Billet de Florestan

Récit

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Mercredi 12 juin 2019, jour de mon anniversaire entre deux averses, je décidai de m'offrir ainsi qu'à ma fille la balade de l'Armada à Rouen en profitant du "pass découverte Normandie" proposé par la région sur la ligne SNCF Caen/ Rouen: 20€ aller/ retour pour deux personnes. Départ à 10h20 en gare de Caen pour une arrivée à Rouen-Rive-Droite à 11h53: c'était le bon train sur les 13 proposés au départ de Caen à destination de Rouen entre 8 heures le matin et le début de la soirée. Ce n'est pas encore le RER normand qu'on nous promet avec un départ tous les 20 minutes (comme cela existe déjà entre Nantes et Rennes) mais il faut admettre qu'il y a du progrès: le train est arrivé à l'heure et sans encombres. La jolie contrôleuse, en vérifiant notre billet a même offert à ma fille le pin's souvenir de l'Armada: un léopard en marinière aux couleurs de la région normande!

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Sous un ciel ombreux nous sortîmes du hall de la gare de rue Verte dont le parvis vient d'être refait: le pavé est agréable mais cela manque un peu d'ombrage... Ma fille constata aussitôt que Rouen était une plus grande ville que Caen et ce serait être de mauvaise foi de nier que la rouennaise a des faux airs de capitale normande! Nous préférons dire que c'est notre métropole: c'est plus précis et cela rendra davantage compte de la considération que l'on doit pour une ville ayant près de 2000 ans d'âge. Parlons plutôt comme Flaubert de "notre Babylone" normande où les plaisirs parisiens s'y font en plus mesquins sauf pour nourrir l'essentiel: l'esprit et le ventre!

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Justement, la petite avait une faim de loup: nous descendîmes la pente naturelle vers le fleuve en coupant par le square Verdrel sévèrement modernisé et équipé des dernières aménités aux normes: lampadaires gris à leds, garde-corps en inox , revêtement élastique pour amortir la chute des chérubins, jeux pour enfants en lamé-collé coloré tandis que le buste en marbre d'un poète normand tombé dans l'oubli disparaît sous la ramure tombante d'un saule pleureur...

Nous contournâmes les dentelles ouvragées de l'ancien Parlement de Normandie surgissant de sa gangue de béton des années 1950 pour nous enfiler la rue du Gros Horloge. Un mendiant nous apostrophe: "veux-tu que je te tienne aussi la main?" De l'autre côté de la rue, une pyramide de macarons au chocolat était exposée dans la rue à l'intérieur d'une petite roulotte vitrée. Le son puissant du carillon tombant de la tour Saint Romain tinta le quart de la midi, ma fille poursuivant un pigeon lui-même parti en chasse d'un bout de pain. J'observai que la pluie rouennaise était en train repeindre, peu à peu, en vert pistache le très hideux immeuble qui encombre le parvis de la cathédrale afin d'en faire un gros macaron au café. Le café justement: c'était son parfum qui embaumait alors toute la ville de Rouen, un doux parfum de grain de café grillé, torréfié à coeur nous venait certainement du port.

La Dame Cakes de la rue Saint-Romain nous signifia, d'un regard désolé, que son établissement était complet tous comme les succulents gâteaux sur leurs présentoirs en verre moulé. La crème de pierre de l'église Saint-Maclou, sublime confiserie, nous attira à elle: sur sa droite, une petite brasserie à l'italienne voulut bien nous. On vous conseille l'adresse pour le vin et la soupe ou la polenta. (précisons que j'ai mangé deux fois de la soupe et que ma fille a préféré la tarte aux fraises maison).

