L'Etoile de Normandie relaye bien volontiers le dernier communiqué du cercle Normand de l'Opinion qui rend hommage à Bernard PINEL le maire d'Isigny-le-Buat qui vient de renvoyer sa légion d'honneur à l'Elysée pour protester contre le projet autoritaire d'Etat de destruction des barrages de Vézins et de la Roche-qui-boit pour une renaturation de la vallée de la Sélune aussi coûteuse qu'hypothétique alors que nous avons cruellement besoin de toutes les énergies renouvelables alternatives disponibles pour conduire la transition écologique et énergétique dans le but de stabiliser le réchauffement climatique: les climatologues du GIEC viennent de nous rappeler que nous avons à peine 15 ans pour agir avant que le rechauffement climatique ne s'emballe et ne devienne irréversible!

Les barrages hydro-électriques de l'Avranchin pouvaient ainsi procurer l'énergie nécessaire à la fabrication d'hydrogène à destination du parc des autocars publics au moment où le conseil régional de Normandie monte en puissance au niveau européen dans sa politique publique de promotion de l'hydrogène: cherchez l'erreur!

DSC_0151-1-854x569

Au tableau d’honneur de la Normandie : un homme de conviction en colère

​Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion

 

Ancien conseiller général du canton d’Isigny-le-Buat et maire de cette commune du Sud-Manche, Bernard PINEL vient d’envoyer une lettre ouverte au Président de la République et lui remet son insigne de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Hormis la presse très locale, les médias n’ont pas relayé cette information qui, pourtant, traduit l’indignation d’une personnalité qui a consacré trente années de son existence au service de ses concitoyens et des institutions de la République.

Quels sont les motifs de la colère de M. Pinel ? Il dénonce la violence et la duplicité de l’État et de ses représentants locaux qui, après être restés sourds aux arguments des défenseurs des barrages du Sud-Manche, ne tenant aucun compte des éventuelles décisions de justice en appel à venir, ont entrepris la destruction irréversible des ouvrages d’art en litige. Cette politique du fait accompli est une insulte à la justice, d’une part, et à la majorité de la population directement concernée par cette frénésie de pureté soi-disant écologique. Laissons parler Bernard Pinel :
« La décision de supprimer les barrages, pour permettre la continuité écologique de la Sélune, en vue de la libre circulation des saumons, est un véritable outrage au principe de valorisation des énergies renouvelables, notamment l’hydroélectricité et expose, en outre, les populations et les biens en aval de ces barrages à des risques d’inondations. L’État nous a traités par le mépris, d’autant qu’il était techniquement possible de maintenir ces barrages en assurant la libre circulation des saumons par des passes à poisson. L’argument tenant au coût trop élevé de la réalisation de tels équipements frise le ridicule lorsque l’on connaît le montant exorbitant des sommes investies pour la renaturation de la vallée de la Sélune après l’arasement des barrages ».
(N.D.L.R. : Qui va payer ? L’État ? L’Agence de l’eau Seine-Normandie ? Les collectivités locales ? In fine, les contribuables ! C’est cher payé pour la satisfaction des adeptes de la pêche sportive !)…
M. Pinel termine son propos au Président de la République :
« La décision de supprimer ces barrages n’est pas définitive puisque son bien-fondé sera apprécié au mois de juin par le Tribunal Administratif de Caen. Pressentant, sans doute, que le tribunal n’aura pas la même appréciation que le juge du référé (…) l’administration s’empresse de commencer la destruction du barrage de Vézins. Une attitude plus digne de l’État aurait consisté à attendre la décision du tribunal administratif avant de commencer les travaux de démolition. Pour l’ensemble de ces motifs qui déshonorent l’État, je renonce au bénéfice de ma Légion d’Honneur ».
Le C.N.O. salue la noblesse de la décision de M. Pinel et rappelle qu’il a, de son côté, dénoncé l’absurdité de cette politique de gribouille : l’énergie hydroélectrique est l’énergie renouvelable la plus constante et les réserves d’eau douce des lacs de retenue sont une ressource incomparable dans la perspective du réchauffement climatique. L’État s’exonère un peu facilement du respect que l’on doit aux institutions judiciaires : à l’inverse, il est impitoyable à l’égard de ceux qui le contestent. Deux « Amis des barrages » viennent d’être condamnés pour avoir pénétré sans autorisation dans l’enceinte et s’être enchaînés aux grilles d’un de ces établissements…  

Ducey, le 24 juin 2019
C.N.O.

Voir aussi: