BILLET de Florestan:

La Fabiusie rouennaise est arrivée au stade ultime de sa décomposition: alors que Frédéric Sanchez, l'élu socialiste du Petit-Quevilly et actuel président de la métropole de Rouen aspire à redevenir diplomate, en l'occurrence être nommé au consulat général de France de Québec (il peut embarquer depuis un quai de Seine et filer à l'anglaise au ras-de-l'eau sans exiger l'élévation dans les airs du tablier du pont Flaubert car les grands voiliers rouennais en partance pour la Nouvelle-France n'existent plus...), on vient d'apprendre que Laurent Bonnaterre, pure créature du système Fabius, ne souhaite pas prendre la suite comme nous l'annonçait pourtant, depuis des mois, la chronique locale.

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Sur un réseau social bien connu, ledit Bonnaterre s'est épanché et nous a gazouillé ceci:

Laurent Bonnaterre 1

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Laurent Bonnaterre 3

Laurent Bonnaterre 4

Laurent Bonnaterre 5


 Commentaire de Florestan:

Sanchez part outre-atlantique, Robert part en retraite et Bonnaterre ne veut pas y aller. La voie est donc libre pour Jean-Louis Louvel, le fringant patron "roi de la palette", déjà président de Rouen Normandy Invest, déjà adoubé par François Bayrou et qui n'a jamais fait mystère de ses sympathies normandes ni de ses bonnes relations avec Hervé Morin, le président de région devenu, de fait, le premier partenaire financier public de l'avenir de la métropole de Rouen...

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La Fabiusie rouennaise est donc morte: on ne la pleurera pas car la transformation de Rouen en fief partisan quasi clanique, des années durant (que cela soit avec Fabius ou avec Lecanuet autrefois) a fait oublier l'essentiel. La ville de Rouen qui n'avait pas été choisie par l'Etat central jacobino-parisien gaulliste aménageur et planificateur des années 1960 pour être la métropole régionale d''équilibre du Nord-Ouest, n'est toujours pas une vraie métropole régionale... dumoins dans la tête des élus qui prétendent ou qui ont prétendu présider à des destinées rouennaises qui ne peuvent qu'être normandes.

Les élus rouennais sont comme les autres: ils sont localistes!

Rouanno-rouennais. Sauf que Rouen se trouve depuis plus d'un bon millénaire au carrefour d'une géopolitique exigeante sinon difficile qui ne souffre pas que l'on s'y vautre, comme ailleurs, dans le localisme tranquille et confortable:

Rouen, ville encore portuaire et maritime, est assise sur la Seine, le grand fleuve français à équidistance entre Paris, la capitale, la mégalopole-monde et la mer: faire du localisme à moins d'une heure de bagnole de la Capitale c'est déjà être une banlieue. C'est capituler!

Quand un élu rouennais d'importance aura enfin compris cette évidence, Rouen pourra enfin renouer avec son grand passé en se donnant un avenir qui ne peut que se déployer largement sur les deux rives... normandes de la Seine car un localisme rouennais, ras-la-casquette d'un patron de batellerie plutôt tournée vers l'amont plutôt que vers l'aval, a un autre effet redoutable: l'effet corridor séquanien, autrement dit, l'effet "Axe Seine".

Concrètement, l'élu rouenno-rouennais quand il lève enfin le nez et les yeux, c'est pour regarder vers... Paris.

Triste constat que nous espérons provisoire: nous ne demandons qu'à pouvoir changer d'avis dès que possible car il en va de l'avenir même de Rouen et de la Normandie!