Il y a quelques jours, par l'intermédiaire d'une source syndicale interne, la rédaction de l'Etoile de Normandie a reçu un document de travail de 21 pages encore confidentiel et daté du 3 juin 2019 qui présente dans tous les détails l'architecture interne et l'organisation des services administratifs de la future "académie de Normandie" autrement dit, l'académie de Caen retrouvant son périmètre d'avant 1965, à savoir: les cinq départements normands (moins la Sarthe) et l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

L'existence de ce document démontre que le projet de recréer une unité académique normande n'a pas été retiré par le ministère de l'Education Nationale comme avaient pu le croire certains responsables syndicaux ainsi que les personnels très mobilisés contre cette "fusion normande" dans les rectorats de Caen et de Rouen au point que le recteur de Caen officiellement chargé de la mettre en oeuvre a été acculé à la démission après avoir accumulé les maladresses à l'encontre de son personnel vent debout contre cette "fusion"...

Une "fusion" dont ces personnels ne veulent même pas entendre parler faute de vouloir comprendre, pour des raisons tant idéologiques qu'affectives que l'exception académique normande (les deux académies de Caen et de Rouen sont les seules à fusionner dans le nouveau cadre régional issu de la loi NOTRe de 2015) est justifiée par le retour à l'évidence de l'unité régionale normande qui n'aurait jamais dû cesser d'exister.

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https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/ils-ne-veulent-toujours-pas-fusion-academies-rouen-caen-1648976.html

Le départ du recteur Rolland, pourtant originaire du Cotentin et authentiquement intéressé à la mise en oeuvre d'un projet académique normand, était devenu indispensable pour éviter l'enterrement de cette réunification académique normande: nous évitons de parler de fusion car il ne s'agit pas, de notre point de vue, d'une réforme comptable, d'une fusion pour réaliser des économies par le moyen de douloureuses restructurations. Il s'agit d'adapter, ENFIN, un outil d'intérêt général aux besoins et aux réalités, sinon aux urgences socio-scolaires de la Normandie et de sa jeunesse car on a trop fait, hélas, l'inverse avec une action qui avait consisté jusque là à accompagner les retards socio-scolaires normands et à exfiltrer du trou normand la jeunesse normande la plus talentueuse, la plus compétente et la plus ambitieuse quitte à nourrir la croissance et l'attractivité des métropoles voisines d'une Normandie qui, après 60 années passées dans la division régionale et la médiocrité localiste, en reste cruellement dépourvue: la jeunesse fixe son avenir dans les grandes villes mais faute d'avoir une vraie métropole régionale normande (qui pourrait être la "tripolitaine" Caen/Rouen/ Le Havre), la Normandie a complètement raté sa démocratisation de l'accès aux diplômes dans les années 1970/2000...

A l'instar de la création d'un conseil régional unique en Normandie, le retour à l'unité académique normande doit être l'occasion de mettre en oeuvre les politiques publiques nécessaires pour, d'une part, sortir la jeunesse normande de son retard socio-scolaire et de stopper l'hémorragie des jeunes cerveaux normands en développant l'attractivité universitaire, scientifique, technologique et culturelle des trois grandes villes normandes qui devraient disposer d'une politique intégrée et cohérente de la jeunesse établie en coopération avec la région, les départements, l'académie et les universités qui dépendent encore d'un état central toujours autant parisien que jacobin.

Il revient, désormais, à une rectrice nouvellement nommée de mettre en oeuvre cettre réunification académique normande avec, si possible, plus de tact que son prédécesseur. Mais il est à craindre que cela se fera dans douleur puisqu'il n'y a plus aucune confiance dans un Etat central qui fait valser en Normandie et sur un tempo soutenu ses préfets et ses recteurs, qui fait tout pour que s'élève la suspicion contre une réforme comptable déguisée en réforme structurelle d'intérêt général dans les esprits d'un personnel administratif de l'Education Nationale qui n'a jamais, il faut bien le dire, pris au sérieux l'idée régionale normande faute d'avoir eu l'occasion de la mettre en oeuvre ou de l'éprouver dans le cadre d'un espace vécu professionnel et institutionnel.

Ci-après, vous trouverez l'intégralité de ce document de travail assorti des commentaires de lecture de Florestan:

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