtrés chez eux comme il y a 75 ans la population civile normande éprouvée par les bombardements...

Le 75ème anniversaire c'est aussi et avant tout, chaque Six juin, de nombreux actes individuels, privés, de commémoration et de piété sur les sites historiques, les monuments, les plaques, les carrefours, les stèles... C'est ainsi qu'à titre privé nous déposons chaque six juin une gerbe de fleurs sur la tombe d'une victime inconnue du bombardement de Caen qui se trouve dans l'enceinte du château de Caen et que nous piquons la pelouse bien tondue du Mémorial d'un petit drapeau normand à proximité de la stèle officielle qui fait mémoire de la reconnaissance officielle enfin accordée par François Hollande en 2014 au rôle des populations civiles normandes résistantes ou non dans la terrible bataille libératrice de l'été 1944.

Un autre exemple particulièrement émouvant est à découvrir ci-après:

https://www.ouest-france.fr/d-day/75e-anniversaire-du-debarquement-6-juin-il-se-souvient-de-l-inconnu-de-notre-dame-saint-lo-6385252

75e anniversaire du Débarquement. Il honore tous les ans la mémoire de de l’inconnu de Saint-Lô

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Chaque année, Yves Fauvel vient sur le parvis de l’église de la capitale manchoise déposer des fleurs à la mémoire d’un homme qu’il a vu hurler de douleur sous les bombes, le soir du 6 juin 1944.

Chaque 6 juin depuis plus de vingt ans, Yves Fauvel vient discrètement du Nord de la France à Saint-Lô, une ville qu’il a quittée à l’âge de 14 ans. Sans discours ni cérémonie, il dépose, à titre personnel, une gerbe de fleurs sur le parvis de l’église Notre-Dame. Un souvenir qui remonte à la nuit du 6 au 7 juin 1944.

« J’avais 6 ans. Avec mes parents et mes grands-parents, nous habitions dans le quartier de Notre-Dame, près de l’endroit où se trouve actuellement la préfecture », se souvient Yves Fauvel, aujourd’hui âgé de 81 ans.

Un homme nu, la jambe arrachée

Alors que la famille est à table, les bombes pleuvent sur la ville. De chez ses grands-parents, Yves voit sa maison s’effondrer. « De peur que celle de mes grands-parents ne subisse le même sort, on s’est enfui pour rejoindre un abri. »

C’est là, en traversant le quartier devenu un enfer, que le petit Yves voit, sur le parvis de Notre-Dame, un homme nu, la jambe arrachée, hurlant qu’on vienne le sauver. « Je n’ai jamais su qui c’était. Mais il a hanté toute ma vie. »

D’un geste simple, Yves vient honorer à sa façon, la mémoire de l’inconnu de Notre-Dame.