Qu'on ne se méprenne pas sur nos intentions...

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Greta Thunberg avec les 2 parrains du Prix Liberté : les vétérans du D-Day Léon Gautier et Charles Norman Shay. (©Arnaud Héroult/Liberté le Bonhomme Libre)

Bien sûr que nous partageons le plaisir sinon la fierté des jeunes lycéens normands qui, avec le concours de deux héros de 1944 vivant encore, ont accueilli la jeune suédoise Greta Thunberg dans le parc de l'abbaye-aux-Dames de Caen siège de la région afin qu'elle reçoive de leurs mains le premier Prix Liberté décerné par la région Normandie.

Bien sûr que nous sommes sensible au clin d'oeil normand sinon scandinave: à Caen et à Rouen nous avons l'habitude de manifester régulièrement nos amitiés historiques et culturelles entre la Normandie et les pays scandinaves. Ce n'est pas donc la première fois que notre abbaye-aux-Dames pavoise au Saint-Olaf azur et or de la Suède...

Bien sûr que nous nous félicitons, en cette occasion, de l'existence active d'un véritable "pouvoir doux" normand permettant la rencontre et la coopération de toutes les bonnes volontés qui agissent pour éradiquer les maux qui inquiètent l'Humanité, à commencer par celui de la Guerre et de la menace d'un boulversement climatique sur fond d'effondrement écologique...

Bien sûr, enfin, qu'il nous paraît très utile sinon urgent de faire monter puissamment dans les consciences de la génération qui vient la question écologique et environnementale puisqu'il reviendra à cette génération, lorsqu'elle sera pleinement aux affaires et aux responsabilités, de prendre, enfin, les vrais grandes premières mesures drastiques pour lutter contre les effets du changement climatique autrement que par des discours officiels lénifiants...

MAIS...

Nous craignons avec l'actuelle puissance médiatique du phénomène Thunberg que l'on ne pave, une fois de plus, un enfer de bonnes intentions: l'écologisme incantatoire volontairement apolitique pour être consensuel risque d'être la dernière ruse de ces nombreuses forces politiques, économiques, industrielles et financières crépusculaires qui aimeraient pouvoir mener le dernier combat d'arrière garde de trop. Pour le dire clairement avec la langue d'une mondialisation  néo-libérale idéologiquement encore dominante dans les élites mais qui ne l'est plus dans les peuples, il y a, avec Greta Thunberg (ou plutôt malgré elle), un risque sérieux de "greenwashing" pour que "tout change afin que rien ne change".

Ce n'est pas encore le cas mais elle sera bien contrainte de le faire quand elle prendra de l'âge, notre petite suédoise préférée évite soigneusement de parler de... politique alors que s'accumulent dans les antichambres de tous les pouvoirs, les rapports scientifiques qui démontrent que l'actuelle dévoration capitalistique néo-libérale de l'écosystème est la première cause du changement climatique.

Ce dimanche 21 juillet 2019 fut donc un dimanche idéal pour la Normandie en terme d'image: il a fait beau et la fête fut populaire avec un très bon accueil des jeunes Normands qui ne manqueront pas de sécher les cours tous les vendredis dès la rentrée prochaine pour protester contre la pollution, l'effondrement de la biodiversité et le changement climatique...

Soyons, en effet, optimiste!

La présence de Gréta Thunberg invitée par Hervé Morin sous les frondaisons des tilleuls du parc d'Ornano va certainement inciter, par exemple, M. Joël Bruneau, le maire de Caen à ne pas tronçonner les 49 tilleuls de la place de la République tout comme le souvenir du passage émouvant de la jeune suédoise ne manquera pas d'accélérer la reconversion de toute la filière laitière normande vers le bio, la renormandisation de nos vaches, la replantation des haies bocagères, la suppression des ensilages au maïs, l'arrêt définitif de toute importation de tourteaux de soja OGM en provenant d'Amérique du Sud, la sortie définitive du glyphosate, la montée en puissance du plan hydrogène régional, l'arrêt du chantier inepte de destruction des barrages du Sud-Manche voulu par l'Etat central afin de créer sur place une unité régionale de fabrication d'hydrogène à destination des trains et bus de la région Normandie, l'obligation d'avoir 100% de bio normand dans nos cantines scolaires parce que le bio normand c'est... biau!

