Pendant que la langue française est assiégée en sa place parisienne pour s'y faire massacrer non pas par des assaillants extérieurs mais par tous les ennemis intérieurs, la région Normandie a enfin compris l'urgence de sauver et de valoriser le patrimoine linguistique normand qui a joué un rôle fondamental dans la construction de l'anglais et du français contemporains: l'étude et la pratique concrète de ce patrimoine immatériel, véritable passerelle linguistique entre la France et l'Angleterre devrait faire l'objet d'une politique pédagogique spécifique dans les écoles de Normandie. La question est posée de savoir si, hélas, l'Education Nationale n'est pas la pire des solutions pour mettre en oeuvre une telle politique linguistique!

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En attendant, saluons avec chaleur et fierté la lettre du communiqué à lire ci-après car certains d'entre nous attendaient cela depuis plus des lustres!


 

La Région et la F.A.L.E signent une convention pour la promotion et la sauvegarde du « Parler normand »

Hervé Morin, Président de la Région Normandie, Nicolas Abraham, Président de la Fédération des associations pour la langue normande (F.A.L.E), ont signé, ce jour, à l’Abbaye-aux-Dames à Caen, une convention pour la promotion et la sauvegarde du « Parler normand », en présence d’Edouard de Lamaze, Conseiller régional de Normandie.

« Nous avons en Normandie un héritage culturel important et il appartient à la Région de lui donner un nouvel élan.  A travers la signature de cette convention avec la F.A.L.E, nous entrons dans une phase concrète de sauvegarde et de valorisation du  " Parler normand ".  Il faut que chacun se réapproprie ce patrimoine immatériel pour consolider le sentiment d’appartenance à une culture normande commune » a déclaré Hervé Morin, Président de la Région Normandie.

15 000 euros par an pour soutenir les actions de la F.A.L.E

Pour mémoire, Hervé Morin, Président de la Région Normandie, avait annoncé le 19 janvier dernier, lors de la première rencontre régionale du « Parler Normand » qui s’est tenue à l’Abbaye-aux-Dames à Caen, la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie régionale pour la sauvegarde et la valorisation de la langue normande.

Celle-ci se traduit  aujourd’hui par la signature d’une convention d’objectifs pour la période 2019-2021 avec la Fédération des Associations pour la Langue normandE (F.A.L.E).

Créée en 2016, la F.A.L.E fédère toutes les initiatives se rapportant à la sauvegarde et à la promotion de la langue normande. Elle regroupe 10 associations : l’association des parlers de Normandie (APNOR), Magène, les Amis du Donjon, l’Université populaire normande du Coutançais, la Chouque, la Fédération des jeux et sports normands, l’Université rurale du Cauchois, Le Pucheux, l’Emai, l’association société Alfred Rossel.

La Région a décidé de s’appuyer sur cet acteur de référence pour mettre en œuvre une partie de son plan d’actions. Dans le cadre de cette convention, elle accompagne ainsi la F.A.L.E à hauteur de  15 000 euros par an pour la mise en œuvre des actions suivantes :

§  L’organisation de cafés normands ouverts à la population dans les communes

§  La collecte régionale des témoignages et des écrits sur le parler normand

§  La promotion et découverte des jeux et sports normands

 

La nouvelle stratégie régionale en faveur du « Parler normand »

Le nouveau plan d’actions lancé par la Région se décline autour de 3 principaux axes :

1/ Sauvegarder le « Parler normand » en partenariat notamment avec La Fabrique de Patrimoines en Normandie

Un travail de référencement sera effectué autour de :

-          La réalisation d’une enquête sociolinguistique sur la pratique du normand ;

-          Un recensement de tous les ouvrages sur le « Parler normand » ;

-          La création d’un atlas linguistique sonore ;

-          Le financement d’un programme de recherche autour de ces questions.

Un comité scientifique et culturel sera, par ailleurs, prochainement créé pour garantir la qualité de l’ensemble des travaux menés dans le cadre du plan opérationnel.

 

2/ Valoriser et développer le « Parler normand »

En lien avec le Rectorat et les collectivités locales, la Région étudie l’opportunité de proposer des cours optionnels aux jeunes.

Par ailleurs, la Région encouragera le développement, en lien avec les associations de la F.A.L.E, de cafés normands, temps de rencontres sur les territoires pour adultes mais aussi la mise en place d’actions pour les enfants sur les temps périscolaires : contes, bals chantés…

La Région soutiendra aussi, par exemple, la Ferme culturelle du Bessin qui proposera des ateliers de lecture de contes normands dans les bibliothèques normandes.

 

3/ Communiquer auprès du grand public

Tout comme pour la première édition du FÊNO, Festival de l’excellence Normande, qui s’est tenu en avril 2019 à Caen, des stands gratuits seront mis à disposition des structures normandes ayant une activité dans le domaine du patrimoine immatériel durant la prochaine édition qui aura lieu au printemps 2020 au parc des expositions de Rouen.

La Région accompagnera également l’installation de panneaux signalétiques en normand à l’entrée et à la sortie des communes et organisera deux fois par an des temps d’échanges sur la langue normande.

