A juste titre, nous avions critiqué La Manche Libre, premier hebdomadaire indépendant normand dans sa plutôt médiocre couverture de la fête des Rouaisons, la fête annuelle célébrant la langue normande qui s'est tenue à Montebourg les 21/22 et 23 juin dernier.

Dans sa dernière édition pour le Nord-Cotentin datée du 4 juillet 2019, l'hebdomadaire Manchot a retrouvé son angle pro-normand avec cet article qui constate les progrès actuellement réalisés dans la présentation du patrimoine linguistique normand à la population: la défense et la valorisation de la langue normande est un combat culturel à mener au sens défini par le philosophe italien "marxien" Gramsci qui considérait que le combat pour les idées est plus essentiel et stratégique que tous les autres combats.

Les journalistes n'ont pas de curiosité intellectuelle sous prétexte de faire la chronique objective du réel: c'est donc un réel transformé par un combat culturel qui doit s'imposer à eux. Un réel normand.

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Au restaurant "Le Baligan", à Siouville-Hague (Manche), le menu est désormais traduit en patois normand !

Grâce à l'idée originale de Jacky Lebuhotel, à la traduction de Théo Capelle et à Christophe Iskenderian, gérant du restaurant "Le Baligan", le menu de ce dernier, situé à Siouville-Hague (Manche) est traduit en patois normand.

Le gérant a eu l'idée de cette traduction quand Jacky Lebuhotel, "de retour de Jersey, m'a montré des photos où la double signalisation est présente partout, en anglais et en jersiais. Ma réflexion a été simple : pourquoi pas chez nous ? Les Anglo-Normands sont si proches..."

Lorsque l'on ouvre le menu, on peut découvrir la carte en français mais également traduite en langue normande"C'est simple, on compare et on traduit, ce qui permet de se rendre compte que certains mots sont proches de l'anglais, région colonisée par nos fiers ancêtres, il y a pas mal d'années."

Quelques inventions !

Pour ce faire,Christophe Iskenderian a sollicité l'aide d'un célèbre expert et défenseur de la langue régionale : Théo Capelle. Celui-ci a relevé le défi et ce n'était pas si simple. "Malheureusement, le Normand n'a pas évolué car peu pratiquent, et pour un menu, il y a des mots qui n'existent pas. Il a donc fallu s'adapter, voire inventer." Désormais, même la devanture s'est mise à la langue normande, les estivants pourront s'essayer au patois normand en dégustant les spécialités du restaurant.