Bref! On espère un effet "Thunberg" sur les politiques publiques et privées dans notre région pour une réelle mis en route de la transition écologique et énergétique normandes: on peut toujours rêver même si on ne connaît pas l'opinion précise de Melle Thunberg sur la question difficile et délicate de l'EPR de Flamanville.

Vous l'avez compris, nous faisons des efforts pour y croire...

Mais quand on apprend que notre jeune scandinave préférée doit aussi se rendre à Paris, le 23 juillet prochain, pour participer à une réunion à l'Assemblée Nationale à l'invitation d'un collectif trans-partisan de 162 députés sensibles à l'urgence climatique alors que la majorité gouvernementale a mis à l'ordre de ce même jour, le vote pour ratification définitive d'un traité de libre-échange avec le Canada (CETA) dont on connaît les sérieuses limites en matière d'écologie et d'environnement, on se dit que c'est bien dommage qu'une jeune fille suédoise plutôt sympathique soit passée, de fait, à la moulinette cynique macroniste du fameux "et en même temps" au risque de perdre son temps et le nôtre...

Conseil du Normand Florestan:

Greta, ne va pas à Paris!


 LES FAITS:

https://actu.fr/normandie/caen_14118/greta-thunberg-recoit-prix-liberte-caen-cest-quelque-chose-tres-beau-generation_26029814.html

Greta Thunberg reçoit le Prix Liberté à Caen : « c’est quelque chose de très beau pour ma génération »

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La jeune Suédoise Greta Thunberg est venue à Caen chercher son Prix Liberté qui récompense son engagement pour le climat.

Dimanche 21 juillet 2019, Greta Thunberg a reçu à Caen la 1re édition du Prix Liberté de la Région Normandie.

Militante pour le climat, la jeune Suédoise a été primée après un vote de 4 000 jeunes du monde entier âgés entre 15 et 25 ans. Greta Thunberg a obtenu 41,67 % des voix. Elle était en compétition avec le blogueur saoudien Raif Badawi et le photojournaliste chinois Lu Guang.

Lire aussi : Premier Prix Liberté en Normandie : la lauréate Greta Thunberg doit venir recevoir son prix à Caen

Sous un soleil de plomb, un millier de personnes avait pris place dans le parc d’Ornano de l’Abbaye aux Dames à Caen, où des animations et concerts étaient organisés.

« Cette terre est un peu la tienne », l’a accueilli Hervé Morin le président de la région Normandie. « C’est en quelque sorte ici que s’est construite l’histoire de la Normandie où Guillaume et Malthilde, descendants de Vikings, ont construit les abbayes aux hommes et aux Dames à Caen. »

Le combat de Greta Thunberg est un combat pour l’humanité et pour la paix. Merci d’avoir fait l’effort de venir jusque chez nous.

Une étincelle décisive espère le CREPAN


Dans un communiqué le CREPAN (Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature) se félicite du prix Liberté remis à Greta Thunberg.

« Nous espérons que son prix constituera une étincelle pour que les décideurs oublient définitivement les projets locaux climaticides tels que le contournement autoroutier de Rouen, l’allongement de la piste de l’aéroport de Carpiquet ou encore la méga plate-forme Logidis sans desserte ferroviaire à Cormelles-le-Royal… Les crédits dégagés en réorientant la politique locale de mobilité doivent permettre de financer la transition écologique… Le plus beau cadeau qu’ils puissent faire à Greta Thunberg est de renoncer aux projets incompatibles avec l’impératif climatique, et mettre en œuvre les propositions alternatives des défenseurs de l’environnement. »

Lire aussi : Sécheresse à répétition en Normandie : les agriculteurs s’inquiètent du dérèglement climatique

« Recevoir ce prix, c’est quelque chose de très beau pour ma génération », explique Greta Thunberg, émue d’être aux côtés de deux vétérans du Débarquement : le Français Léon Gautier et l’Américain Charles Norman Shay.

