Gouverner c'est aussi prévoir en faisant les arbitrages nécessaires. Certains peuvent être douloureux même s'ils peuvent être justifiés par des raisons objectives: le problème pour les décideurs responsables (élus ou haut-fonctionnaires) c'est qu'on ne peut plus prendre de décisions publiques sans que le public concerné ne soit réellement associé à la décision et c'est particulièrement vrai en ce qui concerne la définition d'une politique ferroviaire normande à l'échelle de toute la Normandie:

Et c'est ainsi que les arbitrages du conseil régional de Normandie au sujet de certaines lignes ferroviaires posent question notamment du côté des associations d'usagers concernées...

Autant on pourra partager l'inquiétude sur l'avenir du  Caen-Tours dont le potentiel en terme de trafic voyageurs mais surtout fret est sous-exploité, ou encore le Paris-Granville qui n'a toujours pas de projet de ligne global au delà des trafics partiels et parfois intenses observés sur cette ligne qui pourrait être la desserte touristique ferroviaire du Mont-Saint-Michel, autant on ne partagera pas, en revanche, l'inquiétude au sujet de la ligne Caen-Rennes qui ne fait pas l'objet d'une demande suffisante  ou d'une offre suffisamment concurrentielle face à la gratuité de l'autoroute A84: la priorité ferroviaire en matière de liaison inter-urbaine normande devrait plutôt aller vers le renforcement de la desserte entre Caen, Rouen et Le Havre.

Sur le sujet très précis du Caen-Rennes, on soutiendra la volonté d'Hervé Morin et du conseil régional de Normandie de revoir sérieusement les choses car avant la réunification, l'ex Basse-Normandie finançait tous les mouvements de trains  sur cette ligne Caen-Rennes: la région Bretagne ne donnant pas un rond!

470379

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-470379-la-fin-de-la-ligne-caen-rennes-programmee-pour-2019

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/caen_14118/sncf-manifestations-contre-suppressions-trains-sur-ligne-caen-mans-tours_25643129.html

SNCF. Manifestations contre les suppressions de trains sur la ligne Caen-Le Mans-Tours

Alors que la Région Normandie reprend la gouvernance des trains en 2020, des usagers et des cheminots s'inquiètent de la suppression de trains sur la ligne Caen-Le Mans-Tours.

Le collectif citoyen de la défense des lignes Paris-Granville, Caen-Tours et Caen-Rennes a écrit aux conseillers régionaux de l’Orne, lundi 24 juin 2019. Ce collectif d’usagers s’inquiète de la suppression de trains sur la ligne Caen-Le Mans-Tours :

Cela se traduira au prochain service d’hiver, en décembre 2019 voire plus tôt, avec la suppression de 12 trains dans les deux sens, la fin de correspondances au Mans pour les TGV, et des trains retardés ou avancés qui ne permettent plus aux salariés, aux lycéens et aux étudiants, de pouvoir se rendre dans de bonnes conditions sur leurs lieux de travail ou d’étude.

Dans le même temps, David Cardin, représentant de la CGT cheminot à Caen, se pose des questions quant à la création de quatre allers-retours supplémentaires le samedi et le dimanche entre Paris et Deauville. « Avec une même enveloppe budgétaire, on ne peut pas développer une ligne sans qu’une autre en pâtisse, c’est obligatoire. La Région privilégie alors les touristes parisiens aux voyageurs normands… »

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12 trains supprimés ?

Selon les usagers, les syndicats et les élus régionaux Europe-Écologie-les-Verts, 12 trains supprimés, cela équivaut en distance à 2 780 km en moins sur les cinq jours de la semaine entre Caen et le Mans. 

« Nous avons appris tout cela par nos confrères de la Région des Pays-de-la-Loire, on a l’impression qu’on nous l’a fait à l’envers, assure David Cardin. D’autant plus que si la fréquentation de cette ligne Caen-Le Mans-Tours est en hausse, soit 300 000 voyageurs par an, elle n’est pas en bon état. Et on le sait bien, plus on laisse une ligne se dégrader, plus c’est difficile de la maintenir. » 

Si certaines liaisons supprimées sont repositionnées, « les nouveaux horaires ne permettront ni aux étudiants, ni aux travailleurs d’utiliser pleinement ce moyen de transport », souligne le groupe des élus Normandie Écologie – EELV. Les élus écologistes craignent en conséquence un retour vers les bus, « une aberration environnementale ».

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« La desserte des gares normandes sera maintenue »

Face à cette polémique, Hervé Morin, le président de la Région Normandie, a tenu à répondre aux inquiétudes. Par un courrier adressé au collectif citoyen de la défense des lignes Paris-Granville, Caen-Tours et Caen-Rennes, daté du 1er juillet 2019, il assure que « la desserte des gares normandes du Caen-Le Mans-Tours sera maintenue quasi à l’identique d’aujourd’hui ». Avant de préciser :

Il ne subsistera que des liaisons Caen-Le Mans et Caen-Tours là où coexistaient en 2019 des liaisons Caen-Argentan, Caen-Alençon, Surdon-Alençon, Argentan-Le Mans.

Mais les gares normandes de Mézidon-Vallée-d’Auge, Saint-Pierre-sur-Dives, Argentan, Surdon, Sées et Alençon « seront systématiquement desservies par les trains Caen-Le Mans et les trains Caen-Tours », souligne Hervé Morin.

Des correspondances TGV au Mans

Au niveau des correspondances TGV au Mans, le président de la Région fait remarquer que « sept possibilités seront offertes pour aller à Paris et huit pour en revenir chaque jour ». Par ailleurs, « seule la correspondance TGV à Saint-Pierre-de-Corps, près de Tours, le vendredi, pour le train de Bordeaux a été retenue. »

Concernant les autres correspondances TGV à Saint-Pierre-de-Corps, « qui imposent un crochet de 15 minutes », Hervé Morin estime qu’elles étaient trop préjudiciables « pour les usagers réguliers de la ligne Le Mans-Tours ». Les voyageurs interrégionaux devront donc désormais emprunter une navette depuis le centre de Tours pour rejoindre Saint-Pierre-des-Corps.

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Des mobilisations dans les gares normandes

Ces changements vont évidemment impliquer des modifications de la grille des horaires. « Une communication officielle en direction des voyageurs sera lancée dans le courant de l’été afin de leur permettre de s’organiser avant le changement d’horaire qui aura lieu en décembre », précise la Région Normandie.

Qu’à cela ne tienne, malgré les réponses d’Hervé Morin, les usagers et les syndicats des cheminots ont prévu de se rassembler, jeudi 4 juillet 2019, à 7h30 en gare d’Argentan, à 9h30 en gare de Caen, à 14h15 en gare du Mans et à 16h30 en gare d’Alençon. « Nous allons distribuer des tracts et alerter les voyageurs sur la situation », informe David Cardin.

La nouvelle grille horaire doit changer le 11 décembre 2019, « nous avons encore un peu temps pour organiser la mobilisation », conclut David Cardin.

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En 2019, il n'y aura plus de trains entre les deux métropoles régionales de Caen et Rennes. A la place, la Région a préféré la mise en place d'un Caen-Granville et d'un Rennes-Granville.


 

Et pendant ce temps, les nouvelles rames des grandes lignes normandes ont récemment été aperçues en rodage dans une gare d'Anjou (Angers Saint-Laud) par l'un de nos fidèles lecteurs:

Quelques images:

OMNEO TER normand (1)

OMNEO TER normand (2)

OMNEO TER normand (4)