Les tables étant rapprochées et le cadre, une ambiance art déco intime, s'y prêtant, les conversations s'entremêlèrent: à notre gauche un couple de touristes venus de Tourcoing pour l'Armada. A notre droite un couple de touristes venus du Val-de-Marne pour l'Armada. Avec le premier couple plus populaire que le second nous parlâmes avec grand plaisir des variations météorologiques et de nos jardins respectifs: potager, roses et pivoines. Avec le second, arrivé après le départ du premier, nous parlâmes aussi avec grand plaisir des perspectives de développement de l'Axe Seine, de la menace du Canal Seine Nord, de l'avenir des ports de Rouen et du Havre et de l'aménagement des berges de la Seine et de la Marne.

Avec les deux couples nous parlâmes de Normandie pour se trouver d'accord au constat que la Normandie existe davantage pour les touristes que pour les Normands...

L'azur fit son apparition: l'église Saint- Maclou devint subitement immaculée. On alla faire un tour jusqu'à l'aître du même nom: ma fille fut perplexe devant tous ces crânes humains creusés dans des poutres noires. Au dessus de nous la grue du chantier de restauration tournait dans l'air avec un chargement d'étais métalliques sanglés dans des chaînes: l'inquiétant ballet passa au-dessus, à l'aplomb de nos têtes. Ma fille alors comprit pourquoi il y avait là une danse macabre.

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De retour dans la rue dominée par la haute flèche de fonte de la cathédrale, jadis le plus haut bâtiment du monde (jusqu'en 1880), nous gagnâmes le parvis du portail de la Calende, grandiose cataracte de pierre qui chute dans un canyon de béton des années de la Reconstruction: on s'attend à voir, plus bas, une usine avec ses turbines tant l'architecture d'Après-guerre fut industrielle. Passé ce dédale sans charme ni grâce, on se retrouva sur le haut tablier du pont Boieldieu qui porte le nom d'un compositeur d'opéras né à Rouen. Sur cette haute passerelle, les non moins hautes figures de hardis navigateurs et découvreurs nous interpellent. On resta là un certain temps, à voir au loin la forêt des mâts de l'Armada ou à voir disparaître, sous le parapet, une péniche lourdement chargée à fleur d'eau remontant le fleuve à contre courant.

L'Armada étant encore loin de nous, en aval du pont Guillaume Le Conquérant: il fallut convaincre ma fille d'avoir à marcher jusque là-bas en longeant les quais de la rive gauche et ainsi apprécier les nouveaux aménagements cherchant à "renaturer" avec arbres et herbes folles le lit majeur au centre duquel coule la Seine: précisons, cependant, qu'il ne s'agit pas de vase, de sable, galets, roselières ou autres "brotteaux" mais de quais de brique, de terre-pleins enrobés de goudron et de quais dits "hauts" perchés sur des poteaux de béton. Ce qui fut fait là fut plutôt bien fait! Les arbres, les herbes folles vont croître et les gazons s'épaissiront pour que l'on soit, un jour, persuadé que la Seine aura définitivement quitté sa prison de béton imposée aux Normands par les aménageurs parisiens du modernisme de l'Après-guerre pour retrouver son lit majeur naturel.

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Ceci a pour conséquence inattendue, comme une sorte d'inversion totale de l'identité esthétique rouennaise, que la rive gauche de Saint-Sever est, désormais, plus agréable à contempler que la rive droite rouennaise affublée de deux hautes émergences cubiques bétonnées au dessus de l'épais rideau pudique des grands platanes chargés de cacher quelques horreurs et surtout l'erreur de n'avoir pas su ou voulu restituer le gabarit urbain du front de Seine d'avant 1940: ces tours de béton sont d'autant plus laides qu'elles laissent paraître médiocrement leur vaine prétention de concurrencer les sublimes surgissements de la cathédrale et de l'abbatiale Saint-Ouen... Il faut, au contraire, admettre que la tour des archives départementales qui domine la rive gauche est plutôt une réussite!

