Notre démocratie est en crise: on sera au moins tous d'accord sur le constat. Mais il s'agit moins d'une crise de la représentation démocratique qu'une crise, plus fondamentale encore, de son pouvoir car à quoi bon élire démocratiquement des représentants du peuple si ces derniers n'ont plus aucun pouvoir réel?

Le député communiste de la Seine-maritime Jean-Paul LECOQ s'interroge dans les pages de Paris-Normandie. Nous aussi...

https://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/jean-paul-lecoq-depute-pcf-de-seine-maritime--nous-vivons-sur-une-terre-qui-se-degrade-NC15352906?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=43096fef-6129-4448-b69a-a32d2e25a804_3&mediego_campaign=20190719_news_actu&utm_content=20190719&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine-Maritime :

« Nous vivons sur une terre qui se dégrade »

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Élu en 2007, réélu le 21 juin 2017, Jean-Paul Lecoq est le député PCF de la 8e circonscription de Seine-Maritime (Le Havre-Gonfreville-l’Orcher). Membre de la commission des affaires étrangères, il a rendu un rapport sur le traité de non-prolifération du nucléaire militaire qu’il veut voir supprimé.

Quel fait vous a le plus marqué depuis maintenant deux ans que vous êtes à l’Assemblée nationale ?

Jean-Paul Lecoq :
« Le fait que depuis deux ans, le rôle des députés me questionne. A quoi servent les députés dans notre démocratie? Tout sort de l’Élysée et arrive ici pour ratification et non pas dans le cadre d’un débat constructif. La majorité valide sans même oser discuter ou amender les projets de loi du gouvernement. Sous Sarkozy, j’ai vu des députés y compris de la majorité porter des idées, défendre des valeurs... Là, à part chez quelques députés d’opposition, je ne vois pas ça. La majorité est totalement soumise à l’exécutif et les Français s’en sont aperçus. Le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas né de rien. Il y a un vrai manque démocratique. »

Être député d’opposition, ça ne sert pas à grand-chose ?

« Ça n’a jamais servi à grand-chose si ce n’est de donner de la voix. On discute, on tente d’amender, mais le fait majoritaire s’impose toujours. Le problème aujourd’hui, c’est qu’être député de la majorité ne sert à rien et c’est grave. Le climat n’est pas propice à l’expression démocratique, à l’écoute du peuple, à la réponse à ses attentes. Je cherche ma démocratie. »

De quoi êtes-vous le plus fier depuis le début de cette législature ?

« Je suis fier de porter les messages de mon territoire, de porter les problématiques de vie de mes concitoyens, de porter les dossiers du port du Havre, d’alerter sur la situation des urgences à l’hôpital, de défendre la gratuité des transports publics, de militer contre les péages des ponts qui desservent Le Havre, contre le péage de Saint-Romain-de-Colbosc qui pénalise notre territoire. »

« Le port doit verdir »

Quel est le dossier havrais que vous placez en haut de la pile ?

« Le port en est un et il avance. Je surveille la fusion des ports du Havre, Rouen et Paris. Je défends depuis quinze ans le fait que le port se verdisse, c’est-à-dire qu’il soit vertueux sur le plan écologique. On m’a longtemps pris pour un illuminé...

(La suite est à lire sur Paris-Normandie)