Les consommateurs, notamment les plus jeunes apprécient de plus en plus les petites crèmes lactées de la marque "les deux vaches", une marque du groupe Danone réalisée à partir de la collecte du lait normand du Bessin autour du Mollay-Littry:

Dans une édition passée de la Lettre-Eco Normandie (29 juin 2019), on lira ceci:

lesdeuxvachesbio

Mais l'actualité récente nous rapporte aussi ceci:

https://www.ouest-france.fr/normandie/danone-licencie-un-eleveur-laitier-normand-6430447

Danone « licencie » un éleveur laitier normand

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Pour protester contre « la résiliation unilatérale de son contrat laitier » par Danone, Jean-Jacques Pesquerel, producteur de lait à Vaubadon (Calvados), a déversé, ce midi, 3 500 litres de lait devant l’usine de yaourts du Molay-Littry (Calvados).

Producteur de lait à Vaubadon (Calvados), Jean-Jacques Pesquerel a été « licencié » par le groupe Danone, le 1er juin dernier.

Le 1er juin dernier, son contrat a été dénoncé par la laiterie. Au motif ? « Qualité du lait irrégulière et volumes livrés insuffisants », affirme l’éleveur normand de 57 ans, également président de la Coordination rurale du Calvados. « Je livrais mon lait depuis 31 ans à l’usine du Molay-Littry. C’est une décision unilatérale, sans préavis, qui me conduit à la faillite. »

Des poursuites prévues

Soutenu par son syndicat et un comité de soutien, Jean-Jacques Pesquerel a déversé 4 000 litres de lait (qui n’est plus collecté) devant l’usine de yaourts et desserts lactés de Danone au Molay-Littry.

L’éleveur a l’intention de poursuivre le géant laitier pour rupture abusive de contrat devant le tribunal de commerce de Caen.

Danone dit « avoir essayé d’aider techniquement l’éleveur » et évoque des « problèmes de qualité de lait répétés depuis deux ans. » Le géant laitier, qui compte 2 000 producteurs en France, « ne résilie qu’exceptionnellement un contrat laitier (de cinq ans, NDLR). Un cas par an. »

Danone collecte le lait « conventionnel » de l’organisation de producteurs (OP) des « trois vallées », qui regroupe 100 producteurs pour un volume de 50 millions de litres de lait.


 

Commentaire de Florestan:

La filière laitière normande a enfin compris que pour assurer sa survie elle devait s'engager dans une reconversion totale de son modèle économique de production pour aller vers une production qualitative respectueuse de l'environnement: le modèle dit "conventionnel" productiviste développé à outrance depuis 50 ans est condamné. S'impose donc le retour au modèle traditionnel normand modernisé dans sa gestion d'une polyculture herbagère et laitière de haute qualité et de circuit court et, de préférence, en agriculture bio.

Sauf que ce retour sur le plancher des vaches de la filière laitière normande n'est pas sans difficultés: la reconversion dure 5 longues années et la contractualisation décidé au sein d'un bassin laitier pourtant normand décidé par la réforme Lemaire de 2011 n'a jamais réellement fonctionné: les éleveurs se retrouvant souvent seuls face à la laiterie qui achète leur lait.

Il va falloir donc que la région Normandie et la chambre régionale d'agriculture soient plus volontaristes dans l'accompagnement social, technique, financier et humain de cette indispensable reconversion qui réussit à tous les éleveurs normands qui ont su la mener à bien et à temps car la demande sociale pour manger bon, bio et local est de plus en plus forte...

Exemple avec le cas sensible des cantines scolaires: (Ouest-France, juin 2019)

BIOCANTINES