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A l'approche des petites tentes de vinyle blanc où l'on se fait palper par des agents gantés pour notre sécurité, la foule s'est épaissie: mais c'est aussi pour faire la queue dans l'espoir de monter dans l'une des vedettes qui sillonnent le fleuve afin de voir les grands bateaux de l'Armada depuis l'eau... Depuis l'autre armada, celle des vedettes venues à Rouen de toute la Bretagne et ses îles! Les médias ne le disent pas assez: il y a deux Armada assemblées à Rouen! Les grands voiliers, d'une part, et les vedettes motorisées de Bretagne, d'autre part... Ainsi, la vedette "Bréhat" ou une autre venue de Saint-Malo ou de plus loin encore dans l'ouest breton, propose une heure de promenade pour 25€ par personne, à savoir faire des ronds dans l'eau de la Seine entre l'amont du pont Guillaume Le Conquérant et l'aval du pont Flaubert.

Derrière l'immensité métallique d'un grand trois mâts barque russe, on entendit le son des cornemuses planant au dessus des eaux en provenance de la rive droite noire de monde: la parade des équipages des navires invités à l'Armada était en train de s'ébranler pour rejoindre la zone urbaine rouennaise interdite à toute manifestation revendicative arrêtée par Monsieur le préfet de la Seine-maritime (jusqu'en 1956 on disait: "Inférieure"...)

La sonorisation crachottante apporta, en sus à nos oreilles, la rumeur des binious: le speaker de France Bleu Normandie Rouen nous annonça tout fiérot que le Bagad de Lann-Bihoué ouvrait la parade. Au dessus de nos têtes, on entendit le rire dérisoire des goélands qui fait penser à la mer quand on ne l'a pas vu depuis longtemps.

La poupe et la proue chargées d'or des navires, les aussières tendues sur leurs bittes d'amarrage, les haubans et les grands mâts, les uniformes des marins, les marinières à vendre sur leurs ceintres, les fanions multicolores des pavois, les grands pavillons nationaux flottant majestueusement sur leur antennes, le bourdonnement des moteurs, les cornemuses et binious dans les enceintes, le rire dérisoire des goélands et les drapeaux noirs et blancs d'une région maritime française bien connu claquant au vent des étals, font monter le désir de la mer...

Mais c'est un désir factice que la montée fastidieuse sur le tablier trop haut perché du pont Flaubert nous fit évanouir assez vite car là-haut, le vent qui giflait nos pommettes n'était pas celui de l'air marin et encore moins celui des embruns: c'était le lourd vent parfumé au diesel abandonné dans le sillage des camions. Mais nous avions là le meilleur point-de-vue sur la forêt des grands mâts et des vergues tutoyant les clochers et les grandes flèches de l'Athènes du genre gothique: cette Armada des plus grands voiliers du monde quittant la vastitude des océans pour venir là, à Rouen, se blottir dans le dernier grand port maritime de fond d'estuaire d'Europe encore en activité (avec Hambourg) est une oeuvre poétique d'un genre surréaliste qu'on ne saurait reproduire tous les ans sans l'anéantir définitivement: c'est comme un arc-en-ciel qui n'arrive que rarement, lorsqu'un certain nombre de paramètres précis et précieux sont exceptionnellement réunis.

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Et comme il est vain de chercher à trouver, comme me le demande souvent ma fille, le pied d'un arc-en-ciel, on cherchera tout aussi vainement la renaissance d'une authentique identité maritime rouennaise et normande dans le déroulement d'une Armada extraordinaire rassemblant les plus grands et les plus beaux voiliers de la planète car, en temps ordinaire, les activités maritimes et portuaires c'est industriel, c'est sale, c'est moche, ça fait du bruit et ça pue. Il est vrai qu'amarrée devant les grands cylindres gris des silos à blé, la grâce et l'élégance de l'Hermione, fut-elle la plus performante des machines de guerre de son époque, n'a rien à voir avec l'allure énorme et pataude de l'un de ses cargos vraquiers qui chargent régulièrement au même endroit de précieux grains qui vont assurer la paix sociale et politique en Algérie ou en Egypte...