Avec ce dernier, l’adolescente a marché sur la plage d’Omaha Beach samedi 20 juillet 2019 :

C’est un jour que je n’oublierai pas.

Liberté et urgence climatique étaient au cœur de la cérémonie. Questionnée du parallèle avec Léon Gautier qui s’était engagé adolescent (il avait 17 ans) dans les forces libres, Greta Thunberg a expliqué que : « Léon et Charles se sont battus pour la liberté. Nous, pour les générations futures, nous devons aussi nous battre. Nous le devons à nous-même. »

Devenue une icône mondiale, Greta Thunberg est revenue sur son engagement. C’est sa grève scolaire le vendredi qui l’a rendue célèbre.

J’étais en colère et triste face à tout ce qui se passait. J’ai canalisé cette colère en actes. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Les gens sont plus conscients. La crise climatique, c’est une guerre silencieuse avec des réactions en chaîne irréversible. La crise climatique est la base de la condition humaine aujourd’hui.

Pour autant, l’adolescente comprend que la grève « peut faire peur aux parents ou aux professeurs. Tout le monde ne peut pas le faire, mais il y a plein d’autres façons de le faire.
Sur ses frêles épaules, la notoriété : « est une grosse charge », avoue-t-elle. « C’est parfois difficile, mais je ne peux pas me plaindre, je suis responsable de cette situation. »

Je fais cela pour une bonne cause, du mieux que je puisse faire.

Le Prix Liberté est assorti d’une somme de 25 000 €, que Greta Thunberg a décidé de reverser à quatre organisations engagées en faveur de l’environnement : Care, The Adaptation Fund, 350.org et Greenpeace international.

 

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Greta Thunberg est donc attendue à Paris à l'Assemblée Nationale le même jour où les députés vont devoir ratifier un traité de libre-échange avec le Canada vivement controversé, notamment sur le plan environnemental...

Cherchez l'erreur!

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/ratification-du-ceta-la-republique-en-marche-seule-contre-tous-20190718

Ratification du Ceta: La République en Marche seule contre tous

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LE SCAN POLITIQUE - Repoussé au mardi 23 juillet, le vote à l’Assemblée nationale pour la ratification du Ceta, traité européo-canadien de libre-échange, fait toujours l’objet de critiques.

«Vous êtes seuls!», a lancé le député LFI François Ruffin à la majorité. «Ce n’est pas le Ceta, c’est la cata», a surenchéri le député PCF Pierre Dharréville, traduisant en grande partie l’opinion de l’opposition. Le Ceta, en français accord économique et commercial global (AECG), est un accord de libre-échange conclu entre le Canada et l’Union européenne. Le texte, dont le vote à l’Assemblée nationale a été reporté au mardi 23 juillet, prévoit notamment la suppression des droits de douane sur 98% des produits engagés entre les deux zones, et renforce la coopération en matière réglementaire. Si la majorité LREM a dépeint un «bel accord», l’opposition ne s’est pas gênée pour dénoncer une «aberration démocratique, sociale, économique et un dangereux sujet pour le climat».

Les critiques sont donc allées bon train au sein de l’opposition. Dans les rangs de droite comme de gauche, les détracteurs du Ceta ont pointé du doigt quatre conséquences néfastes qu’impliquerait la ratification de l’accord par la France.

