La Normandie réunifiée a devant elle un énorme enjeu qui consiste à mieux se connaître elle-même que cela soit du point de vue des citoyens, acteurs et décideurs de la société civile régionale que de celui des élus et autres grands décideurs institutionnels car il ne s'agit pas seulement de recoller la carte postale normande qui fut, hélas, si longtemps, trop longtemps déchirée en deux. Il s'agit surtout de reconstruire un espace vécu normand qui autorise et stimule la reconquête de soi: la normandisation des Normands, voilà l'enjeu, un enjeu qui ne consiste pas à devoir nous affubler, toutes et tous, d'un casque viking mais de faire l'effort de curiosité indispensable pour la Normandie et les Normands afin d'être plus forts, plus actifs, plus heureux ensemble.

Et l'un des enjeux concrets sinon pratiques est de constituer une maîtrise normande des données numériques normandes: d'où l'idée de créer un "datalab" normand ne serait-ce que pour échapper à l'écrasante domination des GAFAM américains dans un domaine sensible en terme de libertés fondamentales et de souveraineté collective...

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Ce projet de "datalalb" nous avons pris le parti délibéré de le renommer en "New Domesday book" car c'est la version numérique au XXIe siècle de l'extraordinaire enquête des données sur la société civile anglaise qui fut ordonnée par Guillaume Le Conquérant en 1086 afin de permettre la levée de l'impôt la plus juste et la plus incontestable possible...

https://actu.fr/sciences-technologie/un-big-data-normandie-risque-nos-donnees-numeriques-personnelles_25685668.html

Un big data en Normandie : un risque pour nos données numériques personnelles ?

La Région Normandie met en place un Datalab, un laboratoire de données numériques qui rassemble partenaires privés et publics. Y-a-t-il un risque pour nos données personnelles ?

Lors de l’assemblée plénière de la Région Normandie, lundi 24 juin 2019, les élus ont adopté la mise en place d’un Datalab normand. Quèsaco ?

« L’idée est de proposer un laboratoire de données qui rassemble des partenaires privés et publics, des entreprises innovantes, des laboratoires de recherche, des collectivités, dans un cadre sécurisé, éthique et confidentiel », précise la Région Normandie.

Rassembler la connaissance

Hervé Morin, le président de Région, l’explique simplement :

Que ce soient les collectivités ou les entreprises, de nombreuses études sont réalisées sur de nombreux sujets. Il serait intéressant de mettre en commun toutes ces connaissances. Ces données que chacun produit sont aujourd’hui hébergées dans des endroits différents et ne sont pas toujours accessibles.

Les acteurs de la région, publics et privés, pourront ainsi exploiter ces données à des fins « d’analyse, d’amélioration de processus de production, de la relation avec des clients, d’évaluation ou de prospective », explique la Région Normandie dans un communiqué.

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L’exemple de traitement proposé lors du lancement du Datalab est celui de la société ATMO qui relève des données météo au niveau local. « Cette société a typiquement besoin de tous les outils modernes de l’Intelligence artificielle (IA° et du « Big data ») pour tirer tous les enseignements nécessaire à l’analyse en particulier dans un contexte de réchauffement climatique », expliquent les services de la Région Normandie.

Une belle idée qui a cependant soulevé des inquiétudes dans l’hémicycle régional. « Comment comptez-vous protéger les données de nos concitoyens, et leur garantir le droit de consultation et de suppression des informations qui les concernent ou qu’ils auront transmises, notamment quand elles auront été transformées ? », a demandé Laëtitia Sanchez, la présidente du groupe Normandie Ecologie EELV, lors de l’assemblée plénière.

Des risques pour nos données personnelles ?

L’élue écologiste pose plusieurs questions : « Quelles sont les garanties que les données ne seront pas captées ou revendues à l’insu des citoyens ? »

Et en cas de revente de leurs données, « nos concitoyens seront-ils informés de l’utilisation qui est faite de leurs données, et seront-ils rémunérés ? Pourront-ils s’opposer à la vente de leurs données ? »

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« Le Datalab n’est pas une place de marché »

Face à ces questionnements, la Région Normandie a tenu à préciser l’objet du Datalab :

Le Datalab n’est pas une place de marché des données et encore moins des données des citoyens. Ainsi, les entreprises ne seront pas amenées au travers de ce projet à acheter des données. Ce sont leur propres données qui feront l’objet de traitement.

Chaque utilisateur du Datalab devra respecter « le règlement général de protection des données (RGPD) garantissant les données personnelles et le vie privée, mais aussi la loi pour une république numérique dite loi Lemaire qui incite au partage, à l’ouverture des données d’intérêt général (open data) », rappelle la Région Normandie.

Enfin, la Région assure que le Datalab Normandie se dotera d’un comité d’éthique qui traitera ces questions nouvelles relatives à la protection des données, notamment.

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