Bien entendu, la magie sera extraordinaire dimanche 16 juin 2019 lorsque les grands voiliers seront enfin libérés de leur prison rouennaise comme les papillons d'un filet pour rejoindre leur élément le plus naturel en descendant sur 120 km le fleuve qui, pour reprendre la formule de Michelet, a donné son visage de majesté à la France, un visage normand... à condition que les tirants d'air sous les tabliers des ponts jetés sur la Seine soient suffisants (on n'insistera pas sur ce point pour ne pas avoir à réveiller d'antiques querelles entre Rouennais et Havrais: les uns n'étant pas plus marins que les autres et vice-versa!).

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Cependant, je me souviens de l'édition précédente de l'Armada. J'étais sur la berge à la Bouille. Ma fille n'avait pas encore trois ans. A la terrasse d'un café, je contemplais le balai incessant des navires de toute taille, de tout type et gabarit montant et descendant la Seine: cargos, barges fluvio-maritimes poussées, péniches, voiliers et yachts de plaisance, paquebots de croisière... A côté de moi un couple était encore plus fasciné par ce spectacle nautique: ils venaient de Nantes. Et de me dire que sur la Loire, il ne s'y passe plus grand chose. Des Bordelais auraient pu dire quasiment la même chose ou presque au sujet de la Gironde: une fois encore, les horsains voient clairement ce que les Normands ne voient pas ou ne voient plus...

Ma fille fatiguée d'une si longue marche demanda à s'asseoir: on trouva le dos rond d'une bitte d'amarrage placée dans l'axe du tableau d'arcasse jaune et noir de l'Hermione, histoire d'admirer, une dernière fois, la parfaite harmonie entre le fond et la forme et entre une forme et une fonction: les trois couleurs nationales flottaient royalement à la poupe. On chercha vainement dans le pavois d'artimon une quelconque trace d'une courtoisie normande: d'ailleurs aucun des navires invités de l'Armada ne pavoisait normand à l'exception notable du trois mâts barque Bélem armé par la Caisse d'Epargne (On remerciera donc Monsieur Nicolas Plantrou, président du conseil de surveillance de la Caisse d'Epargne de Normandie d'avoir eu certainement la présence d'esprit d'y penser!)

Sur le chemin du retour, devant un immense panneau tout en anglais "Welcome to Rouen, Normandy" (histoire de bien préciser l'évidence au cas où les touristes étrangers qui ne parleraient pas français en seraient encore moins convaincus que nos concitoyens...), nous trouvâmes enfin un lieu pour nous reposer la plante des pieds et nous rafraîchir la goule: un jus de pomme bio du bocage ornais pour elle, une bière blonde artisanale normande légèrement amère pour moi. La taverne normande présentait des tablées avec nappes à carreaux montées sur des tonneaux, il y avait des bidons de lait en alu et des "meuh" inscrits sur les tréteaux. Les serveurs portaient des casquettes de base-ball couleur peau de vache avec des cornes avec la mention "North West": on fait ce que l'on peut! Mais ce fut une pause délicieusement appréciée!

Nous reprîmes notre progression, de plus en plus difficile dans une foule bigarrée de plus en plus compacte qui s'agglutinait devant les passerelles des plus grands navires. Des familles, des enfants, les poussettes, les grands parents, shorts, casquettes et ceinture banane. De jeunes branchés et débranchés smartphone ou non à la main. Un homme recouvert de tatouages des pieds à la tête... Mais aussi des costumes, des cravates, des foulards, des mocassins très rive gauche (de Paris). Et bien entendu, de beaux marins en uniforme et en station au pied de la passerelle de coupée prêts aux selfies avec la première jolie et jeune beauté qui passe: comme à chaque fois, la fin de l'Armada sera aussi la journée des coeurs brisés...

On retrouvait ainsi toutes les classes sociales sur les quais de l'Armada: après plusieurs mois de crise sociale en jaune, ce spectacle était rassurant voire... consolant!