● L’environnement, grand absent du traité de libre-échange

Tout d’abord, l’environnement. Malgré la promesse d’un acte II plus «vert» pour la Macronie, ce sont bel et bien les répercussions écologiques du Ceta qui ont été en premier lieu soulignées par l’opposition. Quand le PCF a vu dans le traité une «menace» pour l’environnement, le parti socialiste et les Insoumis ont dénoncé un texte «incompatible avec les accords de Paris», et ont affirmé qu’il allait «entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre». Déplorant un «veto» climatique «introuvable», la députée socialiste Laurence Dumont a noté que «seules 13 des plus de 2 000 pages de l’accord évoqu[aie]nt les questions environnementales».

● Les risques sanitaires, au cœur de la polémique

Les risques sanitaires que pourrait engendrer le Ceta ont aussi été fortement décriés, en particulier par les élus LR et LFI. Christian Jacob, chef de file Les Républicains a notamment accusé gouvernement et majorité de «mensonges» sur les farines animales, dont l’utilisation «est autorisée dans l’alimentation des bovins au Canada». Et l’Insoumis François Ruffin d’ajouter en commission «Des animaux nourris avec de la farine de sang d’animaux, du sang d’animaux déshydraté, des poils d’animaux hydrolisés…voilà ce que vous allez devoir manger». Reconnaissent ces «dangers», les élus UDI et indépendants devraient majoritairement voter contre ou s’abstenir mardi prochain.

● Un «problème social» pour les éleveurs français de la filière bovine

Ensuite, un risque social a été soulevé d’un bout à l’autre de l’échiquier politique. Tandis que le PCF a craint une menace «pour notre modèle social», le groupe Libertés et Territoire a considéré le Ceta comme «l’accord de trop pour la filière bovine». De son coté, Christian Jacob a évoqué un risque de «déstabilisation de la filière» bovine qui menaçait les agriculteurs, et a affirmé que les Républicains «ne voteron[t] pas [l’accord] parce qu’[ils] souhait[ent] que le secteur de la viande bovine [en] soit écarté».

● Le défi démocratique d’un «accord taillé sur mesure pour les multinationales»

Enfin, le Ceta représente un «défi pour la démocratie», selon le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, qui a ainsi justifié le refus de son groupe de ratifier l’accord. «C’est un défi pour la démocratie parce qu’on a demain des industriels qui peuvent faire reculer les gouvernements, faire reculer les pays souverains, tout simplement parce qu’ils considèrent que c’est une entrave au commerce», s’est-il inquiété. Quant à la députée PS Laure Dumont, elle a dénoncé un texte par lequel «c’est ‘make our planet great again’ pour les multinationales et les gros investisseurs financiers».

Tant bien que mal, le gouvernement s’est défendu et a tenté de rassurer

Malgré la «forme d’unanimité contre lui» (Clémentine Autin, LFI), le gouvernement a défendu un «accord important» et «qui permet à nos filières d’exporter plus, d’exporter mieux». Entré provisoirement en vigueur depuis deux ans, la majorité a vanté un «bilan très positif» de l’application du Ceta, avec notamment une progression des exportations vers le Canada de 6,6% entre 2017 et 2018. Fervent défenseur de l’accord, le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne a affirmé que le traité «organis[ait] et garanti[ssait] entre l’Europe et le Canada, des échanges commerciaux fondés sur des règles, respectueux des valeurs» et participait à la «mise en place d’un filet de sécurité» pour garantir «des débouchés commerciaux à notre économie». Pour la macronie, le Ceta est donc un accord «gagnant pour la France», et symbole d’un «libre-échange régulé».

Pourtant, le bloc qu’a opposé la majorité LREM-MoDem à ses détracteurs est loin d’être aussi uni qu’il n’y laisse paraître, et certains députés de la majorité se sont déjà ouvertement positionnés contre le Ceta, à l’instar de Richard Damos (MoDem).

Finalement, le sort du très polémique Ceta -qui a déjà survécu à une motion de rejet des socialistes ainsi qu’à un «ajournement» des républicains- ne sera tranché que mardi 23 juillet.


 Commentaire de Florestan:

Y aura-t-il, ce jour-là, dans les murs de l'Assemblée Nationale un effet... Thunberg?