 

Le normand, une langue « sérieusement en danger » selon l’UNESCO

Le normand est une langue romane, à 80 % issue du latin. Elle s’est mâtinée de quelques termes saxons, vikings au gré des apports de l’histoire. Elle a embarqué avec les Normands partis découvrir le continent américain et se retrouve encore aujourd’hui jusqu’au Québec et dans le parler créole réunionnais.

L’histoire retiendra que le Duc de Normandie, devenu Guillaume le Conquérant lorsqu’il fut couronné roi d’Angleterre le 25 décembre 1066 dans la cathédrale de Westminster, fit du normand la langue du pouvoir et qu’elle devint la plus utilisée dans la littérature anglaise aux XIe et XIIe siècles.

Le normand est parlé aujourd’hui par 30 000 personnes du Pays de Caux aux îles anglo-normandes. C’est une des principales langues d’oïl, classée parmi les langues « sérieusement en danger » par l’UNESCO.

La langue normande se scinde entre différents parlers. Des variations lexicales peuvent apparaitre à très peu de kilomètres de distance. On peut au moins distinguer le cotentinais (Cotentin), le brayon (pays de Bray : Seine Maritime et Oise), le cauchois (pays de Caux), le nord-cauchois, le Roumois et l’augeron (dans le pays d’Auge), aujourd’hui quasiment disparu.

Le saviez-vous ? Certains mots anglais viennent du normand !

Le normand a été la langue officielle de la cour d'Angleterre jusqu'au milieu du 14e siècle et a donné à la langue anglaise une bonne partie de son vocabulaire (cat, chair, candel, garden, can, fork...) ! Il est également à l’origine de la langue jersiaise, dialecte utilisé encore aujourd’hui sur l’ile anglo-normande de Jersey.


Voir aussi cet article de Paris-Normandie dans lequel Hervé Morin s'exprime largement sur les raisons de sauver la langue normande. Citation: "c'est un vrai beau projet et je déteste ceux qui le tournent en dérision".

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/langue-normande-en-danger--la-region-normandie-s-engage-avec-la-fale-pour-sa-sauvegarde

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La convention signée lundi à Caen doit permettre la promotion et la sauvegarde du « Parler normand ». (Photo Aprim-Caen)

Il n’y a pas encore de panneaux aux entrées des communes en langue normande, ni d’écoles « bilingues » ! On en est loin et ce n’est pas pour demain que la Normandie ressemblera à la Corse ou à la Bretagne. Langue romane, à 80 % issue du latin, le normand s’est mâtiné de quelques termes saxons, vikings au gré des apports de l’histoire. La langue a même embarqué avec les Normands partis découvrir le continent américain et se retrouve encore aujourd’hui jusqu’au Québec et dans le parler créole réunionnais. On estime aujourd’hui que 20 000 à 30 000 personnes, du pays de Caux aux îles anglo-normandes, parlent le normand.

« Tous les spécialistes ne sont pas d’accord pour évoquer le terme de langue. Certains préfèrent le terme de patois, il y a débat sur le sujet », admet Nicolas Abraham, président de la Fédération des associations pour la langue normande (Fale). Créée en 2016, la Fale fédère toutes les initiatives se rapportant à la sauvegarde et à la promotion de la langue normande et regroupe pas moins de dix associations (1). À ce jour, la langue normande se scinde entre différents parlers.

Un premier café normand dans l’Eure

Pour assurer la défense et la pérennité de la langue régionale, une convention pour la promotion et la sauvegarde du « Parler normand » a été signée lundi dernier à Caen entre la Région et la Fale pour la période 2019-2021. « Nous avons en Normandie un héritage culturel important et il nous appartient de lui donner un nouvel élan. Le projet que nous portons à travers cette convention est d’abord un acte d’amour. Il faut que chacun se réapproprie ce patrimoine immatériel pour consolider le sentiment d’appartenance à une culture normande commune », affirme Hervé Morin, le président de la Région Normandie.

Le texte prévoit un travail de référencement autour de la réalisation d’une enquête sociolinguistique sur la pratique du normand ; un recensement de tous les ouvrages sur le « Parler normand » ; la création d’un atlas linguistique sonore et le financement d’un programme de recherche autour de ces questions.

Des contacts sont également pris avec le rectorat pour proposer des cours optionnels aux jeunes. Des cafés normands verront le jour pour toucher le grand public. Valognes, Cherbourg et Brionne, dans l’Eure, pourraient être les premiers à voir le jour. « C’est un vrai beau projet. Je déteste ceux qui le tournent en dérision. La culture est un tout », ajoute Hervé Morin.

« Il y a urgence à agir. Là, on se sent soutenus », souligne Nicolas Abraham. Enfin, pour les communes qui le veulent, la Région se propose d’accompagner l’installation de panneaux signalétiques en normand.

(1) Les 10 associations : l’Apnor (Association des parlers de Normandie), Les amis du donjon de Bricbé/Bricquebec, La Chouque, L’émai, la Fédération des jeux et sports normands, Magène, Le Pucheux, La Société Alfred-Rossel, l’UPNC (Université populaire normande du Coutançais), l’URC (Université rurale du cauchois).