La retransmission en direct de la parade des équipages par France Bleu Normandie nous donna, soudain, des nouvelles de la "confrérie épicurienne de la charcuterie traditionnelle" qui défilait dans les rues de la ville en fermant la marche avec les autres confréries gastronomiques traditionnelles rouennaises. Le journaliste voyait à peu près la charcuterie traditionnelle mais pas le côté épicurien...

Mais le speaker retrouva rapidement toute son assurance lorsque l'interview du chef du Bagad de Lann Bihoué fut diffusée dans tous les haut-parleurs... Dixit le Breton professionnel: "Je n'étais jamais venu à Rouen. J'en n'avais jamais eu l'occasion avant l'Armada. Mais j'en avais déjà beaucoup entendu parler. Je ne savais pas que c'était aussi sympa, tout cet enthousiasme de la foule... " etc, etc.

Chemin faisant, nous découvrîmes le grand chapiteau du stand officiel du conseil régional de Normandie qui pavoisait, comme il se doit avec nos deux cats préférés. Nous fîmes un petit tour rapide à l'intérieur puisqu'il n'y avait rien à voir ou presque si ce n'est des animations vidéo à caractère culturel plutôt absconses: je me suis demandé, un instant, si je ne visitais pas finalement le stand du FRAC Normandie pour l'Armada qui est vide, par principe, car le vent est utile lui au moins: il donne vie et grâce aux grands voiliers!

En sortant du stand officiel de la Normandie, juste devant l'entrée, à droite, les Gwen ha du d'une échoppe de friandises bretonnes au beurre claquaient au vent: je n'eus aucune surprise car les professionnels de l'identité régionale travaillent tout le temps. Nous, les Normands, nous ne sommes que des amateurs afin de nous donner le temps de pouvoir trouver autre chose...

Ma fille fut bien courageuse de marcher le plus régulièrement possible jusqu'au bas du boulevard des Belges: il était 16h30 et le ciel était aussi encombré de nuages menaçants que le trottoir par la foule. La police municipale rouennaise, peu habituée à ce genre de situation (on se demande bien pourquoi...), peinait à régler le flux des êtres humains sur le flux des camions, bus, autocars, automobiles, deux-roues, cycles et autres... trotinettes!

On parvint à gagner la gare avant les premières gouttes de l'ondée orageuse non sans nous amuser à la vue des façades du rectorat de l'académie de Rouen tapissées de petites affichettes: "non à la fusion!"

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Pour se donner mutuellement du courage, on chanta la chanson des kilomètres qui usent les souliers sous les tilleuls de l'avenue avant de tourner vers la gauche sous les marbres défaits de la brasserie du Métropole et filer tout droit, au fond, tout au fond de la gare de Rouen, voie 6 pour attrapper dans les cinq à dix dernières minutes de notre séjour rouennais, le TER à destination de Caen tapis au fond d'un tunnel...

"Papa! Papa! Il y a deux trains! On monte dans lequel?" En effet, de part et d'autre des baies vitrées de l'escalier, deux trains prêts à partir stationnaient: dans la transparence des vitres on indiquait sur la voie de gauche Le Havre- Caen et sur la voie de droite: Caen- Le Havre. J'avoue avoir hésité quelques secondes...

Transis et chauffés à blanc d'avoir tant marché et couru, nous nous effondrâmes sur une banquette. Il était 17h04. Une voie féminine enregistrée nous confirma que nous avions pris le bon train qui s'ébranla doucement dans la nuit des tunnels rouennais: quand nous en sortîmes, les vitres du train furent violemment balayées par le vent et la pluie. Dans un camaieu fondu de grisaille argentée tombée du ciel surgit soudain la tour lanterne de la cathédrale de Rouen tel un phare...

Le temps d'un instant je crus que nous étions en pleine mer...


