On a envie de dire: quand le cat normand n'est pas là (Morin), les souris macronistes (Lecornu) dansent...

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Et la danse se fait sur le plancher d'une urgence normande essentielle. Un sondage récent faisait dire aux Normands interrogés que 53% d'entre eux avaient des difficultés financières pour finir le mois. Par ailleurs, les statistiques de l'Armée qui dispose d'un observatoire très efficace sur l'état de la jeunesse française avec la journée d'appel révèlent qu'un jeune français sur 20 est illettré. Enfin pour parfaire le tableau, l'INSEE Normandie nous apprend que la part de non diplômés dans les populations actives des cinq départements normands est supérieure à la moyenne nationale (25%) avec un record pour l'Orne avec... 34%.

On le sait: c'est une fragilité structurelle pour l'avenir de la Normandie et des Normands que ces difficultés sociales, socio-culturelles sinon socio-scolaires souvent enkystées dans les petites et moyennes villes d'une Normandie rurale et maritime qui fut longtemps une région laborieuse où l'emploi se trouvait facilement.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui: la désindustrialisation massive des années 1980/2000 résultant de l'ouverture de la France à la mondialisation est passée par là. Et le manque d'ambition, de vision et de moyens générés par la division régionale et le localisme normand n'a fait qu'empirer cette situation qui est, de loin, le pire passif de la Haute et de la Basse-Normandie heureusement réunies désormais pour enfin mettre en oeuvre les politiques publiques indispensables à la bonne échelle et avec les moyens qui doivent aller avec.

Sauf que dans ce qui est à lire ci-après, on constatera l'absence de la colltectivité territoriale principalement concernée par un plan régional normand de lutte contre la pauvreté et d'amélioration de l'accès à l'emploi: à cette nouvelle réunion du G5 NORMAND à savoir, les cinq départements normands (61/50/14/24/76) à Rouen ce 8 juin 2019 dans les locaux du siège du département de la Seine-Maritime, le conseil régional de Normandie n'était pas convié même si l'on peut rétorquer que les questions sociales ne sont pas de la compétence directe d'un conseil régional de Normandie. Sauf qu'il s'agit d'une question d'intérêt général au moment où la région a mis en oeuvre depuis plus de trois ans une politique régionale puissante et volontariste pour dynamiser, relancer et renforcer l'appareil entrepreneurial et industriel normand.

Il est idiot de discuter du sort du boulanger en ignorant ceux qui travaillent à transformer une moisson en farine et vice-versa!

Un sujet aussi essentiel que lutter contre la pauvreté en Normandie devrait être traité en Conférence Territoriale de l'Action Publique sous la double égide du préfet de région et du président de région avec, autour de la table, toutes les collectivités territoriales et agences publiques directement concernées: la CTAP a pourtant été prévue par le législateur de la loi NOTRe de 2015. Sauf que cette CTAP n'a jamais été réunie depuis le retour à l'unité normande. A qui la faute?

Une fois de plus, on s'aperçoit que l'inachèvement du processus de décentralisation (qui n'est pas encore une vraie régionalisation) a pour conséquence d'empiler des dispositifs, initiatives, politiques publiques qui ne sont pas assez concertées entre elles avec pour effet, une complexité qui fait fuir tout le monde... A commencer par les plus pauvres de nos concitoyens!


 

Lutte contre la pauvreté : L’État et les Départements du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de l’Orne et de la Seine-Maritime s’engagent ensemble dès 2019 en signant le protocole de préfiguration des conventions d’appui à la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi.

 

Sébastien LECORNU,  ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Chargé des collectivités territoriales  
 
 
Christelle DUBOS,  secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé
 
 
Paris, le 8 juin 2019
 
Communiqué de presse
 
 
Lutte contre la pauvreté : L’État et les Départements du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de l’Orne et de la Seine-Maritime s’engagent ensemble dès 2019 en signant le protocole de préfiguration des conventions d’appui à la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi.
 
En présence de Sébastien LECORNU, Ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargé des Collectivités territoriales, de Christelle DUBOS, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Pierre André DURAND, Préfet de la région Normandie, Préfet de la Seine-Maritime, et Jean-Léonce DUPONT, président du Département du Calvados, Pascal LEHONGRE, président du Département de l’Eure, Marc LEFÈVRE, président du Département de la Manche, Christophe de BALORRE, président du Département de l’Orne, Pascal MARTIN, président du Département de la Seine-Maritime, ont signé samedi 8 juin 2019, à Rouen, le protocole de préfiguration des conventions d’appui à la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi.

-prévenir "toute sortie sèche" pour les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance,

-mieux valoriser et accompagner l’évolution du travail social au service de toutes les familles,

-renforcer les droits essentiels de tous les enfants et accompagner leurs parents ou responsables légaux.
 
En complément, l’État pourra soutenir des séries d’actions, lancées à l’initiative des départements, qui s’inscrivent en cohérence avec les objectifs portés par la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.
 
Avec ce protocole et le soutien de l’État, les Départements du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de l’Orne et de la Seine-Maritime réaffirment leur soutien auprès des personnes en situation de précarité.

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