Mercredi 3 juillet 2019, Hervé Morin était auditionné en tant que président de l'association des régions de France par une commission parlementaire de l'Assemblée Nationale qui prépare un rapport devant faire le bilan de la mise en oeuvre de la loi NOTRe de 2015.

Hervé Morin n'a pas manqué dans son propos de souligner que ce bilan était fortement contrasté même si cette loi a permis de faire progresser de façon notable le pouvoir régional dans une France qui reste foncièrement jacobine, donc centralisée depuis Paris.

Parmi ces éléments contrastés relevés par Hervé Morin,  la cohérence géographique et humaine du nouveau découpage régional continue de poser des problèmes: c'est clair, il y a des régions qui marchent et des régions qui ne fonctionnent pas bien...

Inutile de dire que le président normand pensait forcément à la Normandie pour évoquer ce qui fonctionne pour la bonne et simple raison que la Normandie est, de fait, la seule vraie région de France sur la carte (avec la Corse) puisque se trouvent associées en Normandie, par une superposition évidente, la région de la raison (le conseil régional) et la région du coeur (la province géo-historique).

Au point que l'on pourrait dire aussi que le cas d'école de la fusion normande qui semble évident pour les Normands fait, hélas, le malheur des Alsaciens, , des Lorrains, des Champenois, des Picards, des Auvergnats, des Dauphinois, des Basques, des Limougeots, des Poitevins, etc...

Car fusionner deux ex-régions voisines ne pouvait marcher que pour la Normandie!

Voir la captation video de l'intervention d'Hervé Morin devant les députés de la commission:

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.7916213_5d1c906533694.delegation-aux-collectivites-territoriales--audition-des-regions-de-france-3-juillet-2019


 

En 2015, nous avions proposé le découpage régional suivant et que nous avions fait connaître au président des régions de France de l'époque...

77356725_o

Nous sommes persuadés que la géographie territoriale française va encore évoluer soit à l'échelle régionale avec la probable disparition de la région "Grand Est" qui ne fonctionne pas (l'Alsace, collectivité territoriale unique en 2022 comme actuellement la Corse demandera très certainement à quitter la région "Grand Est") soit, plus sûrement, à l'échelle infra-régionale dans des néo-machins régionaux trop grands: l'évidence géo-historique provinciale sous-jacente va émerger au niveau départemental à l'occasion de fusions départementales qui permettront de retrouver une cohérence provinciale au sein des grandes régions: la Savoie (Savoie et Haute-Savoie), le Maine (Mayenne-Sarthe), le Berry (Indre- Cher), le Dauphiné (Drôme, Isère, Hautes-Alpes),  Le Quercy ( Lot -Tarn et Garonne), la Gascogne (Landes- Gers) pourraient réapparaître sur la carte de France...

Mais là encore, le découpage régional actuel s'oppose à l'évidence géo-historique provinciale: pour refaire le Dauphiné ou la Gascogne par fusion départementale au sein d'une grande région, il faudrait changer les frontières des régions concernées. La réunification du Dauphiné (on y pense en ce moment du côté de Grenoble et de Briançon) nécessiterait que le département des Hautes-Alpes vote sa sécession d'avec une région "PACA" qui préfère se faire appeler "région Sud" faute de pouvoir être surtout la Provence...

https://www.la-croix.com/France/region-Paca-devient-Region-Sud-2017-12-16-1200899988

Cette question de remodeler la carte régionale non pas à partir des régions existantes mais des départements qui ont réussi à conserver la mémoire géo-historique française depuis 1790 a pourtant été abordée au plus haut niveau de l'Etat à l'occasion de l'élaboration de la loi NOTRe et si le Rouennais François Hollande n'a pas souhaité faire la réforme territoriale régionale au niveau départemental c'est à cause des... Bretons: Le Drian qui souhaitait la réunification de la seule Bretagne historique (avec le département de la Loire-atlantique prise sur la région Pays-de-la-Loire) a refusé le compromis proposé par F. Hollande et Auxiette (le président de la région PDL) consistant à créer une région Grand-Ouest qui aurait fonctionné comme une Bretagne réunifiée avec ses "marches" vendéennes et ligériennes.

Autant la fusion régionale normande pouvait aller de soi (au point de servir d'argument publicitaire pour vendre la réforme territoriale) autant la question  bretonne contribue à geler durablement la perspective pourtant nécessaire d'une nouvelle réforme territoriale régionale dans la France métropolitaine.