Voir aussi:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/en-images-pour-leur-defile-les-marins-de-l-armada-ont-fait-le-show-dans-le-centre-ville-de-rouen-GC15172004?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=886cac55-6979-46b6-a53a-aa03bcec354b_0&mediego_campaign=20190613_news_actu&utm_content=20190613&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

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EN IMAGES. Pour leur Défilé, les marins de l’Armada ont fait le show dans le centre-ville de Rouen

Tradition oblige, les marins issus des différents navires invités à l’Armada 2019 ont défilé mercredi 12 juin 2019 dans les rues de Rouen, sous les yeux brillants des nombreux spectateurs venus pour l’occasion.

Les abribus. Les panneaux de signalisation. Les rebords de fenêtres, les marches ou encore quelques chaises et escabeaux de fortune. Chaque parcelle est exploitée. Rentabilisée. Ce mercredi, dans le centre-ville de Rouen, le temps semble s’être interrompu. Tous, se sont donné rendez-vous le long du parcours établi pour le défilé des marins de l’Armada. « Je n’ai jamais vu autant de monde », glisse tout juste un jeune homme à son amie.

La signature de chaque équipage

Partis de sous le pont Guillaume-le-Conquérant, les différents équipages de marins ont longé le quai du Havre, jusqu’au Théâtre des Arts. Ils ont ensuite prolongé le défilé rue Jeanne-d’Arc, puis rue Lecanuet, pour terminer les festivités derrière l’Abbatiale Saint-Ouen. Sur près de deux kilomètres et pendant deux heures, les marins ont salué tous ceux qui, appareil photo à la main, sont venus immortaliser un événement unique. D’autres peuvent même se targuer d’avoir pu profiter d’un moment privilégié : le toucher de pompon rouge, censé porter bonheur, sur la tête des marins du Bretagne. « Et un bisou ! », quémande avec espoir une spectatrice. Vœu exaucé.

Par ordre alphabétique, les marins d’environ une vingtaine de pavillons se sont succédé, dans leur plus belle tenue d’apparat. C’est ainsi que la frégate espagnole Atyla a ouvert le bal, suivie de près par les Français Belem et Charles-Marie. En quatrième position, les jeunes Polonais du Dar Mlodziezy, les Espagnols du El Galeon ou encore les Russes du Sedov, dont le légendaire lever de chapeau de gauche à droite semble parfaitement maîtrisé. Les Brésiliens du Cisne Branco, déguisés et grimés de vert et de jaune ont, comme de coutume, mis le feu sur tout le déroulé du parcours. Leur passage, ponctué par des danses endiablées avec certaines spectatrices se retrouvait à l’opposé de celui de l’équipage du Mexique, leur homologue d’Amérique latine. Marche cadencée, pas saccadés : dans une tenue impeccable, les marins mexicains sont restés très sérieux.

C’était sans compter le reste des membres, marinière à manches longues et salopettes jaune criard : leur chorégraphie, relativement fluide, n’a pas manqué de faire danser le public à chaque trottoir. « C’est super, tous les plus beaux pays sont représentés », se réjouit Virginie, venue en famille. Depuis l’Abbatiale, elle profite des derniers instants de la parade. « On a commencé au Théâtre des Arts et on est remonté jusqu’ici. L’ambiance a suivi du début jusqu’à la fin ! ». Non loin d’elle, Alain en profite pour faire une dernière photo, penché sur les toutes les têtes. « C’est notre première journée à Rouen. On vient juste d’arriver pour la fin du défilé », regrette-t-il. « On est vraiment impressionnés par la diversité de ces équipages et par le monde. » Patrick Herr aussi. « Il y avait plus de monde que les éditions précédentes. C’est un grand moment pour un président. » S’il a fermé la marche, il a également fait ses adieux à cet énième défilé traditionnel.


Et pour celles et ceux qui n'étaient pas dans les rues de Rouen pour cette parade du 12 juin, on trouvera un bon diaporama sous le lien suivant:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/carnet-bord-larmada-rouen-septieme-jour-defile-marins-trop-populaire_24973951.html