Patrick HERR, le créateur de l'Armada de Rouen "voiles de la Liberté" en 1989 passe la main non sans émotion: son action démontre que la société civile locale et régionale est capable de grandes initiatives d'intérêt général et que les bureaucrates et les élus doivent suivre et se mettre au service des idées portées par les citoyens et non l'inverse.

Dans l'entretien qui suit, donné à Paris-Normandie, Patrick Herr ne formule aucun regret. Nous non plus. Mais nous nous permettrons une suggestion que nous transmettrons très vite à l'organisation ainsi qu'à la région Normandie:

Que l'on offre aux navires et équipages invités lors de la prochaine édition deux pavillons de courtoisie qu'ils pourront arborer dans la mâture et garder aussi en souvenir:

un pavillon normand et un pavillon aux armes historiques de la ville de Rouen:

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En 2016, un internaute normand a proposé la création d'un pavillon naval normand:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Pavillon_navale_Normand.png

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Patrick Herr dresse le bilan de l’Armada de Rouen : « Je n’ai aucun regret»

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En 2013, il ne s’était pas exprimé à la veille de la Grande Parade en Seine. Samedi 15 juin 2019, Patrick Herr s’est présenté devant la presse pour dresser le bilan de cette 7e édition. Trente-trois ans plus tard, il se prépare à lâcher la barre.

Patrick Herr se lèvera tôt ce matin. Comme d’habitude il scrutera à sa fenêtre le ciel. Il se rendra tôt au Hangar 23, le QG 2019 de l’Armada. Il jettera un œil sur la liste des départs de la Grande Parade. Et avec sa garde rapprochée et quelques personnalités locales, il montera à bord du Mircea. C’est sur le voilier roumain jaune et bleu, parqué sur la rive gauche, que Patrick Herr vivra son ultime descente de la Seine jusqu’à Honfleur, dans la peau du boss de l’Armada.

L’Armada 2019 largue les amarres dans quelques heures, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Patrick Herr : « C’est un moment d’émotion et, en même temps, de satisfaction. Je suis heureux d’avoir réussi une septième édition. J’ai l’impression d’avoir fait sept quinquennats ; il y a beaucoup de présidents qui auraient rêvé d’en faire autant ! Pour venir vous rejoindre au PC Presse, j’ai marché sur les quais au milieu de la foule. Les gens m’arrêtent pour faire des selfies, signer des autographes sur le programme officiel. Quand le ministre est venu samedi dernier (NDLR Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur), il n’en a pas signé un seul ! Mercredi, lors du défilé des marins dans les rues de Rouen, dans ma Jeep décapotable, j’avais l’impression d’être le Général de Gaulle ! »

« Sans les bénévoles,il n’y aurait pas d’Armada »

Comment qualifieriez-vous l’Armada 2019 dans votre collection personnelle depuis 30 ans ?

« Malgré le temps pluvieux et ce coup de tabac du 7 juin, il y a eu beaucoup, beaucoup de monde. Cette 7e édition a généré un gros engouement, du public, du monde de l’entreprise. Et ce que je retiens surtout, ce sont tous les remerciements reçus par les bénévoles. Sans eux, il n’y aurait pas d’Armada. Ils sont la cheville ouvrière de l’événement. Je suis très sensible aux marques de sympathie adressées à ces quelque 400 bénévoles. Tout le monde peut être fier de cette manifestation. »

Si vous ne deviez retenir qu’un temps fort pour cette Armada, ce serait lequel ?

« Comme à chaque fois le défilé des équipages. C’est un moment extraordinaire. Mais je citerai aussi la messe des marins. »

Cette 7e édition est bien votre dernière ?

« Je quitte la barre mais je ne largue pas les amarres. Je donnerai un coup de main à mon successeur (NDLR l’entrepreneur rouennais Jean-Paul Rivière) si c’est accepté par le conseil d’administration. La passation de pouvoir se fera à ce moment-là, le 20 mars 2020. Mais j’espère bien voir en tant que simple spectateur une, deux et même encore trois Armada ! »

Depuis sa création en 1989, l’Armada n’a cessé de se développer. Qu’est-ce qui pourrait lui permettre d’évoluer encore ?

« Cette fois, nous avons eu avec L’Hermione, un magnifique invité d’honneur. Mais on peut imaginer d’en recevoir d’autres. Revoir ce magnifique bateau qu’est l’Amerigo Vespucci. C’est pourquoi nous avons toujours conservé un gros carnet d’adresses et cultivé d’excellents contacts avec les attachés navals, les ambassades... »

Peut-on avancer une date pour la prochaine Armada ?

« Non. D’abord parce que cela dépendra du futur conseil d’administration, et aussi parce qu’il faudra prendre en compte d’autres événements importants dans le monde entier, ainsi que le programme des grands voiliers qui pourront être appelés à se rassembler ailleurs. »

Quels conseils avez-vous envie de donner à votre successeur ?

« Au cours de ces dix derniers jours, il s’est beaucoup promené avec moi sur le site, il a beaucoup observé. Il a pu constater le rôle essentiel tenu par chaque bénévole. A chacun, il faut savoir dire merci. »


 

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