Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas!

La fusion académique normande est refusée de façon frontale par les personnels des rectorats de Caen et de Rouen et leurs représentants syndicaux sous prétexte que les deux académies normandes sont les seules appelées à fusionner dans le nouveau cadre territorial régional issu de la loi NOTRe de 2015 et parce que cette fusion est surtout l'occasion d'une réforme au rabot donc au rabais...

Autant nous donnons totalement raison, sur le second point, aux personnels qui contestent cette fusion, autant nous leur donnons tort sur le premier point: la Normandie n'est pas une lubie soudaine de technocrates mais une réalité géo-historique millénaire et l'académie normande sur ses cinq départements (voire six en y ajoutant, un temps, la Sarthe) a déjà existé entre la première moitié du XIXe siècle et 1965.

Le problème fondamental est le suivant: les bureaucrates d'une Education Nationale centralisée sinon jacobine placée sous la coupe des raboteurs de Bercy qui prennent, chaque année, leurs ordres à Bruxelles, sont, hélas, très mal placés pour conduire une réforme de fusion régionale. La Normandie et le fait régional d'une manière générale n'ont jamais été réellement pris au sérieux dans l'Education Nationale du bureau parisien de Monsieur le Ministre à la dernière salle d'école communale (sauf heureuses exceptions...)

En interne, il n'y a aucune culture régionale, voire aucune curiosité intellectuelle régionale ( a fortiori pour la Normandie cet objet moisi qui sent l'extrême droite diront certains) qui pourraient permettre de justifier la fusion académique de façon positive, au service d'un authentique projet éducatif normand lui-même au service d'une jeunesse normande qui en aurait bien besoin (illettrisme, difficultés socio-scolaires enkystées, sous qualification chronique, manque de formations supérieures, fuite des jeunes les plus talentueux et les plus ambitieux ...)

Le recteur Rolland, originaire de notre région, avait bien tenté de faire une pédagogie normande en interne (projet "Normandie apprenante") mais il a été mis en échec tant par ses maladresses personnelles que par un évident manque de volonté dans les bureaux des rectorats concernés ainsi que dans les établissements scolaires.

Il faut donc parler d'un choc de cultures professionnelles et intellectuelles: l'Education Nationale est une institution viscéralement jacobine et par certains côtés et par certaines prises de position de certains acteurs, elle s'oppose farouchement à tout progrès de l'idée régionale.

Ne reste alors que le soupçon d'une fusion pour des raisons comptables...

Lire les dernières nouvelles de cette triste affaire pour la Normandie et l'avenir de sa jeunesse:

  • Dans l'édition du 14 juin 2019 de la Lettre Eco Normandie on trouvera un portrait de la rectrice qui vient d'arriver à Caen en remplacement du recteur Rolland:

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  • Dans l'édition du 13 juin 2019 de l'hebdomadaire "Liberté" (Caen) on nous apprend que la contestation de la fusion académique reprend de plus belle:

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